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« Soldats!
€ Aujourd’hui un nouvel et éclatant fait d'armes a été signalé par une nouvelle victoire. L'ennemi nous a vigoureusément attaqués dans la position de Palestro; portant de puissantes forces contre notre droite, 11 voulait empêcher la jonction de nos soldats avec ceux du maréchal Canrobert. Le moment était suprême. Notre force était numériquement bien
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inférieure à celle de l'adversaire. Mais iFavait en face de lui les braves troupes de la quatrième division, sous les ordres du général Cialdini, et l'incomparable 5° régiment de zouaves (l'imparegyiabile 5° reggimento del zuavi) qui, combattant en ce jour avec l'armée sarde, a puissamment contribué à la victoire.
« La lutte a été meurtrière; mais à la fin les troupes alliées ont repoussé l'ennemi après lui avoir fait subir des pertes très-sérieuses, parmi lesquelles figurent un général et plusieurs officiers. Les prisonniers autrichiens s'élèvent à mille environ ; huit canons ont élé pris à la baïonnette, cinq par les zouaves, trois par les nôtres. Pendant que se livrait le combat de Palestro, le général Fanti, avec un égal succès, repoussait, à la tête des troupes de sa division, une attaque des” Autrichiens contre Confianza. Sa Majesté l'Empereur, en visitant le champ de bataille, a exprimé ses félicitations les mieux senties, et ila apprécié l'immense avantage de cette journée. Soldats! persévérez dans votre conduite sublime, et je vous assure que le ciel couronnera votre œuvre, si courageusement commencée.
« Vicror-EMMANUEL. »
. Cette proclamation constate un dernier fait d'armes à la gloire de l’armée piémonlaise, c'est celui de Confianza, que le général Fanti avait occupé à son tour après avoir occupé Casalino, et où on voit qu'il avait su se maintenir contre des forces supérieures. La quadruple occupation de Palestro, de Vinzaglio, de Casalino et de Confianza par les troupes piémontaises préparait les positions que l’armée alliée devait prendre dans la direction de Turbigo et de Magenta. 11 ne lui restait plus, pour qu'elle pût marcher en avant sans difliculté, qu'à “occuper Novare.
L'Empereur, qui avait établi, comme on sait, son quartier général à Verceil le 31 mai, avait entendu, pendant qu'il assistait au défilé des troupes françaises sur le pont de la Sesia, le canon tonner dans la direction de Palestro, et il avait bientôt appris que les Piémontais y soûtenaient avec succès le choc d'une attaque de colonnes autrichiennes. Plus tard, 1l se rendit sur le champ de bataille de Palestro, où il félicita le 3° de zouaves de sa belle conduite dans cette journée. Au moment où il arrivait sur le lieu du combat, on relevait les blessés que l’on transportait sur des voitures dans les ambulances. En voyant Napoléon Ill, ils se levèrent, s’entr'aidant pour se Lenir debout, ct, au milieu des plus cruelles souf-
frances, ils crièrent : Vive l'Empereur ! vive le roi! vive la France ! Profondément ému de ces témoignages d'affection, l'Empereur s'approcha d'eux et leur serra la man.
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Le lendemain, 1° juin, l'Empereur traversa de nouveau le champ de bataille de Palestro, se rendant à Novare où il transporta son quartier - général et où il fut accueilli avec les mêmes transports d'enthousiasme, avec les mêmes signes d’allégresse qui avaient salué son arrivée à Verceil, par une population heureuse de pouvoir témoigner à son libérateur toute la sincérité et toute la vivacité de sa reconnaissance. L'entrée de l'Empereur dans Novare avait suivi immédiatement l'occupation de cette ville par le quatrième corps qui avait reçu la mission de s’en emparer.
Cette mission put être accomplie avec autant de facilité que de promptitude. Le maréchal Niel, encore simple général, qui commandait ce quatrième corps, marcha sur Novare pour en débusquer l'ennemi qui s’y était retranché. Mais les Autrichiens n'attendaient pas les Français. Il s’avança dans la matinée du 1° juin à la tête d'une partie de son corps d'armée et rencontra deux ou trois cents hommes pour lui disputer le passage de la Gogna, petite rivière qui coule à un quart de heue de Novare. |
Le 15° bataillon de chasseurs fut lancé contre l'ennemi, qui prit la fuite immédiatement, laissant en notre pouvoir deux pièces d'artillerie. Pas un coup de fusil ne fut tiré de part ni d'autre. A la porte Milano, les Autrichiens avaient placé deux canons qui saluèrent l'arrivée de nos troupes par une décharge de mitraille. Ces deux canons furent pris à la baïonnette. Au Campo-Sanlo, on s'empara encore de deux autres canons, on fit deux cents prisonniers, et les troupes françaises entrèrent, tambour battant, dans Novare, comme dans une ville ouverte, aux acclamations des habitants qui criaient Vive l'Empereur ! vive la France ! vive l'Italie ! Il ne restait plus un seul Autrichien dans la ville. Tous les soldats ennemis sortaient par une porte au moment où les Français entraient par l'autre. La prise de Novare ne nous a coûté que deux hommes tués et quelques blessés. |
Il était cinq heures quand l'Empereur arriva aux portes de Novare, où il trouva la municipalité qui le reçut en grande pompe. Cette même municipalité avait fait afficher dans la journée la proclamation suivante :
« Braves soldats de l’armée française d'Halie!
« Nobles compagnons de l'armée sarde et italienne, défenseurs du bon droit et de la civilisation, valcureux représentants de la sainte solidarité des peuples, soyez mille fois les bienvenus dans notre ville ! Notre attente a été bien longue et pénible, notre cœur était bien abattu par l'isolement de la ville au milieu de l’État, bien aigri par l'outrecuidance d'un
ennemi qui, promettant d'un langage hypocrite le respect de toute chose, ne respectait rien. Mais la présence des soldats de la grande nation francaise, qui viennent partager en frères avec l'italie et pour l'Halie les dansers de la guerre nationale, ct celle de leur chef, le grand Empereur, notre généreux alhé, nous font oublier toute douleur et tout regret. Nous
voilà à présent comme de pauvres exilés qui reviennent à leur patrie,
qui revoient leurs frères et leurs amis longtemps désirés ! Le souvenir de ce beau jour ne s’effacera jamais de nos cœurs. Nous en parlerons à nos enfants, nous leur apprendrons, non pas la reconnaissance, le mot ne suffit pas, mais la fraternité qui va attacher l'Italie à Ja France pour les siècles !
« Soldats de la France! par le fort appui que vous prélez aux armes du roi, en peu de jours, en peu d'heures peut-être, nous pourrons dire : Plus de Tessin ! plus de frontière gardée par des sbires autrichiens, séparant l’une de l’autre les populations de la même patrie! Et votre glorieux Empereur pourra dire avec raison : «ILn°y à plus d'Alpes! » Ce mot ne sera plus comme jadis le mot de la conquête, mais celui de la puissance bienfaitrice qui rallie les gouvernements et les nalions en défendant l'épée à la main leurs droits légitimes au nom de la justice et de l'humanité |
« Vive l'Empereur ! vive l'armée française! vive la France ! vive le roi! vive l'armée sarde! vive l'Italie! »
Novare élait la dernière étape sur la route qui devait conduire l'armée alliée au cœur même de la Lombardie. Cette étape, elle ne devait que Ra traverser au pas de charge, volant à de nouveaux combats et à de nouveaux triomphes. L'Empereur n'y avait-transporté son quartier général que pour quelques jours, déjà prêt à le porter plus avant au delà du Tessin. Mais avant de poursuivre sa marche triomphale, il signa, au quarlier général de Novare, les déerets de promotions et de nominations que la victoire de Palestro devait lui dicter. Voici ces décrets :
Par décret signé le # juin 1859 au quartier général impérial de Novare, l'Empereur a nommé ou promu dans l’ordre impérial de 1 Légion d'honneur les militaires dont les noms suivent, qui se sont distingués dans les combats livrés à Palestro et sous Novare le 31 mai :
Au grade d'officier :
INFANTERIE
5? de zouaves. Simon (Jean-Fleury), capitaine; chevalier du 40 mai 1852 50 ans de service, 8 campagnes, 2 blessures.
3 de zouaves. De Briche (François-Albert), chef de bataillon; chevalier
du 12 juin 1856 : 22 ans de service, 8 campagnes.
CAVALERIE
9e de chasseurs à cheval. Coste (Louis), chef d'escadron; chevalier du
93 avril 1855 : 26 ans de service, À campagne.
Au grade de chevalier :
INFANTERIE
5° de zouaves. Henry (Auguste), sous-lieutenant, porte-drapeau : 12 ans
de service, 12 campagnes, 1 blessure.
Dautun (Thomas), lieutenant; 21 ans de service, 2 campagnes, 1 blessure.
Jarrié (Henri), lieutenant; 49 ans de service, 8 campa-
gnes, À blessure. |
Martenot (Louis-Albert), capitaine ; 17 ans de service, 8 campagnes. |
Marie (Théophile-Joseph), capitaine; 13 ans de service, 10 campagnes. |
Gouté (François-Hippolyte-Prosper ), lieutenant; 9 ans de service, 7 campagnes, 1 blessure.
Pernot (Jules-Louis), sous-lieutenant; 5 ans de service, % campagnes, 5 blessures. |
Couturier (Georges-Gustave), sous-lieutenant; 5 ans de service, 5 campagnes, 1 blessure.
Lafon (Pierre), sergent; 13 ans de service, 12 campagnes, 1 blessure. | “
Roques (Jean), sergent; 25 ans de service, 19 campagnes.
Lavigne (Jean-Marie) sergent-major; 10 ans de service, .8 campagnes, 2 blessures.
Chevaillot (Louis-Nicolas-Isidore), sergent; 19 ans de service, 17 campagnes, 2 blessures. | Dussercle (Antoine-Victor), caporal; 4 ans de service, 4 campagnes, 1 blessure.
Sudre (Augustin-Frédéric), sergent: 19 ans de service, 15 campagnes. |
Maury (Pierre-Louis-Nicolas), caporal; 17 ans de service,
41 campagnes, 1 blessure.
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5° de zouaves, Sylvestre (Jules), zouave; 11 ans de service, 8 campa-
gnes, À blessure.
Brochard (Pierre-Félix), sergent; 14 ans de service, 7 campagnes, À blessure.
Marcellin (Aimé), sergent; 15 ans de service, 6 campa-
gnes. | SR
Picault (Henri-Blaise), sergent ; 10 ans de service, 9 campagnes, À blessure. pets
Glatigay (Camille-Philibert), médecin aïde-major de deuxième classe; 7 ans de sérvice, 6 campagnes.
Bonhomme (Marcellin), sergent-fourrier; 3 campagnes, 1 blessure. | |
‘Amério (Charles), tambour ; 16 ans de service, 16 campa-
gnes, 2 blessures.
Moris (Léonce-Daniel), zouave; 2 ans de service, 2 campagnes, À blessure.
Charpentier (Victor -Théodore-Arsène), sergent ; 15 ans
de service, 14 campagnes, 1 blessure.
Papaille (Pierre-Joseph), zouave; 10 ans de service, 10 campagnes, 1 blessure.
Félix (Louis), zouave; 6 ans de service, 6 campagnes, 1 blessure.
Panisset (Marie-Émile), zouave; 2 ans de service, 2 cam-
pagnes, 1 blessure.
Hervé (Joseph-Marie), zouave ; 10 ans de service, 8 campagnes, 1 blessure. |
Liéven (Henri-Auguste), zouave; 10 ans de service, 6 campagnes, À blessure.
Fache (Charles), caporal; 7 ans de service, 6 campagnes, 1 blessure. | |
Becker (Louis), zouave ; 2 ans de service, 2 campagnes, 1 blessure. |
Bourrust (Bertrand-Augustin), zouave; 3 ans de service, 3 campagnes, 1 blessure.
Schoumaker (Jean-Claude-Jules), zouave; 2 ans de service, 2 campagnes, 1 blessure.
Vésier (Pierre-Guillaume), zouave; 8 ans de service, 4 campagnes, 1 blessure. |
Carrion (Charles-Ferdinand), zouave; 3 ans de service, 5 campagnes, 5 blessures.
9° de zouaves. Guilmois (François-Pierre), zouave; 9 ans de service,
7 campagnes, 1 blessure.
Combes (Pierre), zouave; 3 ans de service, 5 campagnes, { blessure. SAPASE | |
Rabouille (Firmin), zouave; 2 ans de service, 2 campaones, À blessure.
Brous (Antoine-Bertrand), zouave; 3 ans de service,
3 campagnes, À blessure.
Delacote (Joseph), zouave ; 11 ans de service, 5 campagnes, À blessure. |
Saliou (Hervé), zouave; 5 ans de service, # campagnes. Coup de feu qui a traversé les deux jambes. Amputé.
CAVALERIE
2° régiment de chasseurs. Des Moutis (Charles), sous-lieutenant ; 10 ans
de service, 2 campagnes.
Par décret signé le 4 juin 41859, au quartier général impérial de Novare, l'Empereur a conféré la médaille militaire aux militaires dont les noms suivent, qui se sont distingués dans les combats livrés à Palestro et sous Novare le 31 mai :
INFANTERIE
9% de ligne. Martin (Louis), grenadier. Blessé.
de
ZoUuaves.
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Billy (Louis), fusilier. Blessé.
Dumont (Jean-Claude), grenadier. Blessé.
Rudloff (Jacques), caporal. Blessé.
Rougë (Joseph), zouave. Blessé.
Legoff (Jean-Pierre-Louis), zouave. Blessé.
Houlmann (Antoine), sergent. 3 blessures.
Roulot (Jean-Auguste), sergent.
Guinet (Pierre-Victor), tambour. 3 blessures. Lascombe (Célestin), zouave. Blessé.
Schaf (Jean-Georges), zouave. 3 blessures.
Lallement (Charles), caporal. 3 blessures.
Renaud (Pierre), sergent-major. Blessé.
Maugendre (Pierre-Édouard), sergent.
Deldicq (Arthur-Gérard-Henri), sergent. Blessé. Even (Jean-Marie-Charles), zouave. Blessé.
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3° de zouaves. Glémarec (Victor-Henri), sergent. Blessé.
Chante (Antoine), zouave. Blessé.
Feuillard (Édouard-Octave-Louis), zouave. Blessé. Métra (Jean-Baptiste-Albin), sergent-major.
Lafosse (François-Victor), zouave. Blessé.
Vautrey (Jean-François), caporal. Blessé.
Dejou-(Jean), sergent. | | Mahaut (Louis-Jean-Auguste), caporal. 3 bless. Tissous (Joseph), sergent.
Séverin (Alphonse), zouave. 2 blessures.
Hugny (Jean-Baptiste), caporal. Blessé.
Pleignier (Franç.-Émile), sergent-major. Blessé. Andréazza (Jean-Antoime), zouave. 2 blessures. Moulin (Louis), zouave. Blessé.
Terrasse (Auguste), zouave. Blessé.
Brochon (Jean), zouave. 2 blessures.
Perron (Joachim), sapeur.
Strub (Auguste), zouave, blessé.
Chaix (Louis), dit Barthole, zouave. 2 blessures. Guillet (Michel), zouave. | ï Constant (Jacques-Lodi), sergent. 2 blessures. Debar (Louis), zouave. Blessé.
Conte (Jean-Baptiste), zouave. 2 blessures.
Faverot (Nicolas-Isidore), caporal. Blessé.
Mainardi (François), zouave. Blessé.
Martinet (Antoine-Victor), sergent. Blessé.
Gaeymaey (Fidel-Amand), zouave. Blessé.
Gandon (Jean), zouave. Blessé.
Vercasson (Jean-Jacques), zouave. Blessé.
Gayraud (Alexis-Antoine), caporal. Blessé.
Chateaureynaud (Antoine), zouave.
Pouilly (François-Toussaint), caporal.
Berruyer (Joseph), zouave. Blessé.
Gaudens (Guillaume), sergent.
Monnet (André-Ant.-Ern.), sergent. 3 blessures. Bergonne (Étienne), sergent. Blessé.
Teyssandier (Antoine), sergent. Blessé.
François (Joseph), claron. Blessé.
Aublin (J.-B.-Louis-Aimé), sergent. Blessé.
Gentils (Émile), dit Florentin, zouave. Blessé.
L'ITALIE CONFÉDERÉE 269 9° de zouaves. Delmas (Adolphe), zouave. | — Delaune (Émile), zouàve. Contusionné. | | , — Moreau (Gustave), zouave. 5 blessures.
— Touchaux (Georges), zouave. Blessé.
— Cordier (Florimond-Adolphe), zouave. Blessé. — Gouttenoire (Théodore), zouave. Blessé.
Blaison (Lambert), zouave. Blessé.
Let Fabre (Étienne-Marie), zouave. Blessé.
— Garot (Jean-François), zouave.
— Brunet (Jacques-Charles), zouave. Blessé. | — © Bourgeon (Philibert), sergent-major. Dre — Gamot (Alexandre-loseph), caporal. Blessé.
— Lecorgne (Constant), sergent. Blessé. Almoric (François-Célestin), sergent.
— Chevalier (Jacques-Léopold), zouave.
CA VALERIE.
2° de chasseurs. Droulin (Stanislas), maréchal des logis. Blessé. — Kah (Alexandre-Jules), musicien. Blessé.
— Debeaussard (Idefonse), chasseur.
— Paret (Pierre-Joseph), chasseur. Blessé.
Par décret signé le 4 juin 1859, au quartier général impérial de Novare, l'Empereur a conféré la médaille militaire aux militaires dont les noms suivent, qui prendront rang à dater du 30 mai 1859 :
INFANTERIE
84 de ligne. Langlade (Hippolyte-Constant), sergent-major. | — Deschamps (Jean-Achille), sergent.
— Calvet (Antoine), voltigeur.
17° bataillon de chasseurs à pied. Bronne (Dominique), chasseur’.