CHAPITRE XIX Journée du 24 décembre. — Retraite de l'armée du Nord
La matinée qui suivit trouva les deux armées dans leurs positions de la veille. Aucune d'elles n'était en état de renouveler les efforts tentés précédemment pour reprendre les villages de l'Hallue, ou pour s'emparer des hauteurs de la rive gauche.
Le général de Manteuffel avait prescrit de constituer dès l'aube des réserves pour chaque division du VIIIe corps. Celle de la 15e devait être placée entre Bussy et Querrieux; celle de la 16e à l'ouest de Montigny. La réserve générale s'était rassemblée entre Saint-Gratien et Querrieux, à peu près derrière le centre de la ligne de bataille. La première armée devait attendre dans ses positions le développement des projets de son adversaire.
Quant au général Faidherbe, les nouvelles contradictoires qu'il recevait de tous les points du champ de bataille ne lui avaient pas encore montré la vraie situation des Allemands. A en croire certains indices, ils avaient opéré leur retraite vers Amiens, derrière un simple rideau laissé sur l'Hallue; des renseignements plus sérieux annonçaient l'arrivée de nombreux renforts destinés à leur armée.
Il ne se dissimulait pas d'ailleurs combien la sienne avait souffert de son bivouac de la nuit précédente; le froid avait augmenté depuis la veille et il était impossible de cantonner les troupes; les villages les plus proches étaient encore trop loin du champ de bataille. Les distributions, qui s'étaient faites le 23 dans les conditions que l'on sait, ne pouvaient être plus complètes ce jour-là. L'intendance n'avait ni le matériel, ni le personnel suffisant. Les munitions manquaient; toutes les troupes disponibles avaient été engagées et il ne restait d'à peu près intacts que la brigade de Lagrange et trois des régiments de la division Robin. Le général Faidherbe ne se faisait aucune illusion sur le parti à tirer de ces dernières troupes. Quant à la brigade de Lagrange, sa présence à Corbie était plus nécessaire que jamais pour garder la ligne de retraite de l'armée.
(l) Daussy. L'auteur anonyme des Opérations de l'avinée <!u Nord, dit
que le général Faidherbe donna ordre d'incendier les villages de l'Hallue pendant la nuit du 23, mais que cet ordre ne fut pas exécuté. Nous n'avons pu trouver la continuation de ces allégations.
Le général en chef se décida donc à une résolution grave : celle de quitter les positions si énergiquement défendues la veille, pour se porter à quelques marches vers le nord. Il donna ses ordres dans la matinée. Au cas où l'ennemi ne l'aurait pas attaquée avant 2 heures de l'après-midi, l'armée devait se mettre en marche, en se couvrant par une ligne de tirailleurs choisis dans ses meilleures troupes. Ce rideau resterait en position durant une heure au moins.
Sous sa protection, l'armée prendrait des cantonnements à 10 kilomètres environ vers le nord-est, sur deux lignes (i) : la division de garde nationale se porterait par Bresle et Millencourt sur Albert, Bouzincourtet Aveluy où elle serait en deuxième ligne. V
La division Derroja gagnerait Senlis, Hédauville et Varennes par Warloy. La division du Bessol irait sur Bresle, Laviéville et Millencourt par la route d'Albert; enfin, la division Payen se dirigerait par Bonnay et Heilly sur Ribemont, Buire et les environs.
La matinée et une partie de l'après-midi du 24 décembre furent remplies par des escarmouches continuelles entre les avant-postes des deux armées. Le 17e chasseurs, qui occupait la colline à l'est de Fréchencourt, ayant eu à souffrir du feu des Allemands postés à Béhencourt, quelques coups de canon turent tirés sur le village par l'artillerie française, sans grand résultat.
Vers 10 heures, de fortes colonnes allemandes se montrèrent sur la rive droite de l'Hallue, à l'ouest de Fréchencourt. C'était sans doute la réserve de la 16e division qui gagnait sa position de rassemblement. Deux batteries envoyées au-dessus de Fréchencourt par le général Derroja l'obligèrent à dissimuler sa marche.
De leur côté, les Allemands s'attendaient à voir les Français prendre l'offensive. Vers 10 h. 1/2, des colonnes parurent se diriger de La Houssoye sur Vadencourt ; le général de Dohna reçut l'ordre de se porter immédiatement sur le flanc droit de l'armée du Nord avec ses dix escadrons (2) et une batterie à cheval. Il atteignit Contay qu'il canonna quelque temps sans résultat. Le mouvement supposé des Français sur la gauche allemande n'avait pas eu lieu.
A peu près à la même heure, ils paraissaient tout prêts à prendre l'offensive à leur extrême gauche. Pour y parer, le géné-
(1) Rappe.
(2) Les six escadrons de la 3° division et le 9'' hussards.
rai de Gceben portait sur Les Alençons quatre des batteries restées près de Saint-Gratien; la 300 brigade appuyait vers Querrieux et Bussy; la 16" division occupait Fréchencourt; la réserve de l'armée et la brigade du prince Albert, qui venait d'arriver à Ami prenaient position près des Alençons. Mais les Français ne faisaient aucun mouvement offensif et ces dispositions restaient inutiles.
Cependant, le mouvement de retraite de l'armée du Nord avait commencé sans éveiller l'attention des Allemands; de fortes colonnes aperçues depuis 2 heures avaient pris des directions divergentes, dont il leur était impossible de deviner le but. Vers 3 heures seulement, l'affaiblissement des troupes de première ligne parut évident devant l'aile droite allemande. Pourtant, le général de Manteuffel ne songea nullement à troubler les mouvements que paraissait exécuter son adversaire. Cette attitude passive semble extraordinaire quand on la rapproche du bulletin de victoire envoyé par lui au grand quartier général.
Il s'était borné jusque-là à conserver ses positions de la veille, avec quelques changements insignifiants. Si les Français les gardaient de même, il avait l'intention de changer la direction de son attaque; au lieu de se porter de front sur la ligne française, il l'aborderait par Corbie, c'est-à-dire en arrière de son aile gauche.
La petite ville de Corbie était alors, nous l'avons vu, le point terminus de la voie ferrée d'Arras à Amiens ; en outre, elle commandait les deux vallées de la Somme et de l'Encre. C'était donc un point dont la possession importait fort aux Allemands comme au général Faidherbe. Restait à savoir si l'attaque en serait aisée: il fallait traverser la Somme et cette opération pouvait être rendue fort difficile par la nature marécageuse de la vallée. La possession de Daours eût, il est vrai, donné aux Allemands un débouché au nord de la rivière; mais en admettant qu'elle eût permis de tourner les défenses de Corbie et d'amener son évacuation, il eût fallu aborder ensuite des hauteurs d'accès au moins aussi difficile que celles défendues le 23 décembre. En outre, pendant l'attaque de Corbie, la première armée aurait été obligée de consacrer une partie de son effectif à couvrir Amiens et à garder les positions enlevées la veille; dès lors, elle se serait trouvée coupée en deux tronçons par la Somme et répartie sur une étendue qui n'eût pas été moindre de 20 kilomètres.
Rien de moins sûr que le succès de la combinaison nouvelle.
A 4 heures du soir, le général de Manteuffel ignorait encore si les mouvements signalés se rapportaient à une retraite ou à un simple changement de front des Français. Il donna ordre à
la réserve du général de Mirus de se porter, le soir même, sur la rive gauche de la Somme, de manière à attaquer Corbie au point du jour. La i6° division devait appuyer à droite le long de l'Hallue ; la 15e, tout en gardant Daours et les passages de la Somme jusqu'à Amiens, suivrait la réserve générale sur la rive gauche ; la 16e division resterait chargée de couvrir Amiens, en surveillant l'Hallue.
Au lieu de marcher de Saint-Quentin sur Péronne, comme il en avait reçu l'ordre, le général de Senden devait se porter plus au sud sur Ham. Le général en chef prévoyait le cas où l'armée aurait à battre en retraite et il voulait éviter de laisser la 3e division de réserve se heurter à un ennemi supérieur en nombre (1).
Ces mouvements étaient en voie d'exécution, le soir du 24 décembre, quand Manteuffel reçut des informations qui confirmaient la retraite des Français; il se borna à prescrire au VIIIe corps de poursuivre l'armée du Nord si ces nouvelles étaient vérifiées le lendemain; la réserve de l'armée devait, dans ce cas, se diriger vers Péronne par Bray, de manière à se mettre à portée de recueillir les résultats les plus importants de la bataille, en s'emparant de cette petite place.
Les pertes des deux armées avaient été à peu près équivalentes pendant les deux journées des 23 et 24 décembre; celles des Français avaient été de 156 tués, 953 blessés et quelques centaines de prisonniers (2). Le grand état-major prussien donne des chiffres différents : 259 tués et 972 prisonniers non blessés; la vérité est probablement entre ces deux chiffres. D'ailleurs, les plus fortes pertes de l'armée du Nord n'étaient pas celles subies sur le champ de bataille. Comme au lendemain des combats d'Amiens, beaucoup d'hommes, gardes mobilisés et gardes mobiles surtout, avaient quitté leurs bataillons. Quelques-uns s'étaient enfuis jusqu'à Lille. Un certain nombre rejoignit plus tard l'armée; l'ébranlement moral démontré par leur disparition n'en était pas moins considérable : les bataillons de gardes mobilisés surtout étaient entièrement désorganisés et leur retraite était devenue une vraie déroute (3).
Les pertes des Allemands en tués et blessés étaient un peu moindres : 157 tués, 716 blessés et 53 disparus. Les effectifs des deux armées différaient peu, quant aux chiffres des com-
(i) Wartensleben.
(2) Général Faidherbe, Campagne de l'armée du Nord.
(3) Voir, an sujet de la retraite du 23° corps, Rainou, article Albert,
battants réellement engagés ; bien loin de compter de 45 à 50,000 hommes, comme le dit Wartensleben dans son livre (1), l'armée du Nord ne comptait pas plus de 34 à 35,000 hommes (2).
Sur ce nombre, un seul régiment de la division Robin parut sur le champ de bataille ; le reste ne fut pas engagé. La brigade de Lagrange resta de même à Corbie. Les troupes réellement mises en ligne ne comptaient donc pas plus de 23 à 24,000 hommes d'infanterie, 6 escadrons et 78 bouches à feu, dont 12 de montagne.
Les renseignements fournis par le grand état-major prussien sont plus précis : d'après les situations au 2t décembre, les troupes engagées comptaient 22,622 combattants d'infanterie, 2,314 chevaux et 108 (3) bouches à feu. Il y avait donc très peu de différence entre les effectifs des deux armées. Mais c'est à cela que doit se borner la comparaison à établir entre elles. Ni l'organisation, ni l'instruction, ni l'équipement de l'armée du Nord n'étaient à hauteur de ceux de la première armée. En revanche, le général Faidherbe avait l'avantage d'opérer sur un terrain parfaitement connu, très favorable à la défensive. Les deux généraux en chef avaient-ils tiré tout le parti possible des forces dans leurs mains ? Il est permis d'en douterc
En dirigeant une partie de l'armée du Nord à la rencontre des petits détachements prussiens qui gardaient Ham et La Fère, le général Faidherbe avait sans doute pour but d'aguerrir ses troupes, sans qu'elles courussent de grands risques. Ce résultat fut pleinement atteint ; en revanche, l'éveil fut donné aux
(1) Ce livre, Les Opérations de la première armée sous le commandement dit général de Manteuffel, cotitient beaucoup d'inexactitudes sur la bataille de Pont-Noyelles ; il attribue à l'armée du Nord des pièces de position qu'elle u'eut jamais, de grosses pièces de marine qu'elle eut encore moins. Eu outre, il donne au général Faidherbe l'intention de débloquer Paris lors de la marche sur La Fére et Amiens : nous avons vu ce qu'il faut en penser.
(2) Si les effectifs eussent été complets, les 56 bataillons, les 6 escadrons et les 14 batteries de l'armée auraient atteint un chiffre d'environ 44,000 hommes ; mais il était loin d'en être ainsi. Il résulte de différentes correspondances que l'effectif des bataillons de gardes mobilisés n'était pas de plus de 600 hommes en moyenne quelques jours avant la bataille. A plus forte raison, les autres bataillons, qui venaient de faire une marche de quinze jours, avaient-ils un effectif encore plus amoindri. (Voir Ramon, article Albert.)
(3) Ces 108 bouches à feu tirèrent 3, 660 coups (X. Tanera l.
Allemands ; ils apprirent trop tôt que l'armée s'était reconstituée et qu'ils devraient compter avec elle. La marche sur Amiens, qui aurait pu donner les plus grands résultats, si elle avait été inopinée, aboutit finalement à une bataille défensive devant des forces allemandes concentrées ; l'armée du Nord avait perdu l'initiative stratégique, un facteur important du succès.
En somme, le général Faidherbe, du 6 au 22 décembre, avait paru hésiter entre deux plans, qui promettaient tous deux de grands avantages : une marche vers l'est, parallèlement à la ligne La Fère-Laon, qui pouvait jeter le trouble dans les communications allemandes vers Soissons et Reims, et qui devait certainement rappeler de Normandie une grande partie de la première armée ; ou une marche vers l'Ouest, qui pouvait amener une rencontre suivie de brillants résultats, entre l'armée du Nord tout entière et la brigade laissée à la garde d'Amiens. Les deux plans avaient leurs côtés avantageux ;/ie mieux était de prendre l'un ou l'autre et non de les aborder successivement. A la guerre, le pire des partis est de n'en prendre aucun (i): toute hésitation entraîne fatalement des retards qui amènent à leur tour l'échec des meilleures combinaisons.
Quant au général de Manteuffel, il avait, après la bataille d'Amiens, commis la faute de croire l'armée du Nord complètement détruite alors qu'il s'agissait d'un simple échec ; il avait laissé devant elle des forces beaucoup trop faibles, qui étaient destinées à être enlevées au premier mouvement des Français. La première armée ne pouvait à la fois opérer sur la Somme et sur la Seine, tant que l'armée du Nord ne serait pas réduite à la défensive. C'est ce qui explique la marche des événements dans cette partie de la France jusqu'à la fin de la campagne : les troupes allemandes de la Somme exposées à tout instant à des échecs, appelant à elles, pour y parer, des renforts de Normandie, et n'obtenant que des succès partiels sur les contingents de valeur beaucoup moindre qui leur étaient opposés. Et ces inconvénients du plan suivi par le général de Manteuffel auraient été bien plus sensibles s'il y avait eu une direction commune reliant les troupes françaises du Nord à celles de Normandie.
Arrivons à la bataille de Pont-Novelles. A supposer, comme il semble vrai, que le général de Manteuffel ait avec raison pris le parti d'une offensive immédiate, le 23 décembre, il perdit le bon effet de cette résolution par des fautes graves dans l'exécution. Le mouvement tournant de la 160 division se fit dans les plus
(1) Frédéric II, Histoire de nv><> temps.
mauvaises conditions. Comme nous l'avons vu, le général en chef avait assigné au général de Barnekovv une direction trop excentrique, de sorte que vers le milieu de la journée, ses deux brigades étaient encore à 8 ou 10 kilomètres, à vol d'oiseau, des points où elles eurent à combattre. Leur intervention sur le champ de bataille ne put se produire que par un changement de direction, qui les ramenait vers leur point de départ. Leur rôle fut donc à peu près nul : au lieu de tourner la droite française, elles eurent à éviter d'être tournées elles-mêmes. Dès lors, l'attaque de la ligne de l'Hallue ne pouvait entraîner aucun résultat décisif, en raison de la force des positions françaises.
L'emploi de la réserve allemande le jour du 23 décembre prête également à la critique : d'après le plan du général de Manteuftel, la 15'' division devait engager un combat traînant sur son front ; la 16e ferait le mouvement décisif. La place naturelle de la réserve de l'armée devait donc être en arrière de la gauche allemande. Elle fut au contraire placée derrière la 15e division.
L'ensemble du plan du général en chef ne fut même pas suivi, puisque le général de Kùmmer chercha à franchir l'Hallue sans attendre l'effet de l'entrée en ligne de la 16e division. Par suite, au lieu d'employer une partie au moins de ses bataillons de réserve à appuyer le général de Barnekow, Manteuffel fut amené à les porter sur le front de la 15e division, où ils ne pouvaient contribuer en rien à la réussite du mouvement décisif. Ce dernier, en rejetant l'armée du Nord le dos à la Somme et en la coupant de sa ligne de retraite, eût certainement donné de plus grands résultats que la prise de Daours et même de Corbie n'en pouvait amener.
Quant au projet d'attaque sur Corbie, adopté pour le 24 décembre, il était des plus défectueux, nous l'avons dit. Il est permis de douter de sa réussite.
Pour le général Faidherbe, peut-être eût-il pu prendre des mesures plus efficaces afin d'assurer la défense des villages de l'Hallue ; il avait prescrit de les considérer comme des postes avancés, et, sur certains points, les troupes exagérèrent encore . ces instructions en les évacuant au premier coup de fusil ; les plus grosses pertes de l'armée se produisirent au moment où elle tentait de les réoccuper. Quelques travaux de campagne auraient permis de les défendre énergiquement et de reprendre le lendemain l'offensive dans de meilleures conditions, au moment où l'ennemi s'affaiblissait notablement sur l'Hallue. La bataille d'Amiens avait prouvé combien de pareils travaux pouvaient augmenter la force défensive des positions occupées par nos jeunes
troupes. Le temps n'avait certes pas manqué pour fortifier la ligne de l'Hallue et pourtant, les ordres nécessaires ne furent donnés que le 22 décembre, la veille de la bataille, cinq jours après l'arrivée du quartier général à Corbie.
Quant aux dispositions prises pour la bataille du 23 décembre, elles étaient à peu près imposées par les circonstances et la nature des lieux. Toutefois, le front de l'armée eût gagné à être plus restreint : celui adopté de Vadencourt à Corbie présentait un développement de près de 20 kilomètres, assurément excessif. Quant à la retraite qui suivit la bataille, son opportunité est discutable. Elle pouvait entraîner des pertes plus grandes que la continuation de la lutte, si l'ennemi eût poursuivi l'armée. Le général en chef ne pouvait s'attendre par avance à l'inaction inexplicable du général de Manteuffel. Il courait le risque d'une nouvelle rencontre dans des positions qu'il n'eût point choisies et avec des troupes qui auraient beaucoup perdu de leur valeur morale.
Enfin, si l'état des troupes justifiait jusqu'à un certain point la résolution du général en chef, il ne suffisait pas pour expliquer la retraite sous Arras et Douai, qui était dès lors dans ses projets. Il tût été préférable d'occuper une position moins éloignée de la ligne de l'Hallue.
Le général Faidherbe eût ainsi pu tenter, de l'Hallue à la Scarpe, la retraite par échelons qui venait de si bien réussir au général Chanzy dans son mouvement d'Orléans sur le Mans. 11 n'aurait cédé le terrain que pied à pied, en forçant son adversaire à le conquérir à foi ce de pertes. Le moral de l'armée y eût beaucoup gagné et les opérations que l'ennemi allait diriger contre Péronne en seraient peut-être devenues impossibles. L'importance de ce résultat était assez grande pour que l'armée courût quelques risques en cherchant à l'atteindre. Les destins voulurent qu'il n'en fût rien : trois jours ne s'étaient pas écoulés que commençait le siège de Péronne.