‹ Campagne du Nord en 1870-1871Chapitre 19 sur 48 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Deuxième moment {après 2 heu

Le combat avait continué pied à pied dans l'intérieur de Vecquemont : les fusiliers marins et le n) chasseurs avaient

arrêté les progrès des Allemands, quand ceux-ci reçurent, vers 3 heures, des renforts importants : les troupes qui gardaient le pont de Lamotte-Brebière avaient reçu du général en chef l'ordre de se porter sur Vecquemont, où tous les rapports signalaient une résistance acharnée. Une nouvelle batterie prit position au dessus de Vecquemont ; un bataillon ( i) renforça les Allemands qui occupaient une partie du village ; il fut entièrement enlevé, mais le succès de l'ennemi s'arrêta là ; tous ses efforts pour passer l'Hallue à la suite des Français restèrent inutiles. Un nouvel arrêt se produisit alors dans le combat ; les deux adversaires, séparés par la rivière, occupaient chacun des villages de Daours et de Vecquemont.

Cependant le combat continuait dans Pont-Noyelles ; les Allemands, renforcés comme nous l'avons vu, avaient occupé peu à peu les dernières maisons du village. Au moment où les Français les évacuaient, un peu de désordre se produisit. Cinq compagnies prussiennes (2) en profitèrent pour essayer de se porter sur le plateau : elles suivirent un chemin creux perpendiculaire à la route d'Amiens et débouchèrent tout à coup sur le flanc droit des défenseurs. Deux pièces françaises encore en position sont enlevées, mais les mobiles du capitaine d'Hauterive (3) et un bataillon du 700 de marche se jettent sur les Prussiens à la baïonnette et reprennent les deux canons.

Les Allemands regagnent rapidement Pont-Noyelles , poursuivis par une fraction de la brigade de Gislain : une grande partie du village est reprise ; au lieu de s'y arrêter, les assaillants tentent de déboucher dans Querrieux ; ils sont ramenés et Pont- Noyelles est évacué pour la seconde fois. En revanche, les Prussiens ne peuvent déboucher du village ; tous leurs efforts pour en sortir sont vigoureusement arrêtés par le général du Bessol.

Pendant ce combat, la 30e brigade avait tenté vainement de déboucher de Fréchencourt sur les hauteurs ; la 16e division avait continué sa marche vers le nord ; la 320 brigade, avec le g" hussards et deux batteries, avait pris le chemin de Rainneville ; la 3 Ie, avec deux batteries et une compagnie de pionniers, se dirigeait sur Poulainville, par la route de Villers-Bocage. Quatre batteries de l'artillerie de corps suivaient la 31e brigade.

(i) Du 3e.

(2) Du 33e.

(3) De Somme et Marne.

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Le général de Dohna reliait avec ses six escadrons la 166 division à la 150 ; il avait pris le chemin de Cardonnette.

La direction beaucoup trop excentrique suivie par la 32e, et surtout par la 310 brigade, les avait amenées à Rubempré et aux abords nord-est de Villers-Bocage, quand le général de Barnekow reçut du commandant du VIIIe corps l'ordre de se rabattre immédiatement vers le sud-est ; la i& division devait se porter sur Beaucourt et Contay, de manière à dégager l'aile gauche de la 15e division. La 31e brigade marcha donc de Rubempré sur Beaucourt, et la 320, de Villers-Bocage sur Saint- Gratien. Un petit détachement (1) gardait le flanc gauche de la division à Rubempré.

La 31e brigade déboucha sur Saint-Gratien vers 3 heures seulement. Le général de Dohna avait fait ouvrir le feu à sa batterie sur les troupes françaises qui apparaissaient à Montigny et Béhencourt; ses six escadrons étaient partis de Saint-Gratien vers le nord.

Sur ces entrefaites, de nouveaux ordres parvenus à la 31e brigade la dirigeaient sur Montigny. Le général de Manteuffel croyait imminente une attaque de la Houssoye sur Fréchencourt et il voulait la détourner. Un bataillon du 290, porté aussitôt sur le petit bois entre Montigny et Fréchencourt, entretint une vive fusillade avec les Français postés à l'est de l'Hallue; un bataillon prolongea sa gauche vers la route de Contay; une batterie, puis deux prirent position à l'ouest du bois. Vers 3 h. 1/2, les Français étaient rejetés sur Béhencourt , et les Allemands essayaient inutilement de les suivre au delà du ruisseau : les ponts étaient coupés et le feu de l'adversaire empêchait de les rétablir.

La 32e brigade s'était avancée de Rubempré sur Beaucourt, nous l'avons vu ; vers 2 heures, son avant-garde débouchait sur l'Hallue; un bataillon du 700 jeté vers Montigny n'y trouva qu'une faible résistance de la part du 46e mobiles; le village futj, aisément occupé et les assaillants purent intervenir dans l'attaque dirigée alors sur Béhencourt par la 31e brigade.

Vers 4 heures, Béhencourt était enlevé également ; deux compagnies prussiennes faisaient face à Bavelincourt au nord du village. Le reste de l'avant-garde de la 32e brigade avait également occupé Beaucourt et une compagnie pénétrait même dans

(l) Deux compagnies du 70e et an peloton de hussards (Grand étatmajor prussien).

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Bavelincourt. Le 91e mobiles (Pas-de-Calais) avait évacué ces deux points presque sans combat.

Le gros de la 32e brigade était alors à l'ouest de Beaucourt ; celui de la3i°à l'ouest du bois de Fréchencourt ; six batteries avaient pris successivement position au nord de Beaucourt (3 h. 1/2),

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