‹ Campagne du Cassini dans les mers de Chine [microform], d'après les rapports, lettres et notes du Commandant de Plas. Enrichie de plusieurs cartes pour l'intelligence du texteChapitre 50 sur 68 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

cette activité très -utile pour tout le inonde. A Brest, comme dans les autres ports où il avait relâché, il retrouva de bons amis, parmi lesquels M. Cléret de Langavant et l'amiral Fourichon. « Je suis ici, écrit-il, en pays ami. Je dois dîner ce soir chez l'amiral Fourichon, qui a fait un chemin rapide, mais que je ne crois pas au-dessous de sa position. » Il revit aussi avec plaisir son ancien confesseur l'abbé Le Sinner, aumônier de l'hôpital, et le cercle des officiers de la marine dont il avait été le premier président. Ce cercle, qui s'était organisé en 1848, sous le nom de club, selon l'usage du temps, était devenu un excellent lieu de réunion pour les officiers de tout grade et comptait plus de cinq cents souscripteurs.

De Paris, où il résidait alors, l'amiral Desfossés n'oubliait pas son ancien chef d'état-major. Il lui écrivit donc à Brest, pour lui demander s'il n'accepterait pas volontiers une place vacante parmi les membres du Conseil des travaux. C'était un honneur dont François aurait pu se montrer fier, mais qu'il déclina par humilité. U répondit à l'amiral pour le remercier de son bienveillant intérêt, prétextant son inaptitude pour les importantes fonctions qu'on voulait lui confier, et ajoutant qu'il n'avait qu'un seul désir, celui de reprendre la mer, même avec le Cassini rapiécé, après avoir passé une quinzaine de jours dans sa famille.

Le V août, le Cassini quitta Brest pour se rendre à Lorient, où il arriva après une traversée de quatorze heures. « Le vieux Ca§sini, disait son commandant, se tire encore bien d'affaire. » Mais ce fut leur dernier voyage. Le commandant Jam, préfet par intérim, avertit de Plas que le bâtiment allait entrer en commission de port, et que les officiers seraient changés. Celui-ci, tout joyeux, s'empressa d'annoncer cette heureuse nouvelle à sa famille. « Il est probable, dit-il.

que sous peu de jours je serai à Puycheni. On ne m'accorde qu'une courte permission, à cause des circonstances dans lesquelles nous nous trouvons ; mais, pourvu que j'aie huit jours à passer près de mon excellente mère et de mes frères et sœurs, je serai content, très content ; et, s'il est possible d'y rester quinze jours ou un mois, j'accepterai volontiers cette faveur. »

François ne s'attendait guère àrevoir le vieuxmanoir de Puycheni avant la fin du mois, car il avait à régler les affaires du bâtiment et celles des hommes qui avaient servi sous ses ordres. Mais les choses marchèrent beaucoup plus vite qu'il ne l'avait supposé. Dès le 3 août, la commission supérieure vint constater que le commandant n'avait fait aucun changement au bâtiment ; et le jour même, de Plas commença son déménagement. « Je voudrais, écrit-il, m'écrier comme ce sage du paganisme : Que de choses dont je n'ai pas besoin ! malheureusement il n'en est pas ainsi ; les devoirs d'un commandant l'obligent à s'entourer de beaucoup de choses qui ne paraissent pas de première nécessité. »

C'est le 5 août, que de Plas reçut son ordre de débarquement; il assista avec l'état-major et l'équipage du Cassini à une messe d'actions de grâces, pour remercier Dieu d'avoir béni la campagne si heureusement terminée. « Gloire à Dieu, s'écrie-t-il dans son Journal, et paix aux hommes de bonne volonté ! J'espère que ce matin tous auront trouvé dans leur cœur des sentiments de reconnaissance envers le bon Dieu, qui nous a si visiblement protégés. Sans doute bien des bâtiments où Dieu n'est pour ainsi dire pas connu, font heureusement des navigations dures et périlleuses ; mais le bonheur apparent des méchants ne doit pas empêcher ceux qui ont faim et soif de la justice de rendre à Dieu ce qui revient à Dieu. Puisse

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