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350 hommes tués ou blessés, les Allemands 15 officiers et 99 hommes.
Un seul homme était l'auteur de cet héroïque acte de folie et en avait été la première victime, c'était le garde d'artillerie Henriot; patriote dévoué, il n'avait pu voir sans larmes de rage la honteuse faiblesse de la garnison et de la ville. Il s'était enseveli sous les ruines de son magasin à poudre.
La mémoire de cet homme, à qui, dans d'autres temps, on eût voué des statues, a été l'objet des attaques les plus violentes de la part des écrivains locaux (1). Et pourtant, l'explosion de la citadelle de Laon annonçait le commencement de la guerre nationale. Derrière l'Empire qui s'effondrait, apparaissait tout à coup, en face des armées allemandes, la grande image de la Patrie française, qui ne voulait pas périr. Au lieu de marcher de victoires en victoires jusqu'au portail de Notre-Dame, comme ils y comptaient après Sedan, les Allemands allaient trouver devant eux tout un peuple en armes; pendant cinq mois, ils devaient se heurter à l'effort le plus gigantesque qui ait jamais été fait pour l'indépendance d'une nation.