PRÉPARATIFS DE LA CAMPAGNE DU « CASSINI
entendent peuvent leur être funestes. Isoler les mousses le plus possible, les surveiller avec une scrupuleuse attention, les instruire, me semblerait chose nécessaire ; il est à croire qu'on ne les néglige pas, Texpérience sans doute me l'apprendra. Les hommes sont au nombre de cent vingt ; ce sera là ma moisson ; puisse-t-eile être bonne ! A n'en pas douter, je puis (lire qu'elle le sera, n'en aurais-je comme gage et garantie que l'exemple du capitaine et des officiers. »
Puis M. Cambier passe en revue tout Tétat-major, disant un mot aimable de chacun ; mais nous ne voulons retenir que son appréciation si bienveillante du commandant : w N'eussé-je pas été jusqu'à présent, écril-il, convaincu de la puissance du bon exemple, je n'aurais pas tardé à létre sur le Cassini. M. de Plas est un excellent chrétien : il sait qu'il a sous ses ordres non pas seulement des corps, mais des âmes, et il fait de la marine beaucoup moins un moyen d'avancement pour lui-même qu'un moyen d'exercer son zèle éclairé en faveur de ceux qu'il est appelé à conduire. »
Le 6 mars, à huit heures du matin, le Cassiiii appareillait et quittait la rade de Lorient, et vers neuf heures, il se trouvait par le travers de Notre-Dame de Larmor. Tous les passagers étaient sur le pont. La cloche tinta et l'équipage se groupa en masse à l'arrière, chapeau bas. Suivant un vieil usage on salua de trois coups de canon la statue de la Vierge. En même temps les missionnaires entonnèrent ÏAve Maris Stella que l'équipage continua avec un entrain merveilleux, a Prêtres et marins, observe le Père Daniel, unis dans une même pensée de foi, suppliaient l'Étoile de la mer d'être propice à leur traversée et de bénir les entreprises si diverses qui les éloignaient de la patrie, ceux-ci pour plusieurs années, ceux-là, ou du moins
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la plupart d'entre eux, pour le reste de leur vie qu'ils avaient vouée tout entière au salut des âmes (1). »
Laissons maintenant la parole au commandant de Plas qui, dans ses Lettres^ complétées par son Journal et ses Rapports^ a raconté aussi sincèrement que possible la longue et intéressante campagne du Cassini dans les mers de Chine, depuis son départ de Lorient, le 6 mars 1851, jusqu'à son retour au même port, le 5 juillet 1854.
(i) Alexis Clerc, p. 235.