‹ Campagne de Piemont et de Lombardie en 1859Chapitre 39 sur 134 · HYMNE A NAPOLÉON III, EMPEREUR DES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

HYMNE A NAPOLÉON III, EMPEREUR DES FRANÇAIS

«Souverain du plus grand des peuples, guerrier valeureux envoyé par «Dieu, âme sublime et noble, cœur généreux et pieux, à grand homme, « Ô monarque puissant, te voilà enfin parmi nous! Grâce à toi, renais- « sent les destins de la France et de l'Italie !

« Grâce à toi ! le droit des peuples à l'indépendance est déjà reconnu, et « les traités injustes qui divisèrent les hommes en oppresseurs et en op- « primés seront déchirés pour nous. Grâce à toi, le soleil de la liberté se « lévera sur l'Italie !

« Ici, où commença à briller le génie qui donna ses lois au monde et «dont le nom fait la gloire et l’orgueil de notre siècle, dans ces murs « d'où l'aigle prit son vol radieux, la France et l'Italie viennent $’unir « dans une même pensée. |

«Fières de leur ancienne gloire, elles s’allient pour le triomphe d’une idée sublime et grande; elles s'arment et jurent d'accomplir ton œuvre, « qui donnera bientôt au monde une paix durable.

€ A cet embrassement, les hommes courageux frémissent d'impatience, «les faibles espèrent, les morts tressaillent dans leurs tombeaux ; à cet « embrassement, les jeunes filles affligées se réjouissent, les mères sen- «€ tent battre leurs cœurs, et l'étranger effrayé s'enfuit. |

« Tremblez, oui, tremblez! le défenseur des peuples vient à notre se- «cours; il a juré de rendre l’Ausonie à ses enfants. Fils du Latium, « entonnez un chant guerrier qui, pareil au bruit du tonnerre, fasse con- « naître au monde l'heure de votre délivrance. »

Le dimanche 15 mai, à midi, l'Empereur, accompagné de Leurs Excellences les maréchaux Vaillant et Canrobert et des officiers de sa maison, s’est rendu à pied à la cathédrale, placée sous l’invocation de saint Pierre. La garde nationale formait la haïe sur son passage. Sa Majesté a été reçue

à la porte de l'église avec le cérémonial d'usage; la messe a été célébrée, au milieu du recueillement de tous les assistants, par M. l'abbé Laine, chapelain de l'Empereur.

Après comme avant la messe, la population, accourue sur le passage

de Sa Majesté, a manifesté, par de nouvelles acclamations les sentiments dont elle était animée. |

Je n’airien changé à ce récit, qui est le récit officiel, le récit exact de

cette triomphale arrivée de l'Empereur en Italie.

L'Empereur allait être désormais tout entier, corps et âme, aux préliminaires de la campagne et aux soins de la guerre. Déjà, le jour même de son débarquement à Gênes, le 12 mai, il avait adressé à l’armée d'Italie l’ordre du jour suivant :

« Soldats!

« Je viens me mettre à votre tête pour vous conduire au combat. Nous allons seconder la lutte d’un peuple revendiquant son indépendance et le soustraire à l'oppression étrangère. C'est une cause sainte qu a les sympathies du monde civilisé. >

« Je n’ai pas besoin de stimuler votre ardeur : chaque étape vous rappellera une victoire. Dans la voie Sacrée de l'ancienne Rome, les inscriptions se pressaient sur le marbre, pour rappeler au peuple ses hauts faits; de même aujourd'hui en passant par Mondovi, Marengo, Lodi, Castiglione, Arcole, Rivoli, vous marcherez dans une autre voie Sacrée au milieu de ces glorieux souvenirs.

« Conservez cette discipline sévère qui est l'honneur de l’armée. Ici, ne l'oubliez pas, il nv à d’ennemis que ceux qui se battent contre vous. Dans la bataille, demeurez compacts et n'abandonnez pas vos rangs pour courir en avant. Défiez-vous d’un trop grand élan, c'est la seule chose que je redoute. |

« Les nouvelles armes de précision ne sont dangereuses que de loin. Elles n’empêcheront pas la baïonnette d’être, comme autrefois, l'arme terrible de l'infanterie française.

« Soldats ! faisons tous notre devoir, et mettons en Dieu notre confiance. La patrie attend beaucoup de vous. Déjà d'un bout de la France à l'autre retentissent ces paroles d'un heureux augure : « La nouvelle armée « d'Italie sera digne de sa sœur aînée. »

« NAPOLÉON

C'est le 14 mai que l'Empereur avait établi son quartier général à

Alexandrie. Le temps était extrêmement pluvieux. Cependant, le 48 mai, chacun était à son poste. Les généraux avaient achevé de prendre les positions qui leur avaient été assignées: toutes les troupes étaient rendues sur le lieu de leur destination. On avait réparé les routes, les voies ferrées et les ponts que les Autrichiens avaient essayé de rendre impraticables ; on était prêt.

A ce moment-là, Alexandrie avait une physionomie bruyante et active qui ne lui était pas habituelle. Les rues étaient sillonnées de généraux, d'officiers et de soldats. Ce n’était plus une ville ; c'était un camp. Troupes françaises et troupes piémontaises s’en étaient emparées. Il y en avait partout, dans les forts, sur les remparts, dans les bastions, au dedans et au dehors des fortifications.

L'Empereur habitait le palais royal, immense et sombre édifice, moitié de briques et moitié de pierres. Au-dessus de la grande porte, un balcon

de

déroule sa balustrade de fer. Br.

Ce palaïs occupe l’un des côtés d’une vaste plaine carrée entourée de . deux rangées d'arbres. Sur une partie de la place s'élève le théâtre. Tout autour, sous les arbres, on avait improvisé des cafés où les officiers des dèux armées alliées venaient fraterniser dans d’intimes causeries, pendant que la musique de quelques régiments jouaient des fanfares sous le balcon du palais. Dès que l'Empereur paraissait sur le balcon, c'était une puissante acclamation s’élevant de toutes les parties de la place.

Cette scène se répétait chaque soir. Le jour, l'Empereur sortait d'Alexandrie pour aller étudier les positions des armées alliées et les positions de l’armée ennemie. Le 17 mai, il était allé rendre au roi Victor-Emmanuel If, à Occimiano, les deux visites qu'il avait reçues de Sa Majesté Sarde, l'une à Gênes, l’autre à Alexandrie. C’est à Occimiano que se trouvait alors le quartier général de l’armée sarde, à laquelle, le jour même de la visite que l'Empereur était venu lui faire, le roi de Piémont avait adressé l'ordre du jour suivant :

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