Grabowhofe
son portefeuille confirment ce qu'il dit de la force de ce corps.
J'ai passé la nuit à Wangelin, occupant Liepen1 et poussant des partis sur la route de Serrahn. Ce matin je m'étais mis en marche pour Serrahn et de là à Glistrow s'il était possible, ou au moins arrêter la communication de Krakow avec Glistrow, présumant bien que les troupes de M. deBlticher qui avaient combattu à Jabel reviendraient par là à Gûstrow ; à peine avais-je fait une demi-lieue qu'un aide de camp du maréchal Bernadotte vient me dire de sa part que les ennemis voulaient défendre le défilé d'Alt-Schwerin, où le général Drouet les avait trouvés en force hier soir; il me priait de faire marcher le 27e régiment et le général Werlé à Drewitz, et moi de rester avec mes 2 régiments de cavalerie à W ange lin, jusqu'à ce que ce passage soit forcé ; cet ordre est ponctuellement exécuté; mais je me permets de tenir à mon opinion qui est que le général Drouet, s'étant présenté devant Alt-Schwerin hier soir et, après y avoir trouvé les ennemis en force, étant venu prendre une position en arrière pour passer la nuit, il n'aura point vu filer le corps de M. de Blttcher par sa gauche se couvrant de lacs jusqu'à Krakow, où il arrivera infailliblement ce matin, et ce soir à Glistrow, où il opérera sa réunion avec M. de Usedom qui devient indubitable, tandis que, si j'étais arrivé avec mon 27e régiment, mes éclaireurs du 9% mes 2 régiments de cavalerie à Serrahn, et que j'eusse marché sur Glistrow comme j'en avais le projet, j'aurais forcé l'un ou l'autre de ces corps & changer de direction d'autant plus que j'avais rencontré la nuit une compagnie d'artillerie légère du maréchal Soult ■ qui était venue se jeter dans mes avant-postes sans escorte et que je me trouvais forcé d'emmener avec moi.
La division Rivaud avait été envoyée sur la droite ; elle en est revenue tard et je ne sais si elle a pu prendre part à
1. Le général Savary était à il kil. sur le flanc droit du Ie' corps.
2. Probablement la compagnie d'artillerie légère du capitaine Hubert. Voir page 606. On avait oublié de lui envoyer l'ordre de s arrêter, ou bien elle •'était égarée et n'avait pu le recevoir.
camp, dm parois. — ii.
l'affaire. L'aide de camp du maréchal Bernadotte m'apprend qu'on n'y a presque point fait de prisonniers, et je vois qu'en tout ce n'a été que très-peu de chose malgré une vive fusillade et canonnade. J'étais le plus heureusement placé pour les capturer et on ne m'en a donné les moyens que quand il ne faisait plus clair. Maintenant les maréchaux Soult et Bernadotte ne peuvent plus que poursuivre M. de Blticher et je soutiens qu'il leur est impossible de lui couper le chemin de la Poméranie suédoise où le petit aide de camp que j'ai pris et les autres prisonniers disent qu'il veut se retirer, ce qui est confirmé encore par une réponse que M. de Blticher a faite au prince de Ponte-Corvo qui le sommait de mettre bas les armes : il lui a dit qu'il avait 50 chemins pour se retirer inconnus aux Français ; qu'il les ferait bien marcher avant d'en venir là et que probablement quand son corps y serait réduit, il n'existerait plus. Voilà, Monseigneur, tout ce que j'ai appris depuis avant-hier ; je marcherai avec le corps Bernadotte le flanquant par sa droite et aujourd'hui je couvre mes environs de petits partis qui me ramènent des prisonniers d'infanterie et de cavalerie.
Si je communique aujourd'hui avec le prince Murât, que l'on dit être à Stavenhagen, je lui donnerai avis de tout ce que j'ai vu. Les chasseurs du duc de Weimar font partie du corps de M. de Usedom et sont présents ici.
LE MARÉCHAL NET AU MAJOR GÉNÉRAL
Schônebeck, s novembre 1806.
J'ai eu l'honneur de vous écrire le 30 octobre et de vous demander quelques mortiers pour bombarder Magdeburg ; il serait d'autant plus essentiel que j'en eusse à ma disposition que les personnes avec lesquelles j'ai des intelligences dans la place n'attendent que le moment où j'aurai fait lancer des bombes pour forcer le gouverneur, comte de Kleist, à capituler.
Ma responsabilité exige que je prie V. A, de répondre par des instructions précises aux questions suivantes :
L'intention de l'Empereur est-elle que le bombardement soit tenté, ou dois-je me borner au simple blocus ?
Suis-je autorisé à employer tous les moyens qui sont en mon pouvoir pour réduire la garnison soit par la force, soit par la voie des négociations ?
Le gouverneur m'a exprimé le désir d'envoyer un de ses officiers à Berlin pour connaître la situation de l'armée prussienne, afin de prendre un parti, soit pour la défense de la place, soit pour la capitulation. J'avais consenti à cette demande sous la condition qu'au retour de cet officier la ville capitulerait. Le gouverneur n'en a plus reparlé.
J'ai eu soin de faire entrer et répandre dans la ville les ordres du jour qui annoncent la prise du corps d'armée du prince de Hohenlohe, la reddition de Stettin, etc.
On porte aujourd'hui à 15,000 hommes la force de la garnison de Magdeburg ; il a été impossible d'avoir jusqu'à ce moment des renseignements bien précis à cet égard, malgré les interrogatoires qu'on a fait subir aux déserteurs qui arrivent tous les jours en assez grand nombre.
P.-S. — Les 4 mortiers que j'ai demandés au général Clarke viennent de m'arriver dans l'instant avec leur approvisionnement.