‹ Campagne du Cassini dans les mers de Chine [microform], d'après les rapports, lettres et notes du Commandant de Plas. Enrichie de plusieurs cartes pour l'intelligence du texteChapitre 17 sur 68 · PRÉPARATIFS DE LA CAMPAGNE DU « CASSIKI · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DE LA CAMPAGNE DU « CASSIKI

bâtiment retombe sur le dernier homme de l'équipage comme sur le commandant. L'état-major et moi nous emploierons tous nos eiïorts pour obtenir un heureux résultat ; il faut que chacun de vous y apporte aussi son concours.

« Ce serait une grande satisfaction pour moi, en remettant le navire aux chefs de la marine, de leur dire que, dans toute circonstance, j'ai trouvé les hommes prêts à faire leur devoir. Quant à moi, j'espère ne jamais manquer à mes devoirs envers Dieu, envers le pays, envers l'équipage qui m'est confié.

(c Equipage du Cassini, l'an prochain à pareil jour, nous serons probablement à quelques milliers de lieues d'ici ; puissions-nous n'avoir à déplorer aucune perte !

« Je vous souhaite bonne et heureuse campagne. )) A cette époque de l'année qui ramène les douces réunions de famille, François aurait bien désiré passer quelques jours au milieu des siens, dans ce vieux manoir de Puycheni où se trouvaient sa mère et ses sœurs bien-aimées ; mais le ministre l'invitait à aller à Paris le plus tôt possible, et il regardait comme un devoir de reconnaissance de répondre à son pressant appel. Il y arriva le 6 janvier, au moment où l'amiral Romain Desfossés allait quitter l'hôtel du ministère.

ce On fait un grand déménagement au ministère de la marine, écrit-il le il janvier à sa mère ; le bon amiral Desfossés a fait ses malles et se dispose à partir prochainement pour la station du Levant, dont il a 1& commandement, w Puis il ajoute quelques détails sur les démarches qui intéressaient sa mission future. « J'ai eu le plaisir de voir hier le supérieur des Lazaristes, M. Etienne, homme d'une haute intelligence et éminent à tous égards ; j'ai causé longuement aussi

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avec un èvêque d'Abyssinie. Mgr de Langres a bien voulu m'embrasser cordialement, en me promettant de dire la messe à mon intention, le jour du départ du Cassini pour les mers de Chine ; ce qu'ont fait également M. de Montalembert et le P. de Ravignan, en me souhaitant bon voyage et en m 'adressant des vœux pour le succès de ma campagne. Ma mission, en un mot, trouve partout la plus grande sympathie dans le monde religieux. :»

De Plas profita de son séjour à Paris pour visiter tous ceux qui pouvaient lui fournir quelques renseignements utiles à son voyage. C'est ainsi qu'il se mit en rapport avec le supérieur des Missions étrangères et avec un ancien ministre de France en Chine. Il visita aussi le nonce, Mgr Fornari, le commandant Lapierre et MM. Jurien et Reille, en même temps qu'il parcourait au ministère la correspondance et les rapports de Tamiral Cécille.

Cependant quelques personnes ne voyaient pas sans jalousie la campagne qui se préparait. François fut môme averti qu'on cherchait à le discréditer dans l'esprit du nouveau ministre ; mais le contre-amiral Vaillant était avant tout un homme de devoir, et de Plas n'eut qu'à se louer de ses bons procédés. « Que la volonté de Dieu soit faite, écrit -il dans -son Journsil! Je crois que j'accepterais sans murmures et sans plaintes, à l'aide de sa grâce, toute position moins iîonne que celle où je me trouve présentement. « 11 ne s'effrayait pas des contradictions qui pourraient survenir ; il s'étonnait même de n'en avoir pas rencontré davantage, aimant à se rappeler ce que lui avait dit un jour Marceau : ce Si le grain ne pourrit pas, il ne donnera pas de fruit; l'homme aussi ne produit qu'à raison de son abaissement et de son anéantissement devant Dieu. »

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