‹ Campagne de Piemont et de Lombardie en 1859Chapitre 98 sur 134 · ARMEE AUTRICHIENNE · texte numérisé non relu

ARMEE AUTRICHIENNE

Ooldats F ongrois.

L'ITALIE CONFÉDÉRÉE 14 lranquillement, iln'y en avait pas beaucoup parmi nous qui se doutassent que l'ennemi, suivant une ligne parallèle à Ja nôtre, était à un demimille de distance. Les Français, d'autre part, ignoraient heureusement aussi notre vraie position, sans quoi ils auraient essayé de nous couper la retraite. Nous avons rejoint la strada Cavallera juste au-dessous de Monte-Oliveto, et nous y avons rencontré la Lête de la division Stankovitsch, du premier corps ; elle se retirait sur la route de Castellaro-L agusello à Volta.

« La droite du cinquième corps était en ce moment à éroneitii tandis que le huitième corps, celui de Benedek, s'était retiré à Salionge, au nord de Pozzolengo, sur la route de Peschiera. |

« Quand nous sommes arrivés à Borghetlo, de gros nuages couvraient le ciel à l'occident et s’abaissaient sur les montagnes. Le peut de Valeggio ct ses approches étaient encombrés de charrettes ; on ne pouvait passer qu'avec difficulté, ct l'entrée du village lui-même était obstruée par la cavalerie qui se dirigeait sur Villafranca, par des charrettes pleines de blessés el par l artillerie tournée vers le pont de Borghetto.

« Pendant que nous nous frayions péniblement un chemin à Lravers ces obstacles, un terrible ouragan, précurseur d’un orage prochain, souleva un voile de poussière. Le ciel devint noir comme de l'encre. La poussière et les cailloux des routes nous frappaient le visage; l'obscurité régnait partout. Le grondement du tonnerre se confondait d'une manière sublime avec celui du canon, qui paraissait si proche qu'on le distinguait du bruil du tonnerre. Je crus que le vent nous apportait l'écho du combat «ec Cavriana, ne sachant pas que les Français nous suivaient à vingt minutes de distance sur la strada Cavallara Une averse effroyable monda les rucs de Valeggio avant que j'eusse pu trouver un abri.

« Là les résultats de la bataille devinrent visibles. Des so'dats de tous les corps et de tous les régiments étaient rassemblés dans les rues, séparcs de leurs positions. Les gens de Valeggio étaient aux fenêtres ou conver saient devant leurs maisons, malgré la pluie. L'orage se dissipa aussi

rapidement qu’il s'était formé, et le soleil brilla de nouveau à l’ouest. Les coups de canon se rapprochaient de plus en plus ; il était évident que l'ennemi menaçait la tête de pont de Valeggio. En lous cas, on ne pouvait passer la nuit en cet endroit ; aussi, sans hésiter et suivant l'exemple du quartier général impérial, je partis de Valeggio et me rendis par Quaderri à Villafranca, où l'Empereur était déjà arrivé.

« On prit disiiement des dispositions pour garder le passage du Mincio ; les soldats errants furent rassemblés sur les routes et ramenés à Valeggio. Des batteries furen‘ établies de manière à couvrir Borghetto, et le eim-

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quième corps reçut l'ordre de tenir ferme à Monzambano où il ya un pont sur le Mincio, position qui lui fut disputée, mais qu'il garda. Il faisait nuit quand j'entrai dans Villafranca, où les premiers convois de blessés commençaient à arriver en masse à LamUIERES qu'on avait improvisée

à Is station du chemin de fer. »

Une grande démoralisation morale allait suivre cette grande déroute matérielle ; et, en face de son armée décimée, ‘de l'Europe inquiète, de l'Allemagne indécise, François-Joseph L° rentré dans Vérone, s’enferma tristement au fond de son palais, pour y méditer, dans la mitudes sur ses désanires,

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