‹ Campagne du Cassini dans les mers de Chine [microform], d'après les rapports, lettres et notes du Commandant de Plas. Enrichie de plusieurs cartes pour l'intelligence du texteChapitre 16 sur 68 · PRÉPARATIFS DE LA CAMPAGNE DU « GASSINI · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DE LA CAMPAGNE DU « GASSINI

comme de la vie des hommes, c'est quand elle est finie qu'on peut dire si elle a été heureuse. Quoi qu'il en soit, je partirai avec bon espoir. »

Trois mois devaient s'écouler avant que le Cassini ne fût prêt à partir ; le commandant en profita pour compléter ses études sur la Chine et sur les hâtiments à vapeur. Il ne négligeait rien, en un mot, de ce qui pouvait être de quelque utilité dans l'intérêt de sa prochaine campagne ; mais, même après avoir fait tout ce qui dépendait de lui, il se regardait encore comme un serviteur inutile. « J'ai prié Dieu plusieurs fois, disait-il humblement, de m'enlever le commandement du Csissini par la maladie, par une disgrâce ou de tout autre façon, si je me suis lancé avec trop d'imprudence dans cette campagne, et si, par suite, je devais être privé du secours de sa grâce pour la bonne direction du personnel qui me sera confié. J'espère être exaucé. »

Au milieu des nombreuses occupations qui remplissaient chacune de ses journées, François n'oubliait pas ses devoirs de chrétien et il restait fidèle à toutes ses habitudes de piété. Nous l'avons vu assister régulièrement à la première messe du matin ; mais ce n'était pas assez : le prêtre devait-il porter ensuite le Saint-Sacrement à un malade, l'officier considérait comme un honneur d'accompagner son divin Chef, et la vue des habitants qui s'agenouillaient dans la rue avec le plus profond respect, remplissait son âme de bonheur et de joie. Mais la vie de société a aussi ses obligations, comme la vie chrétienne ; on ne saurait trop admirer comment le brillant officier savait parfaitement concilier deux choses qui souvent ne sont opposées qu'en apparence. « Position oblige, écrit-iJ dans son Journal à la date du 30 décembre. Mon titre de commandant du Cassini m'a valu une invitation au

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bal du cercle. Seul, je me serais dispensé d'y aller, mais r état-major est invité parla même lettre que moi. Il paraît convenable que pour la première fois je m'y rende avec les officiers et élèves qui sont amateurs de ceLte sorte déplaisir. Cela me produit toutefois un singulier effet, d'aller au bal. Ceux qui m'ont vu ce matin accompagner le saint Viatique, se demanderont sans doute ce que cela veut dire. Il y a des gens qui voudraient que tous les chrétiens, quelle que fût leur position, vécussent comme des religieux cloîtrés. II est bien certain que je ne vais pas au bal pour mon plaisir; je crois môme remplir un devoir en y allant. « C'est dans le même esprit qu'il facilitait à ses jeunes aspirants les plaisirs de leur âge. « Les jeunes élèves du Csissini, disait-il, servent très bien ; ils ont ici deux bals au moins par semaine ; nous leur donnons toute latitude pour y aller. «

Le premier janvier 1851, l'équipage du Cassini était réuni pour la première fois dans une des salles du quartier, attendant la visite de son commandant. Celui-ci crut l'occasion favorable pour entrer immédiatement en communication avec ces hommes qui avaient droit de compter sur lui ; et, après avoir passé l'inspection, il leur adressa une courte allocution qu'il nous a conservée et qui nous montre, avec les nobles sentiments dont il était animé, comment il comprenait ses devoirs et sa responsabilité.

ce Je ne puis résister, dit-il, au plaisir de vous exprimer combien je suis heureux, au moment d'entreprendre une campagne longue, pénible, très pénible peut-être, d'avoir un équipage de bonne volonté. J'espère que cette bonne volonté se maintiendra durant toute la campagne.

« Quel que soit le sort destiné au Cassini, que nous ayons la guerre ou la paix, la bonne réputation du

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