TROISIÈME CORPS
Commandant en chef : Son Excellence M. le maréchal Gerra CanroBERT. Chef d'état-major : M. le colonel de Senneville. Intendant : M. Mallarmé.
Commandant l'artillerie : M. le général de brigade Courtois Roussel d'Urbal. |
Commandant Le génie : M. le général de brigade Chambard.
Médecin en chef : M. Salleron.
Ce troisième corps avait trois divisions d'infanterie et une division de cavalerie. |
PREMIÈRE DIVISION
M. le général de division Renault.
1" brigade : M. le général Janin. | Cette brigade comprenait le 8° bataillon de chasseurs, les 25° et 4° de ligne. | + 2° brigade : M. le général Picard.
* Cette brigade comprenait les 56° et 90° de ligne.
DEUXIÈME DIVISION
M. le général de division Trochu.
1" brigade : M. le général Bataille.
Cette brigade comprenait le 19° bataillon de chasseurs à pied et les 45° et 44° de ligne:
2° brigade : M. le général Collincau.
Cette brigade comprenait les 64° et 88° de ligne.
= ru —— Co tés RE LE amtt SE LT = Den hr RE A es D 7 A ed le#" + ddr SE Lies EE M4 mt Te — æ— = ur = = = = = :
EEE = —— nel nr tenRe .
TROISIÈME DIVISION
M. le général de division Bourbakr.
1° brigade : M. le général Vergé.
Cette brigade comprenait le 18° bataillon de chasseurs et les 11° et 14° de ligne. |
2° brigade : M. le général Ducrot.
Cette brigade comprenait les 46° et 59° de ligne.
DIVISION DE CAVALERIE
M. le général de division comte Parlouneaux.
1° brigade : M. le général de Clérambault.
Cette brigade comprenait les 1° et 4° lanciers. 2° brigade : M. le général Dalmas. |
Cette brigade comprenait les 9 et 8° hussards.
Compatriote de Joachim Murat, le commandant du 3° corps, François- Certain Canrobert, est né en 1809, dans le département du Lot. Doué d'une de ces organisations heureuses qui perçoivent vite et bien, il sembla, dès sa jeunesse, prédestiné à une rapide et éclatante fortune. Ses études, dirigées en vue de l’état militaire, furent brillantes et solides. Il fut admis à l’école de Saint-Cyr, et, après y avoir passé les deux années rigoureusement exigées par le règlement, il en sortit, vers la fin de 1828, pour entrer comme sous-lieutenant au 47° de ligne. IL avait alors dixneuf ans. |
Quatre ans plus tard, le sous-heutenant Canrobert s'embarque avec son régiment pour cette terre africaine qui était le théâtre de luttes incessantes et mystérieuses, provoquées ct conduites par l'émir Abd-el-Kader, alors au faîte de sa puissance. Il avait déjà monté d'un échelon : il était lieutenant. L'expédition de Mascara lui donna une nouvelle occasion de se distinguer. Il prit d’ailleurs part à presque toutes les affaires qui eurent lieu de 18355 à 1837 dans la province d'Oran. Le 28 avril de cette même année 1837, de lieutenant il était devenu capitame. Il eut l'honneur de suivre, en cette qualité, le maréchal Damrémont au siège de Constantine où il fit des prodiges de valeur, en montant l’un des premiers à l assaut de cette redoutable forteresse.
Les actes d’intrépidité dont le capitaine Canrobert avait fait preuve à la tête de sa compagnie, où il avait reçu une blessure dont la gravité nécessitait son retour en France, lui valurent la mise à l'ordre du jour et la croix de chevalier de l’ordre de la Légion d'honneur.
L'ITALIE CONFÉDÉRÉE | 141 Le jeune capitame n'avait pas seulement fait preuve en Afrique d’un
courage solide et brillant à la fois ; il avait encore et surtout appelé sur lui l'attention de ses chefs par sa science militaire, sa profonde connais-
sance de la tactique et son esprit organisateur. Aussi ce fut lui qu’on
choisit pour former en bataillon les bandes de Cabrera réfugiées sur le territoire français, et qui de ses mains passèrent en Afrique. Au camp de Saint-Omer, en 1840, ïl fut chargé d’une partie de la rédaction d'un manuel à l'usage des officiers de troupes légères.
Cependant les travaux d'étude, quelle que soit d’ailleurs leur utilité, convenaient assez peu à la nature active et bouillante du jeune capitaine ; aussi son désir le plus ardent était-il de retourner en Algérie, où l'horizon lui paraissait plus vaste. Ce vœu ne tarda pas à s'accomplir. Il s'embarqua en 1841 avec le G°,bataillon des chasseurs à pied et se retrouva sur le sol africain. Son nom reparut dans les ordres du jour, et la récompense de sa belle conduite vint le surprendre au milieu des camps. Il fut promu au grade de commandant au 15° de ligne.
Durant une période de deux années, ce fut chaque jour de nouveaux combats à engager ou à soutenir. A la suite de l'expédition de l'Ouarensenis, le commandant Canrobert fut nommé officier de la Légion d'honneur.- En 1845, après de nombreux faits d'armes qui l'avaient signalé à l'attention du ministre de la guerre, on le retrouve lieutenantcolonel.
Nommé commandant supérieur à Tenez, le lieutenant-colonel Canrobert réduit les Kabyles et reçoit sa nomination de colonel aux zouaves. L'année 1849, disent ses biographes, fut une belle page pour le colonel Canr'obert. Le choléra décimait là garnison d’Aumale. Le siége de Zaatcha qui se prépare l'appelle au combat ; 1l part avec ses zouaves, que l'épidémie dévorait, et pendant les épreuves d'une longue et pénible marche, il les encourage, il les soutient ; il rend aux malades l'énergie qui les abandonne et communique à tous cé courage si difficile contre un fléau qui
. frappe et que l’on ne voit pas. Dans cette marche, avec sa petite colonne
affaiblie, épuisée, il se trouva tout à coup en face de nombreux assaillants qui lui barraient le passage et enveloppaient la ville de Bousada, dont la garnison était bloquée. Le colonel Canrobert marcha résolüment à eux, malgré l'inégalité des forces, et leur eria :
« Livrez-moi passage ! car je porte avec moi un ennemi qui vous exterminera tous : la peste !.….. »
Les Arabes, épouvantés par ces paroles, et apercevant en effet de tous côtés, dans la petite colonne, les traces visibles du mal épidémique, s'écartèrent avec effroi et laissèrent le passage libre.
Ce siége de Zaatcha est un des plus mémorables qui aient eu lieu en Afrique. C’est là que le colonel Canrobert mérita le ‘cordon de commandeur de la Légion d'honneur.
En 1850, le colonel Canrobert devient, coup sur coup, génér al de brigade et aide de camp du Président de la République. En 1855, 1l est fait général de division sur le champ de bataille de l’Alma; il se signale sous les ordres du maréchal qui commandait en chef l'expédition de Crimée et qui allait mourir sur son lit de victoire. Le général de division Canrobert le remplace dans son commandement en chef, commandement dont il se démit plus tard pour laisser à de plus heureux la gloire d'entrer dans Sébastopol. Cependant il fut élevé, en 1856, à la dignité de maréchal de France. Il est également sénateur et grand-croix de l'ordre de la Légion
d'honneur.