‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 314 sur 412 · LE GÉNÉRAL MARCHAND AU MARÉCHAL NET · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL MARCHAND AU MARÉCHAL NET

Benekenbeck, 2 novembre 1806.

Je crois qu'avant de faire aacune entreprise sérieuse sur le Closterberg, il faudra y penser à 2 fois. Si l'occupation de ce poste ne peut avancer d'un quart d'heure la prise de Magdeburg, je pense qu'alors on ne doit pas s'exposer à perdre une centaine de grenadiers pour l'enlever. Dans la circonstance où se trouve M. le lieutenant général Kleist, il est probable qu'il ne demande qu'à avoir une raison plausible pour pouvoir se rendre honorablement ; la seule raison que vous puissiez lui fournir, c'est de jeter quelques bombes dans la ville ; jusque-là un vieux militaire comme lui ne peut pas entendre parler de rendre une place telle que Magdeburg, et toutes les entreprises que Ton fera sur les faubourgs ou sur les postes retranchés

des ennemis ne pourraient avoir aucun résultat. Je crois que dans ce cas tous les hommes que l'on perdrait seraient perdus inutilement. Vos principes sont de n'exposer vos soldats que pour obtenir un résultat favorable. Ici, le seul résultat qu'on puisse se proposer est la prise de Magdeburg. Pour cela il faut des bombes. Tout le reste n'avance en rien le but unique. Vous voyez, M. le Maréchal, que je m'avise de raisonner, mais vous m'avez autorisé par vos bontés à vous dire dans tous les temps ma façon de penser. Si vous n'êtes pas de mon avis, vous me regarderez comme un écolier qui vous considérera toujours comme son maître. Nous n'avons aucun moyen ici pour faire ferrer les échelles. A SchSnebeck on pourra faire cela facilement et nous les envoyer de là.

Page 1