‹ Campagne de Piemont et de Lombardie en 1859Chapitre 88 sur 134 · BATAILLE DE SOLFERINO · texte numérisé non relu

BATAILLE DE SOLFERINO

J'arrive à la journée décisive, à la dernière bataille, à la grande victoire de Solferino, qui a fermé les opérations militaires actives de la glorieuse et mémorable campagne de 4859, affranchi la Lombardie, préparé la délivrance de l'Italie; et commencé un long avenir d'indépendance et de prospérité pour la patrie de Dante, de l’Arioste et du Tasse.

La bataille de Solferino n’a pas été le résultat d’une rencontre inopinéc de l'armée alliée et de l’armée autrichienne ; elle a bien été inattendue pour l’armée alliée, mais, du côté de l’armée autrichienne, elle a été préméditée.

L'armée alliée cherchait, à la vérité, l'armée autrichienne pour la combattre et la vaincre : mais l’armée autrichienne avait paru mettre tous ses soins à éviter l’armée alliée, dissimulant ainsi son projet arrêté à l'avance de venir lui présenter le combat à l'improviste, sur le terrain qu'elle avait choisi, et en effectuant un retour offensif qui la ramenait dans les positions qu’elle paraissait avoir définitivement abandonnées.

Ainsi, on vient de voir, dans les chapitres précédents, qu'après la bataille de Magenta et le combat de Marignan l'ennemi avait précipité sa retraite sur le Mincio, en abandonnant l’une après l'autre les lignes de l’Adda, de l'Oglio et de la Chiese. On devait croire qu'il allait concentrer toute sa résistance derrière le Mincio, et il importait que l’armée alliée occupât le plus tôt possible les points principaux des hauteurs qui S'étendent de Lonato jusqu’à Volta, et qui forment, au sud du lac de Garde, une agglomération de mamelons escarpés. Les derniers rapports reçus par l'Empereur indiquaient, en effet, que l'ennemi avait abandonné ces hauteurs et s'était retiré derrière le fleuve. C’ést dans la nuit du 19 au 20 juin qu'il avait évacué la rive droite du Mincio.

A cette même date du 20 juin, les troupes alliées sortaient de Brescia, se dirigeant du côté de Montechiari, où l'on avait cru d’abord que les Autrichiens se retrancheraient, décidés à opposer à la marche des Franco- Sardes, dans cette position formidable, une vigoureuse résistance.

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En effet, c'est dans l'immense plaine qui est en avant de Montechiari que chaque année les Autrichiens étaient dans l'habitude de faire leurs grandes manœuvres militaires, s'y livrant aux exercices de la petite guerre. Donc Montechiarti leur offrait tous les avantages d’un terrain qu'ils avaient depuis longtemps étudié, en même temps que toutes les ressources d'une situation magnifique.

Quoi qu'il en soit, le 21, l'Empereur et le Roi quittent à leur tour Dés. cia, pour aller se mettre à la tête des troupes alliées, qui continuent à se porter en avant, pendant que François-Joseph I°', par un mouvement en sens inverse, qui le rapproche du Mincio, transporte son quartier général de Vérone à Villafranca, sur le Tartaro.

Le 22 juin, l'armée alliée achève de passer la Chiese à Montechiari. Notre cavalerie poussa des reconnaissances habilement conduites par le capitame de Coutenson, du 1° régiment de chasseurs d'Afrique, et une grand'garde de uhlans fut surprise. Quelques hommes ontété tués ; neuf ont été pris à l'ennemi avec leurs chevaux dans cette affaire. De leur côté, les Piémontais rencontrèrent un avant-poste ennemi vers Peschiera, où un engagement assez vif eut lieu, dans lequel deux officiers et quelques hommes autrichiens furent tués.

L'expédition du capitaine de Coutenson motiva, deux jours avant la bataille de Solferino, l’ordre du jour suivant, qui était à la fois une récémpense et une leçon :

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