‹ Campagne de RomeChapitre 6 sur 12 · AMPA0HE SB ROME · texte numérisé non relu

AMPA0HE SB ROME

mière jdurnée a été Ifente, tuais la seconde a marché vite : le changement de dynastie de 1 83o n’en est qu’une scène, et le dénouement un instant suspendu préoccupe en ce moment toutes les intelligences.

Mais pardon ; cette excursidii tn’a emporté si loin de la Campagne de Rome^ que j’avais perdu de vue Spartacus , saint Paul, Cora, les marais Pomptinsÿ et jusqu’à ce Mont-Albane où je vous ai laissé seul et où vous m’attendez.

Je reviens à vous.

Autant les rapprochements, quand ils sont forcés et cherchés pour l’efFet , sont arbitraires et puérils, autant ils sont frappants et féconds en enseignements , alors qu’ils naissent , comme ici , des faits, des lieux, des dates. Il est des cas où ils constituent presque à eux seuls toute la philosophie de l’histoire.

Tel est, à ce point de vue, l’immense intérêt des champs latins, qu’évoquant d’ici une à une les ombres de tous les peuples qui les traversèrent, dn voit passer sous ses yeux les destinées et toutes les phases de notre humanité. Franchissons les siècles, sautons des temps antiques à des temps

CAMPAGNK r.»K ROME.

plus inodenies, de la république au Bas-Euiptrc'; laissons Porseuna l’Étrusque, le Gaulois Brennus, el Pyrrhus l’Albauai.s, et Anuibal l’Africain, qui tous quatre campèrent à nos pieds; laissons dans les tombeaux tous ces demi-dieux de Thistoire, pour évoquer du leur les héros méconnus de cette époque appelée barbare, qui fut comme l’aube orageu.se delà civilisation chrétienne, et qui amena sur la scène du vieux monde pour le retremper de nouvelles races et des vertus nouvelles.

Tous ces héros ont campé dans ces plaines , et tous y triomphèrent. Le cavalier hlond, aux yeux bleus, qui ouvre ce long cortège de conquérants, est le premier et le plus diustre des chefsdu Nord, celui qui aplanit les Alpes aux peuplades septentrionales , le fondateur enfin de cette grande monarchie des Goths, qui domina pendant des siècles la moitié de l’Europe, c’est Alaric. Chrétien ardent, il consomma eu Grèce, par la force des armes , l’œuvre toute pacifique, de saint Paul, il détrôna les faux dieux et renversa leurs autels. En vain Minerve armée de l’égide, et l’ombre irritée d’.\chille, se dressèrent-elles menaçantes

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sur les murs d’Athènes (i); Jupiter mordit la poussière sous l’épée du Barbare, et le Crucifié monta vainqueur au Parthénon.

Mais le soleil italien appelait le fils du Nord : « Je sens en moi , disait-il à l’ermite de Ravenne, »i quelque chose qui me pousse à détruire Rome. » 11 arrive, il touche au libre, il assiège trois fois la ville éternelle, trois fois il s’en empare; et toujours Rome chrétienne est religieusement respectée dans ses temples, dans son culte, dans sa foi : c’est l’âme païenne qui achève de mourir; le dernier prestige du culte ancien s’évanouit, et l’oracle intérieur est accompli.

Un fait, consigné par l’histoire, résume la double mission d’Alaric : mépris et destruction du passé, foi dans l’avenir. Dédaignant pour lui la vieille pourpre impéi-iale des Auguste et des Trajan,il la repousse comme un lambeau du paganisme , et, tandis qu’il en revêt par dérision un simple officier du prétoire, il incline son front superbe devant la robe grossière d’un diacre, il baise la poussière du tombeau de saint Pierre. Sa tâche faite, il part, il va mourir en Calabre.

(i) Lé^eixle consif>'née dans les chroniques contemporaines ou à peu près.

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Les Alpes une fois ouvertes, le charme est rompu; le Septentrion arrive à grands flots, il déborde, il inonde la Campagne romaine, et le torrent ne cesse plus de couler.

VoiciGenseric le Vandale : son bras menaçant était levé sur Rome, la voix d’un prêtre l’a dæarmé. Après lui s’avance le pui^nt roi des Hérules, Udoacre, qui va recueillir à Naples l’héri* tage du dernier César et régner sur l’ Italie tout entière. Un autre roi le suit : c’est son vainqueur et son héritier, l’ami de Cassiodore , Théodoric. Là-bas, sur Terracine, brillait un de ses châteauxforts, et pour lui du moins la postérité n’est pas sans justice. Ravenne fut sa capitale , et il y dort à côté du Dante. Ce camp tumultueux dont les tentes blanchissent dans la plaine Pomptine, est le camp des Goths ; ce soldat porté par eux sur le pavois est Yitigès. Il partit général , il revient roi ; et le voilà qui prend la route de Ravenne pour aller épouser la 6Ue de Théodoric et s’allier par elle au sang royal.

Tournez les yeux vers Palestrine; celte poussière qui obscurcit les deux , ces cris de guerre , ces clairons qui retentissent dans la montagne ,

CAMPAGKE DE HOME. ll’J

c’est Totila. De Cumes et de Béuévent qu’il a conquis , il vient défier Bélisaire et prendre Rome sous ses yeux. Brave, prudent, éclairé, souverainement juste, il respecte les hommes, la religion , les arts, et fait bénir en lui les vertus du Nord. Sa mort entraînera la chute de la monarchie de son ancêtre ïhéodoric; il sera pleuré des vainqueurs et des vaincus.

Mais le fleuve humain, loin de tarir, roule toujours à flots impétueux : Bysantins, Lombards, francs, Maures, Normands, pas un peuple ne manque à l’appel. Ce qu’il s’écoule d’hommes dans ces solitudes tient du prodige. Il en vient du nord , il en vient du midi, de tous les points du globe. On dirait, tant il en passe, que l’Afrique et l’Asie se soient donné rendez-vous là, comme s’il fallait s’abriter, au moins une nuit, dans ce grand caravansérail de l’occident, posada nue et silencieuse , pour prendre place au rang des nations européennes. Et en effet toutes ces nations, nos mères, qui labourent aujourd’hui la vieille Europe , les dynasties que le temps y a dévorées, celles qui y régnent encore ont toutes , en leur temps, fait le pèlerinage du désert, toutes reçu le sacre de Rome.

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Que d’émotions , que d’idées de tels rapprochements ne font-ils pas naître! C’est à la refonte du genre humain que nous venons d’assister du haut du Mont-Alhane; la Campagne de Rome est le creuset où s’élabora ce grand œuvre.

Cette immense fusion des nations du nord et du midi, qui ouvre la société chrétienne et qui la fonde, est un événement unique dans l’histoire, et le plus capital que présentent les annales connues. Nulle part, si ce n’est peut-être sur ces vieilles terres asiatiques que nous ignorons, une régénération si complète ne s’oj)éra par des moyens si gigantesques. La Campagne de Rome, qu’en ce sens on pourrait appeler l’Orient de l’Europe , est , sinon le berceau des barbares (barbare ici veut dire étranger), au moins le théâtre de leur première action ])olitique. 11 fallait leur courage guerrier, leurs vertus mâles et viriles, leur vigueur corporelle et leur robuste santé, pour retremper profondément le corps italien , tombé au physicpie, et plus encore au nioial, dans la langueur et le marasme. L’Italie des empereurs était en putréfaction. Le tableau tju’eii trace Tacite fait horreur. C’était un tronc \ei-

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moulu qui ne pouvait plus rien porter.Il s’agissait cependant d’enter dessus le christianisme, plante jeune et vivace qui jamais n’y aurait pu prendre racine, si cette sève septentrionale n’était venue le rajeunir et le féconder. Le temps d’ailleurs était arrivé du mélange des peuples et de la fraternité universelle. L’orgueil du cii>is wnuinus devait plier sous l’épée du Barbare pour reconnaître en lui son égal et son frère. Le Christ avait dit : Aime ton prochain comme toi-même; or le prochain, c’est le Samaritain comme le Juif, le Goth comme le Romain. D'épaisses ténèbres enveloppent encore le premier âge de la civilisation chrétienne ; il serait temps que la philosophie y jetât son flambeau, ne fût- ce que pour réhabiliter les Goths , ces races généreuses que l’injuste postérité n’a que trop long-temps calomniées. G’ est un beau plaidoyer à écrire , une belle cause à défendre.

H faut s’arrêter. Si l’on se livrait sans retenue à ses souvenirs, si , après le Bas-Empire on évoquait le moyen-âge, puis les époques modernes de la Renaissance et de la Révolution , il faudrait camper des semaines entières sur cette montagne à voir passer et repasser à ses pieds tous les papes,

CAMPAGNE DE BOMS.

tous les eBtpeFeui’s, toutes les ariiuées, tous ^ condottieri, tous les savaiits, tous les poëtjes,: les rois couronnés ou découronnés qui €Uit trar yersé ces champs illustres ^ depuis Robert Quâsyard et Grégoire VU , Dante et Luther, jusc^uaMx généraux de la république française qui ; ou^ arboré les trois couleurs, et à ces Stuarts de tous les royaumes qui y vieuneiiA ensevelir leurs douleurs royalies. l^apoléon seul y manque; nrais il en est d|e lui comme des i magées de Cassius. et d? Eirutus, son absence même l’y rei>d plus présent.

Aprçs une silongiue haUe sur lies. hauteurs, vous aspirez; sans doute à regagner les plaines et à, contempler d’autres si^es; le jour baisse, partnt?»^ lirais où, aller? L’ Angélus sonne; Les clocbes des yilles et des villages, marient Leurs voix aériennes dans, les cieux déjà sombres; elles rappellent; chacun au foyer, et nous avertissent eu choeur que les, nuits du Latiuni sput pleines d’embûches qt de périls : dans les montagnes , le pojgnard des baudits:; dans la plaine, le poison, du mauvais ajt;- Où fuir pour tromper l’iin et l’autre?

L’épaisse foçèt qui. revêt, les côtes n’a,, ij,, est.

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CAMPAeSE DB ROMB. t3l

vrai, ni poison (i) ni poignard; elle nons offre nn refnge; mais ia roote est longue et la nuit nmis gagne. Là d’ailleurs, dans ces bois déserts, les javelots du porc - épie , les bufûes et les sangliers ne sont pas sans danger pour le voyageur. Un asile pins sûr nous est ofiert chez noé voisins les moinesw Sonnons; le monastère s’ou- •evira poïir nous, nous y attendrons- le jour soife la* double protection des brises pures de la mootsfgne et de la superstition des bandits, dont l’audace expire au seuil de la maison sainte ; et, après atvoir assisté, ce soir, aux destinées du monde, demain nous contemplerons du haut dn même belvédère le plus niaguifi<^e spectacle de la nature , le lever dxi soleil «ir la Campagne de Kome.

J’entends le li’ére twirier, la poi*te gémit sur ses gonds rouillés. Entrons.

Maintenairt que nous voici eu sûreté dans la cellule hospitalière, jetez les yeux sur l’espace.

( i) Il es! reconnu que rien n' assainit mieux l’air que les forêts ; j’eii ai fait rexperienre, non seulement dans les Marenimcs toscanes et romaines, mais sur les cèles de C.alabre et de Sicile, qui ibnl iisArtéerdHa ni<ri' rfrita.

CAMI'AG.MC ÜK HOME.

La nuit est tranquille et fraîche; la mer invisible innrnuirc an loin; le lac d’Albane et le miroir de Diane réfléchissent à nos pieds les étoiles du ciel.

Quel silence! Quel repos sur ces monts, dans ces plaines où la nature et l’homme ont à l’envi soulevé tant d’orages! Les ténèbres régnent sur ces crêtes qu’illuminaient les volcans ; mollement bercés sur la mousse et les fleurs, les lacs dorment au sein de ces cratères béants, d’où jaillissaient en d’autres âges des rochers en flammes; et là où jadis bouillonnaient des torrents de lave ardente, de sombres forêts ondoient aux vents parfumés des nuits. Et cette Campagne obscure et muette, ce grand sépulcre de gloire et d’hommes d’où nous venons d’évoquer tant de mânes , ne vous semble-t-il pas y voir des myriades d’ombres soulever leurs pierres funèbres, et, drapées dans leur linceul , errer autour de la cité sainte?

Pour moi je ne sais , mais tous mes sens à la fois sont ébranlés, et telle est sur moi la puissance | de tous ces noms, telle est ma sympathie pour ^ ces augustes morts , qu’après m’être apparus au soleil, je les vois tous et bien d’autres encore, qui reviennent dans les ténèbres. 3’en vois surgir

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des monts, des plaines, de tons les champs de bataille, de toutes les cités en ruines; le Tibre même et le tombeau vivant des vestales rendent leurs victimes; la cendre des bûchers antiques revient à la vie, et, jusqu’au sein ténébreux des mers, tout se peuple à mes yeux de redoutables fantômes. Qu’ils aient porté le casque ou la tiare, le bandeau royal ou le bonnet phrygien, aucun ne fait défaut au rendez-vous nocturne; ils forment une chaîne immense, silencieuse, et il en sort tant des sépidcres qu’on les dirait conviés par la nuit à la fête des morts.

Mais l’aube point, et la dantesque vision s’évanouit.

Qu’avec elle donc s’évanouissent et se replongent dans le silence du néant tous ces souvenirs dont le tourbillon m’entraîne et me saisit comme un vertige. Le jour naît; des scènes plus douces nous réclament; reposons-nous du passé dans le présent, des orageuses contemplations de l’histoire dans les contemplations calmes de la nature.

Les rocs arides et dentelés du pays des Hei-niques ondoient déjà dans cette atmosphère rou-

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^àtre, ga^ vujjpfipuife et (Jjaphwe dof>t Jp 50 -

lejj (enveloppe à spn lever. Il va paraître il

paraît , et le spectacle counuence.

Le mont L<épini est le premier atteint ; sa tête blaiÿcliàtre se ceint d’un bandeau de feu. L’incendie gagne ; il surprend , il enflamme la pyramide hardie du Cacume ; glissant sur les roches étincelantes qui couronnent Ternicine , j| y laisse sa rouge empreinte , et va embraser au bout du désert les solitudes aériennes de (arcé, phare colossal allumé tout-à-coup au bord des mers. Sortant île à île des vapeurs dq matin , l’archipel de Ponza brille au loin comme une flotte en mer, et la Méditerranée berce autour de lui ses lames d’or.

Des rochers lierniques , le soleil courl de pic en pic sur toute la Sab'UC* Les hauteurs de Palestriue et de Tivoli , le Lui rétile et les monls Cérauniens , toutes les crêtes en un mot jusqu’au Soi’acte, qui est }e phare du désert comme l’écueil de Çircéest celui de l’Qcéau , sont frappées à leur tour; et la lumière matinale va expirer sur les pentes boisées du Ciminq , dont la longue chaîne onthdante encadre l’horizon de sa ceinture de foréis.

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Nôtre tour vient enfin; nous -mêmes nous sommes envahis. Le mont Algide, l’Ariane , l’Artémise, et, avant tous ses rivaux, le belvédère royal où nous sommes , ont successivement vu s’enfiabmier leurs cimes : plus bas que nous, déjà les collines de TusCulum sont inondées. A voir ces crêtes en feu , ces torrents de lumière au flanc des montagnes , ce vaste incendie des rochers et des bois, on dirait un volcan nouveau et de nouveaux courants de lave ardente roulant des hauteurs au fond des vallées.

Mais à nos pieds, quelle grâce! Les lacs, noirs d’abord, puis bleus, sont métamorphosés en flots d’or; les forêts, et parmi elles la vaste Fajola , leur reine , étincellent de tous les diamants de la rosée, fet, comme frappées par la bagilette des fées , rayonnent de mille couleurs et de mille feux. Albane, Aride, Némi, l’antique Lamivium, balcon du désert, Velletri, assis au milieu des vignès èt des vergers, la villa papale de Castel- Gandolfo, près les toits champêtres deMarino, les noirs créneaux de l’.itistère abbaye de Grotta- Ferrata , sous les blanches villas de Frascati; tous les villagejj; tous les hameaux, toutes les

fermes , tous les couvents entés sur les collines, semés sur leurs flancs , cachés sous leiu-s ombrages, tout luit, tout s’anime, tout renaît à la vie, à la jeunesse, à l’amour : c’est comme une création nouvelle et spontanée; une oasis en fleur au milieu des sables; une île enchantée sortant toute parée du sein des flots.

Cependant la plaine, dont la morne nudité s’étend comme une mer autour de ces élysées si riants et si frais, la plaine long-temps dans l’ombre, en sort peu à peu et déroule, comme autant de vagues mouvantes, les larges plis, les magnifiques ondidations de ses terres remuées et volcaniques. Le soleil la sillonne de bandes lumineuses et inégales; les hauts points, seuls en relief, brillent seuls d’abord , les lieux bas sont obscurs et coupés de noires crevasses ; la ligne resplendissante des collines, les alternatives de l’ombre et de la lumière, ces luttes du jour qui conquiert, de la nuit qui résiste et cède le terrain pied à pied , font ressortir les profondes inégalités de la Campagne de Rome , qui , vue d’en haut et en plein midi, parait plane et unie comme les marais Pomptins; mais le coucher, et mieux en-

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core le lever du soleil remettent en saillie les aspérités multipliées du sol , et, instruisant l’esprit par la vue , restituent aux champs romains les grands effets qui leur appartiennent.

Les ténèbres sont vaincues Comme, il a conquis toutes les montagnes, le soleil conquiert toutes les plaines. Des sommets berniques aux marines de Pyrgos et de Paola, il a descendu un à un tous les gradins de l’amphithéâtre , et pris possession de l’arène en vainqueur : valléesou collines, plus rien n’échappe à ses traits ; il règne... et du Cacume au Cimino la Campagne entière n’est qu’un champ de feu.

A quoi bon tant de splendeurs? Aqueducs taris et rompus, voies antiques où personne ne passe, temples sans dieux, villes sans hommes, tombeaux sans morts, campagnes dépeuplées, air empoisonné, forêts muettes, marais fétides, ports comblés, grèves abandonnées, mers désertes, voilà ce qu’en toute sa gloire, ô Rome! le soleil éclaire aujourd’hui, du haut de tes cieux, ce que le voyageur contemple du haut de tes montagnes.

Tant d’éclat sied-il à tant de désolation? Ce

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