CHAPITRE VI
Séjour du roi à Rome, Jus<iu'au 15 Janvier. — Lenteur aveo lacnielle marohent les négociations. — Le roi reçoit de bonnes nouvelles des corps expéditionnaires ({u'il avait dirigés au-delà du Tibre et principalement de celui commandé par le maréchal de Rieuz. — Lettres autographes et copies manuscrites de correspondances à ce sujet. -- Lettres de révêq[ue de Saint-Malo , Guillaume Briçonnet, à rarchevêq[ue de Rheims et à la reine. — Bulletins officiels imprimés en France relatant l'entrée du roi à Rome et le commencement des négociations avec Alexandre VI. — - Le duc de Bourbon en fait part à Messeignenrs de l'Hostel-de-Ville de Paris. — Grande procession du clergé de la Sainte-Chapelle, suivi des mendiants et de la Chambre des Comptes de Paris pour remercier Dieu de ces bonnes nouvelles.
E roi, entré à Rome, le dernier jour de décembre, n'eut sa première entrevue avec le Pape que le 17 janvier. Ce long intervalle fut rempli par des négociations épineuses confiées, du côté
iâfi CàXPAG!CE et BrLLXTCCS
d'Al'^sanilre TI , priDcipalement au cardinal de Valence, et du côlê du roi» i Guillaume Bri* fouiiet, ûvèquedc Saiul-Malo.
Mais ces diflicuUês n'apportaient aucune entrare au succès des armes du roi. Il lui arriva durant la première quinzaine de jan\ierl495, d'excellentes nouvelles des corps qu'il avait apédiés de Nepi et de Bracciano au delà du Tibre et qui auraient réussi à couper la retaite du doc de Calabre, s'il ne s*était pas hâté, après Tévaruation de Rome, le dernier jonr de décembre, de gar.ier les frontières du royaume de Naples. Il parait cependant , d'après les correspondances que nous allons relater, que divers engagements eurent lieu entre les troupes aragonaises et des corps français, principalement sur leTibre,doDt les premiers essayèrent de défendre le passage. Les Français, sous le commandement du maréchal de Rieux, obtinrent dans ces rencontres de brillants avantages.
Avant de reproduire les bulletins officiels imprimés à Paris et relatant l'entrée du roi à Rome, ainsi que les préliminaires des négociations, nous donnerons intégralement quelques lettres curieuses adressées par des officiers attachés à rexpédilion d'oulre-Tibre, soit à leurs amis de France, soit à Tévêque de Saint-Malo qui, à ses fonctions diplomatiques et de financier, réunis-
sait aussi, parait-il , celles de chef de Tétat-major de Tarmée :
Double des lectres du capiiaim dom Jouan envoyées à Monseigneur de Saint-MaloàRomme que la Royne envoyé à Mons^ le Vicechancelier *.
Reverendissime père en Dieu très humblement me recommande à vostre bonne grâce. Qu'il vous plaise savoir que depuis derrenierement que je vous ai escriptje me suys trouvé aux champs contre ung numbre de gens
* Pièce maoïiscrite provenant des archives de la maison de Rohan, Bibliothèque de Nantes. La reioe Anne de Bretagne» à laquelle nne copie de cette correspondance avait été expédiée à Moulins, l'avait adressée, en expédition sans doute, au vicechancelier de Bretagne pour qu'il la propageât à son tour, ou tout au moins la communiquât aux de Rieux et de Rohan, qui y étaient mentionnés. Il n'y avait plus, cependant, de chancelier ni de vice-chancelier en Bretagne. Une ordonnance de Charles YIII, datée du mois de mai 1494 et publiée à Lyon, peu de temps avant son départ pour l'Italie, avait décidé que la chancellerie de Bretagne, déjà abolie par le roi durant son séjour à Nantes, serait remplacée par une commission de quatre membres, laquelle fut, plus tard, portée à six. Philippe de Montauban, gouverneur de Bretagne, devait la présider, assisté , comme vice-gouverneur, de Guillaume Gueguen , évéque de Mirepoix et abbé de Redon. Il n'y avait donc, en 1495, ni chancelier, ni vice-chancelier de Bretagne. Mais probablement ces anciens titres continuèrent d'être donnés , par courtoisie, au gouverneur et au vice-gouverneur chargés de présider la commission du scel
128 CAXfAGXB n BIJLI.ETI5S
d*armes à pié que le duc de Calabre et le seigneur Vi^ gtlle (Orsini) enTojèrent à TaiUecorsse (Tac^iacooo) pour garder le passage dudit Taillecorsse,et nous noos baptismes avecques eulx tellement qu^ils lurent omtrains s*en retourner. Et après que les gouvemeors dndit Taillecorsse sçeurent que les gens qui estoient com- ^ mis à les garder estoient reculiez et deffaiti, râdreat devers moy disans qu^ilz se Toulloint donner et rendre en l'obéissance du roy» mais qu^ilz n*estoientpas nuûstres du cbasteau, car il y avait forte garnison dedans, de quoy jeudi deraîn, m'en Tins audit TaiUecorsse» et feii tant que je prins le cbasteau et quatre yingU bonunes d'armes dedans» et pareillement mis en l'obéissance da roy quinze ou vignt villes et cbasteaux autour dudit TaiUecorsse» dont U y a troys villes imprenables, et pareiUement aujourd'uy suys aUé devant LescbeUe ^ devant Pente, lesqueUes se sont rendues en Tobeissance
qui remplaçait Tancieone chancellerie réunie par le fait à celle de France. Ce serait alors à Guillanme Gaeguen qa*aaraient été adressés , par ordre de la reine , ces duplicata qui, copiés à leur tonr, se sont retrouvés dans les archives de la maison de Rohan. Ces copies successives expliquent en partie les erreurs et les altérations qu*on y rencontre et qoi rendent souvent fort difficile le rétablissement du texte et da sens primitif.
Il serait possible aussi que la jeune reine, en continuant de donner ces titres à deux Bretons, protestât contre l'annexion de la chancellerie de Bretagne à celle de France; ce qui était, au fond, une violation de la constitution bretonne, garantie par son <ioutrat de mariage.
DB LA GRANDE ARMÉE D'iTAME. 129
du roy avecques sept ou huyt autres Tilles et chasteaulx qui sont des seigneuries desdictes Tilles. Escript à Taillecorsse le ixe jour de jauTier. Le tout Tostre humble serTiteur,
DoM Jouan.
C'est à roccasion de cette lettre que H<f de Saint- Malo adressa la suivante à rarcbevèque de Rheiras :
Double des lectres de Monseigneur de Sainct'Maîo escriptes à Monseigneur de Reims, faisant mencion duditcapin taine Dom Jouan '.
Le dessusdit capitaine Dom Jouan n'a aTOcques luy que cinq cens hommes de pié et trente lances.
Messire Grassien de Guerres est à dix lieues de luy qui a mille hommes de pié et soixante hommes d'armes.
Le prefait de Romme frère de Monseigneur le Cardinal Sancti Pétri ad Vincula est sur les marches d'Âcquille (Aquila), qui a, à la solde du roy, deux cens hommes de pié et cent arbalaistriers de choTal.
Leroy fait marcher Ters TAcquiUe (Aquila) et Sienta Ducalle {Citta ducale) Monseigneur le mareschal de Rieux avecques six cens hommes d'armes, cinq cens arbalaistriers de cheTal et deux mille hommes de pié,
* Bibliothèque de Nantes. Copies manuscrites proYenant des arclÛTes de Blain. Le capitaine D. Juan était un gentilhomme lorrain. Il ayait combattu à Nancy dans l'armée du duc René.
130 CAMPA6NK ET MJLLKTIIIS
fN>iir les feîre meetre en l'obéissance dn roy. Et y a iej gens dudit Rieux qui ont Dût faire secrètement les bannières du roy pour meetre sur les antres places deppendans desdictes seigneuries , qu'ils ont enToyèes de par deUu
Le duc de Galabre et le prince de Haulte-Meure (Alta- Mira) son onde sont oudict eartier, aux passages, mais n'ont pas puissance ainsi qu'on dit pour résister.
Nostre Seigneur veuille tout conduyre.
Voici une autre lettre autographe, signée d'un des capitaines de rarmée que nous retrouvons plus tard parmi les chefs du corps d'occupa* lion » laissé par le roi dans le royaume de Naptes. Il s'appelait Bernart de Percy, et Gomines en parle comme d'un gentilhomme d'Auvergne. Il avait tout au moins de nombreuses relations en Bretagne, et, comme nous allons le voir, il en connaissait les principales villes. Peut-être y avait-il fait la guerre de l'annexion. Il n'est pas douteux qu'il servait en Italie sous le commandement du maréchal de Rieux, qui avait été maréchal de Bretagne sous le duc François II et tuteur de la duchesse Anne '.Nous croyons même que quelque lien l'attachait à la maison ou à la famille du maréchal. Le roi avant son départ
* Ilmonrut en 1518.
d'Italie lui conféra une riche dotation dans la Fouille.
Monsieur de la Muce ', je me recommande à tous , mais c'est du meilleur endroit de mon cueur, et pour vous faire savoir les nouvelles de par deçà, je vous advertis que le roy fist son lieutenant général de Favant garde, Monseigneur (deRieux), lequel reffuza la charge, mais tant ne se put excuser que elle ne luy demourast, laquelle il a tousjours conduite par un quartier ou Ton l'a mis, sur terre d'ennemys des Ursins, où il a eu beaucoup à souffrir, car en nostre chemin nous avons esté contrains de prandre cinquante villes ou places dont la moindre valloit mieulx que Saint-Malo ni Brest, et oultre avons eu deux grans empêschemens à passer deux rivières qui estoient en nostre chemyn, dont l'une s'appelle le Tybre et Fautre la Nera* ; lequel Tybre nous a faUu passer à la nage, et prandre trois places sur le passaige de par delà, avant que seurement l'on peust passer le bagaige. Au regard de la Nera nous y avons cuydé faire ung pont, mais il nous a esté deffendu par les gens du duc de Gallabre, et ne lepeusmes
^ Hus de la Mnssc , seigneur de la Masse et de la Perrière en Ligné et de Ponthus en Petit-Mars. C'était le dernier représentant de cette ancienne famille bretonne. Sa fille unique, Françoise, épousa» en 1500, Jean Chauvin, fils de Guillaume, chancelier de Bretagne. Leurs enfants prirent le nom et les armes de la Musse. Fondus en 1678 dans Goyon de Marcé.
' La Nera se jette dans le Tibre au-dessous de Narni.
132 CAMPAGNE ET BUIXETDTS
faire pour la force de Teau et de la montaigne quiestoit de leur costé, et feusmes contraints prandre ung autre chemyn pour passer ladicte ripYière de Nera, là où trouvasmes des villes contre nous et en mismes une à feu et à sang. Et pour la crainte de celle-là la cyté de 'Terni où estoitle pont pour passer nous donna logeiz et passaige, et tous promectz, ma foy, que si n'eust esté cela nous eussions prins le duc de Gallabre, et touz ses gens, qui s'enfuyoit de ceste ville à Naples, mais si bien ne sceut il nous éviter qu'il ne luy coustast trante ou quarante hommes d*armes, et quatre ou cinq cens hommes de pié, sans parler des cofiGres et hardes dont l'armée de mondit seigneur en a esté bien refireschie. Et si avançâmes gaigner sur euli et primes à force une ville nommée Monterotondo là où mondit seigneur se logea avec 111 hommes d'armes, et dans huict petites villes qui sont alentour a logé toute son armée où ilz se refreschissent. Et entendez que tout est logé entre cy et Naples , où si affaire nous feust venue le roy ne nous eust sceu secourir, pour ce que la rivière du Tybre est entre les deux.
Dès qu'il (le maréchal) eust logé son armée s'en vint en ceste ville devers le roy, lequel luy fist la meilleure chère du monde, et ne savoit comment le traiter, et m'est avis que il en emporte le bruyt des gens de par deczà, car il n'y en anulz qui ne désirent estre alentour de luy pour la bonne chère qu'ilz voyent que le roy luy fait, et aussi que sa personne le vault, et que ses ennemys le redoubtent plus que tout autre, car il est aymé et doubté, et large en despense plus que nul autre, et
DE LA GRANDE ARMÉE D'iTALIE. 133
pleustàDieu que yeissez la maison qu'il tient dont tous seriez tout esbahy.
Je vous advertis que demain il s'en part aTecFaYantgarde , tirant au royaulme de Naples , et droit à une Tille qui se nomme Acquilla (Aquila ) qui n'est guères moult moindre chose que Paris, et ay espérance que Dieu luy donnera si bonne fortune qu'il en viendra au dessus, et ne tous sauroye raporter les bonnes fortunes et bruit que Dieu et gens luy donnent, dont par d'autres plus que par moy serez adverty.
Au regard des faiz du Pape et des autres choses de par deçà, je m'en tays , car j'espère que tout yra bien pour le roy. Je tous pry me Toillez excuser envers Madame si je ne luy .escriptz, et en especial des deux poins dont elle Touldroyt bien savoir, le premier est du retour de Monseigneur, lequel pense qu'il sera le plus brief qu'il sera possible, pour de l'autre point, je vous dirai par ma foy, que nous sommes dans le pays de Lucresse et qu'il n'y a pas plus de faulte que siPenelopes y estait aussi.
Je vous prie , veuillez advertir Madame de Laval * de ces nouvelles bien au long, et excuser mon papier qui me lault. En vous disant adieu, Monsieur de la Muce, auquel je prye qu'il vous doint ce que votre cœur désire.
Escript à Rome ce jeudi viiie jour de janvier. Celui qui est le tout vostre ,
Bernart de Perct.
* C'était Françoise de Dinan, femme de Guy XIII de Laval. Elle avait porté dans cette maison la baronnie de Châteaubriant. Gouvernante d'Anne de Bretagne , elle conserva un grand empire sur l'esprit de la reine.
134 CAHPAGIIB R lULLITOn
Il faudrait • croyonMioiis » parcourir beaooNi de lettres de ce temps, et les lettres intinm di xr siècle sont bien rares, pour trouTer dans me missive autant de naturel et de simplicité eordiale.
Hais une des pièces les plus remarquables de celte correspondance, qui provient tout entière des archives de la maison de Rohan, est la lettre suivante adressée de Rome, à la date du 18 jet vier, à la reine Anne de Bretagne par Guillaoïne Briçonnet, évèque de Saint-Malo. Transmise, comme deux des missives précédentes, par b reine à Guillaume Guegen, elle s*est retrouvée, comme elles, dans le char trier du ehftteaa d^ Blain.
Lettres de Mons^. de Sainct Malo eseriptes à la royn^ envoyées de ladkte damime au vice chancelier de Bre^^ taigne»
Madamme très humblement à vostre bonne grâce me recommande, et tous plaise savoir, Madamme, que longtemps a ' ne vous ay escrîpt pour ce que on ne savoit quel trayn prandroit ce faiz icy de Romme. Il y a XV s jours que le roy est icy et il n*a encores riens peu
* Pour il y a longtemps, forme italienDe qui ne nous est pas restée. Elle est regrettable, peut-être , an point de vue de la concision.
' Il n'y en avait que treize.
BB LA GRANDE ARMÉE D'iTALIE. 135
conclure avec nostre dit Saint Père , et ne se sont point encore Teuz; j'espère qu'ilz se verront demayn, et que on aura acordé les demandes d'une part et d'autre, et aussitôt que tout sera fait, asseurément en serez advertye. Nostre Saint Père est plus tenu au roy qu'on ne pense , car si ledit seigneur eust voulu obtempérer à la plupart de Messeigneurs les Gardinaulx , ilz eussent fait ung autre pappe en intention de refformer léglise ainsi qu'ilz disaient. Le roy désire bien la reformacion mais ne veult point entreprandre de sa depposicion^ quelque chose qu'il (Alexandre) luy fait de adhérer à son ennemy et ce qu'il fait contre le roy. Il est en l'appoinctement » qu'il (le pape) doibt bailler le turc * au roy pour sa seurté durant son entreprinse, et pareillement doit mectre en la compaignîe du roy Monseigneur le cardinal de Valence ^, son nepveu ou parant bien pro-
*• Il est curieux de rapprocher de ce passage les remarques suivaDtes de Comiues à ce sujet : • Je ne saurais dire si le roy fit bien on mal; toutefois je crois qu'il fit le mieux d^appointcr : car il était jeune et mal accompagné pour conduire un si grand œu\Te que réformer TÉglise, combien qu'il eut le pouvoir; mais qu'il Tenst sçu faire je crois que toutes gens de connaissance et de raison, l'eussent tenu à une bonne grande et sainte besogne. » (Liv. VII, ch. XII.) — L'ambassadeur semble dire que s'il avait été chargé de cette besogne , tout aurait été pour le mieux ! Au reste, toutes les réformes dont il est ici question ne portaient que sur la discipline. Ce furent celles que le ConciU de Trente réalisa plus tard à la satisfaction générale.
' Dans le projet de traité.
^ Zizim.
* César Borgia.
136 GAMPAGICE ET BULLETIITS
chaiiiy plus aucunes places de TEgUse qui sont au roy pour son affaire. G*est assaToyr, CiiyU Ti (GÎTita-Yecchia), port de mer pour recueillir les ^freitJ naTÛres pour le roy, Terrassine, Hostie et Pont k] Genre (Ponte-Conro) qui sont places sur l'enfrie h royaulme. Et quant à Messeigneurs les Gardinanli fi' ont adhéré et adhérent avec le roy, (ik) àemmanâ en leurs estas et offices, et promect le roy rendre é restituer les choses dessus dictes après son emprîM faicte , et pareillement ne toffendre (offenser) en ten^i* rel et spiritueL
Le roy est allé acgourduy par la Tille où il n^afqt point encores esté, où il y a eu une menreilleuse presM de Rommains à le veoyi^ il est aymé et Toulentiers Tes, plus, en partie, que ceDuy qui en est seigneur. Si justiee régnait mieux qu'elle ne fût on seroit bien Tenu partout, et adoré; mais les pilleries et rançonnemenz qu'on fait dont pugnicion ou reparacion n'est point faicte , donnent ung mauTais bruyt, et ceulx qui le font sont soustenuz; quoy que ce soit, chascun n'y fait pas ce qu'il doyt
Les viTres sont merreilleusement chers en ceste Tille; aussi je croy que le roy n'y fera pas longue demeure. Hier arrivèrent à Hostie xxn petiz navires chargez de vivres pour le roy; il en vient bonne quantité sur autres gros navires avec des marchandises, ce qui vient très bien à propos pour le roi et sa compaignie, et aussi à ce que l'argent en retourne en France; à Toccasionde quoy le roy tiendra le plus qu'il poiu'ra le chemyn de la marinne, et aussi que c'est le meiUeur pour aller vers
^ecte (Gaête) et Napples, qui sont les principalvilles du royaume, où, siu* le chemyn, il y a plulurs places et villes du royaume qui sont es mains du ••oy, ainsi qu'il vous plaira veoyr par le double des hitx»e que on m'a escriptes que je vous envoyé '. Plus ample- ^Oixeni on en a escript au roy.
Màdamme devers deux ou troys jours le roy depescliera Messire Jehan Charpentier avec bonnes injonctions pour aller devers le roy d'Angleterre en la cornpaignie de Mons^ de Bussy, qui est en Normandie , lequel Charpentier aura charge dudit seigneur de tout Vous monstrer ; pareillement le roy envoyera devers le roy d'Ëspaigne ung nommé M». Jehan Merlay qui est. . . conseiller, pour delà aller avec injonctions que on luy envoyera , devers le roy et royne d'Ëspaigne pour leur ramentevoyr les promesses qu'ilz ont fait au roy et sermens à ce qu'ilz les vueillent entretenir, que croy bien qu'ilz sont à ceste heure icy à eulx en repentir, car ilz ne pensoient pas que le roy deust venir si avant, dont directement ou indirectement y obvyèrent voulentiers et veullent faire ainsi qu'on dist , en prenant leur coulleur sur l'ayde qu'ils veulent faire à nostre Saînct Père à ce que on ne le troublast pas.
Si ce que dessus est appoincté avec nostre dit Saint Père , ce qu'on espère estre fait enuyt (aujourd'hui), il n'y aura plus cause ni raison s'ilz ne veullent aller contre la promesse et serment de ne pas donner aide au roy Alphonse 2. Le roy veult aussi envoyer une
* Leurs de don Juan ci-dessus.
* Cette phrase et la précédente ont été évidemment altérées
138 CAMPAGNE BT BCLtRIHS
ambassade Ters le roy des Ramains » Mons^ da chage, ou ung autre» et m'a dit qu'il le Teult fiûre nwà qu'il parte de ceste ville.
Madamme , Dieu merey selon le temps tout s'est Vm porté jusques icy. llier mourut Valoys et deux arddn de la garde; tous ayez bien sceu la mort de SaOefOrt qui fot tué devant Civyta Veche (?ecchia), dont est dommaige. Nostredit srigneur vueille le demourant gv* der et conduyre. Chacun désire qu'on fesse diUigBM de foire ce qui est affidre pour plustost t'en re* tourner.
Madamme , on n'eust pas pensé que les choses fBOisent Tenues si a propos ne siiést qu'elles sont, et croîs fermement pour abréger que c'est ouTraige de Dieu et non pas des hommes; car je ne Toys personne qui ne tachât Toulentiers que le roy s'en retoumast, et meet on plus de payne à tout rompre que à aTancer., J'ay dit au roy, de par oostre Saint Père, (ce) que lûy (le roi de Naples), Touloyt foire; cest assavoir, de luy donner ung million de ducatz pour son deffiroy, et quelque somme tous les ans qui eust été pour le moyns de cent mille francs, et que ledit seigneur (le roi de France), se fust désisté de son emprinse de Napples , et de ce offroyt bailler pièges la seigneurie de Yenize, le roy d'Espaigne et autres, ce que ledit seigneur n'a voulu accepter. Je crois bien que nostredit Saint Père luy en
paries anciens copistes; avec un peu d'attention, il est cependant possible de les comprendre. Nous verrons avant peu combien le roi et son ministre avaient raison de se défier dn roi et de la reine d'Espagne.
DE LA GRANDE ARMES D'iTALIE. 139
pourra encores parler. On ne saura frapper mauvais coupz, mais que ce soit à Thonneur et avantaige du roy que nous devons tous désirer. Dieu y vueiile mectre et envoyer ce qu'il scait estre nécessaire, et ramener le roi et sa compaignie en bonne seurté en France.
Madamme, je me recommande tous jours très humblement à vostre bonne grâce , et vous plaira me commander vos bons plaisirs pour les accomplir à mon pouvoir, à layde de Dieu, auquel je prie qu'il vous doint très longue et bonne vie.
Escript à Romme , le xm' jour de janvier.
Cette missive du principal ministre de Charles VIIÏ, la seule, croyons-nous, avec le billet écrit à l'archevêque de Rheîms et une lettre adressée de Naples à la reine , le 20 mars suivant *, qui soit parvenue jusqu'à nous, donne une idée complète de la politique du jeune roi vis-à-vis du Sainl-Siége. Elle en montre tous les ressorts. Elle nous permet d'apprécier la modération, l'adresse et la prudence qui y présidaient, malgré tous les efforts et les entraînements contraires. Il ne faut pas oublier, disons-le à l'honneur de Briçonnet, qu'elle est signée d'un prélat accusé par tous les historiens, non-seulement d'avoir conduit le roi en Italie par ambition du
* Voir ci-aprés.
140 CAMPAONI BT BUIXRIHS
cardinalat» mais d'avoir en mainte oocadonacrifié ses devoirs de ministre et de conseOtar intime de Charles YIII» sur leqael il avait sui doute une grande influence» an désir d'obtenr la pourpre romaine. Nous voyons dans ertie lettre qu'il avait eu déjà , à la date du 13 janviflr. une ou plusieurs entrevues avec Alexandre Yl, pour suivre les négociations entamées entre le palais de Saint*Marc et le château Saint-AngB. Le pape, fidèle à son système et à son alliance avec la maison d'Aragon » et il était » comme prince temporel, parfaitement libre d'y jfct* sister, s'obstinait à employer tous les moyens de détourner le roi de la conquête de Naples, en se Ikisant» jusqu'à cette extrémité, Tintermédiaire des offres, de plus en plus séduisantes , de Ferdinand. Si Briçonnet avait été dominé par l'ambition qu'on suppose avoir été Tuuique mobile de sa conduite , n'étaitn^e pas pour le prélat une magnifique occasion d'obtenir, aux dépens de son maître, la faveur du pontife dispensateur de la barette? Et cependant rien ne se fera, dit-il dans cette lettre à la reine (on nefirappera aucun coup), « si ce n'est à l'honneur et avantaige du roy que nous devons tous désirer. » Souhaitons que cette dépêche , dont rauihenticilé n'est pas douteuse, et dont la rédaction n'aurait pas été désavouée
tiabile cardinal Mazarin» serve à réhabiliter, ue jour, près des bistoriens futurs, la méd'un bomme que la jalousie de Comines justice des annalistes italiens ont fait dese, sous le rapport du talent et du carac*" nflniment au-dessous de la place à laquelle it droit.
nt de donner la suite des bulletins officiels ;és par le roi à M. de Bourbon et qui nous ont au courant des négociations , nous deons la permission d'insérer ici une lettre tard Matbieu de Bourbon , celui-là même fsta prisonnier entre les mains des Vénià la bataille de Fornoue. Elle fut adressée me, le 13 janvier 1495, à son frère le barbaries resté en France.
frère, je me recommande à vous, etc. '.
[u'à ce soir, que la poste est partie de caste ville , n'avoit point encores parlé à nostre Sainct Père , larlementaient d'un costé et d'autre, et en ces pars y a eu des grans debatz. Il y a eu aussi ung des rs escossays de la garde du roy tué auprès de luy,
thieu de Bourbon, ainsi que son frère Charles, était fils de Jean II, dac de Bourbon. Il fut appelé le grand à cause de ses éminents services, et mourut général enne, gouverneur de cette province et de la Picar-
142 CAMPAGNE ET BCLLETINS
d'autres petites folies, et tant que le roy a foit<MMr|^? la teste à deux Suysses, et pendre ung des archienè sa garde. \^
Le Pape a délivré les Gardinaulz qu'il tenoit pricsoiniers, et a baillé le turc .entre les mains de lionsr. <k |k Sainct Denis, il est question qne le Pape donne en hoitage le cardinal de Vallence, qu'on dît être nepveade son frère.
Le roy de Napples tient l'autre filz *, qui a espousé sa fille, lequel n'est riens que le pape ayme tant, ethj a mandé ledit roy (de Naples) que s'il baille du secoon au roy (de France), et luy fiiit nulle ayde, qu'il lui fera couper la tôte, et n'est riens de quoy le pape ait s grant peur.
Le roy fait beaucoup de demandes, n demande beaucoup de places et des ports de mer, pour se fournir de vivres, et aussi afin qu'il ne luy puyssent nuyre.
Le duc de Galabre s'en est party de ceste ville avec ses gens à sauf conduit, et a mis le feu partout ou le roy doit passer. Il a tout bruslé , et n'est demeuré ni mesons ni burons (chaumières), ni vivres à dix lieux autour où le roy doit passer.
Le roy de Napples amasse le plus de gens qu'il peult, délibéré de se deffendre, et venir au devant à l'entrée du royaume. Là sera le gasteau departy (partagé). Il est mort en ceste dicte ville des gentilz hommes, entre les autres Sallevert , escuier d'escurie, et Valoys, lieutenant
* Don Guiffré, le plu? jeune des Borgia et encore enfant.
-^hi grant seneschal de Normandie. Et à dieu, mon frère, que TOUS doint ce que tous desirez.
Escript de Romme, le xnie jour de janTier K
Le bruit que Mathieu de Bourbon accueille ici touchant de prétendues menaces du roi de Naples dirigées contre le plus jeune des Borgia , marié, comme on sait, à une des Ailes naturelles du roi de Naples, n'a été reproduit par aucun historien. C'était une rumeur mal justifiée d'ailleurs par l'obstination d'Alexandre VI à servir jusqu'au dernier moment la cause de la maison d'Aragon , et qui prenait peut-être sa source dans la froide cruauté qu'Alphonse avait montrée depuis son avènement au trône.
Après avoir épuisé les correspondances manuscrites datées de Rome, reprenons la suite des bulletins officiels imprimés et publiés en France.
« Entrée du roi à Rome, » tel est le titre pompeux de la première dépêche que nous rencontrons. Hais , datée du 12 janvier, elle s'occupe principalement, après une courte mention
» Le maDUScrit de la Bibliothèque de Nantes porte en suscriplion : « A mon ires redoublé seigneur Monseigneur de Rohan. » C'était la suscription de la copie adressée à la maison de Roban, soit directement par la reine, soit par le vice-chancelier de Bretagne.
144 GAMPAGXB ET BULLBTINS
de rentrée du roi dans la capitale du monde chrétien» des négociations non encore conclae» avec le château Saint- Ange. La voici :
Le roy fîst son entrée à Romme le mercredy dernier jour de décembre ayecques grant puissance de gens d*armes armez et bien appoinctez, et les capitalises qui les conduisoient honnorablement par ordre tant à pié que à cheval. Et y entra nostredit seigneur de soir sans que le Pape en sçeust riens jusques au lendemain. Et quand il le sçeut envoya à nostredit seigneur lui requérir donner saufconduit au duc de Galabre, ainsi que cy après plus aplain est desclaîré par les lettres qui sensuivent, datées à Romme du douziesme jour de janvier.
S'ensuit la rescription du roy à Monseigneur de
Bourbon.
Mon frère, de Neppe (Nepi) * vous escripvis bien au long de mes nouvelles, et Testât en quoy pour Theure estoient mes affaires. Depuis, nostre saint père le Pape a plusieurs foys envoyé les ambassadeurs devers moi; et moy de ma part j'ay envoyé devers luy des miens. £t tellement ont esté traictées les choses que quant il a veu que j'approuchoie avecques une partie de mon armée de cette ville de Romme , et que en icelle j'avoye bonne intelligence , il a donne chemin au duc de Galabre et à ses gens. Et s'en est allé ledit duc de Galabre
* Cette lettre a été perdue.
DB LA GBAMDB ARMÉE d'iTALIE. 145
dedens le royaume de Napples. Et avant son partement nostre dit saint père , entre autres choses qu'il demandoit, me fist requérir par plusieurs legatz et cardinaulx bailler seureté et saufconduit audit duc de Galabre et à ses gens pour plus seurement eulx se retirer de peur de la rencontre de noz genz; ce que à sa requeste je lui octroiay liberallement. Et le print et accepta nostredit saint père , en la forme dont je vous envoie le double cy encloz «. Aussi nostredit saint père a mys à pleine délivrance les cardinaulx Ascanyo et de Saint-Severin et me les a envoyez au devant avant mon entrée en ceste dicte ville.
Depuis ces choses je me suis tousjours approuchié , et suis entré en ceste dicte ville avec la force de gens d'armes et gens de pié que j'ay voulu. Mais à l'occasion de ce que encores il n'y a rien de conclu entre nostredit saint père et moy touchant ce que je lui ay requis et demandé , pour ma seureté , je ne Tay veu ni parlé a lui , combien que je m'en soye mis en tout devoir et raison. Toutefois je suis toujours après pour besongner avecquesluy, et y conclure. Ce fait, je despescheray la poste par laquelle je vous feray entièrement savoir tout ce que fait y sera.
Mon frère, veu la grand déclaration que nostredit saint père a faite jusques cy de porter et favoriser mon adversaire en gens, places, argent et autres aides et
*■ Ce duplicata manque dans le bulletin imprimé. Du reste, les hostilités commises par le duc de Calabre durant sa retraite avaient annulé radicalement Tacte de générosité du roi de France.
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practiques qu'il a menées et coaduittes lecretemMl à mon detanuitaige et pr^odiee, je suii eoueillié nrlMI enTers lui asseurer mon paiiage et BMm cas. Car ùjè ne le faisoye tous entendes asses rincMi?eDieHl et ma qui m'en pourrait advenir.
Au demourant, mon frère, fi^receu une lettre de vdOB du quinsiesme de décembre par laqudle tous me McHi savoir qu'aves mandé aux capitaines estaas sur les otremites du royaume qu'ils &eent les gensdannes tamr chascun en sa garnison 9 ce qui a esté très Inea lut B je TOUS prie mon frère y SToir l'œil, et tous en dottsr garde. Aussi je suis seur que bien fiiîre le sçaure^
Pareillement a esté très bien adTisé de finre msltre sus et tenir (nrèls les arrières bancset francs ardôm pour si a£GBÂre Tenoit en quelque endroit de noslre royaume que l'on les peust plus promptement recoofrer et s'en serrir.
Vous ayes bien fait de communiquer au mareschal de Baudricourt touchant les affaires du pays de Bourgogne, et de l'aToir renvoyé pour y Teiller et donner ordre au dit pays.
Mon frère, pour ce que je sçay qu'il fouit faire des Toyages et autres fraitz pour mesaffiûres, j'escripsaux generaulx Gaillart et de Normendie pour faire payer tout ce que tous ordonnerez.
Au surplus, j'ay sçeu qu'il a esté fait quelque désobéissance au bailliage d'Alençon par les officiers qui y sont et m'a-t-on adverty que la désobéissance est grandement contre mon auctorité. A ceste cause je vous prie TOUS enquérir et informer, et en ce que requerra don-
DE LA GRANDS ARMKB O'iTAUE. 147
ner provision. Faictes-le. Et ayez bien regart que telles choses n'ayent point lieu en mon royaume, car tous savez assez les inconvénients et maulx qu'eUes peuvent causer en ung pays.
Mon frère , faictes moy souvent savoir de vos nouvelles, de ce que surviendra , et je vous manderay des miennes. £t adieu mon frère. Escript à Ronmie le xii jour de janvier.
Mon frère , j'ay eu nouvelles et lettres de mes gens que j'ay envoyés devant, que deux comtéz estans en mon royaume de Napples se sont reduictes et mises en mon obéissance et qu'il y a es dictes comtéz ung grant nombre de bonnes places, desquelles je pourroye estre servy et secouru en mon afifaire et entreprinse.
Et pareillement j'ay esté adverty que ceulx deTAquilie (Aquila) désirent se mettre entre mes mains, et n'attendent sinon que je leur envoyé des gens pour ce faire; et espère en brie£s joursjàl'ayde de Dieu, vous en mander bonnes nouvelles, et de toutes autres choses. Ainsi signé : Charles. Et dessus : A mon frère le duc de Bourbon et d'Auvergne.
S* ensuit comme les cardinaulx vinrent parler au roy,
luy estant dedens Romme.
Deux jours après que le roy fut entré à Romme , le cardinal de Valence * vint par devers luy avecques (dusieurs autres cardinaulx. Adonc le roy leur dist que
A César Borgia.
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pour sa demande fl Todoit trois choses. Lapreodère fN le Pape lui donnast conseil et ajde pour conquérir k royaume de Napples. La seconde que poor assurance de ce iliuy baillast ledit cardinal de Valence en rntage. Et k tierce qu'il Touhnt avoir en sa possession une forte pkcs nimunée le castd Saint-Ange pour se retirer qnantboa luy semblermt Oultre plus fl dist qu'A Tonloit afoir h Turc , lequel ainsi qu'on dit se Teult fidre erestifli. Laquelle demande fut fidcte au Paqie, et pour re^onee le pape dist que àla tierce pétidon fl n'en ftooit riens,eC que quant le roy auroit ledit castd Saint-Ange que Mri ad tfincuia Touldroit estre le plus fort dedens : et qrï ne saurait ou se retraire : et touchant le demounat qu'il ne demandoit riens au roy: qu'A feistcequ'flavoit à fgdre. Et après le roy lui donna encores terme de six jours poiu* penser aux choses dessusdictes. Il est cheu dudit castel Saint-Ange bien quarante toises de la muraille sans y toucher, dequoy les Rommains se ébahissent grandement, et disent que c'est Dieu qui les yeut punyr. On fait tous les jours contreguet dedens Romme nuyt et jour pour garder que les rufiOans ne iacent plus de meurtres, et aussi pour la seurté du roy. Et tient nostredit seigneur le roy très bonne justice et ne yeult nullement qu'on piUe Romme. Le prevost de Tostel du roy nomme Turquer a fait pendre cinq de nos genz en chanqp de Flore, dont il y ayoit deux Mores qui avoient aidé à piller la maison d'un Roomiain. Le roy ne Teult pas qu'on pille riens en sa court, et en toute l'ordonnance de son ost qu'il n'y ait homme qui osast prendre la yaleur d'un denier qui ne soit incontinent
DE LA GRANDE ABMÉE D*1TALIE. 149
puny publiquement, par les prévostz des marechaulx et lieuxtenans '•
On dit communément en Lombardie, et c'est la yoix du conomun peuple, que nostredit seigneur le roy sera de brief seigneur des Ytalies et empereur de Gonstantinople. Et dit on es parties de Napples et es enyiron qu'il subjuguera tout le monde s'il vit encore dix ans. Dieu luy doint bonne prospérité, santé, joye et paradis.
S'ensuyt la rescription que a faicte M^ de B&urbon à iftrw de Vostcl de la ville de Paris.
Très chers et bons amys : il a pieu au roy m'escripre et faire savoir de ses bonnes nouyelles par la poste qui est aujourdhuy arrivée. Et pour ce que je suis asseuré que en desirez fort savoir vous en ay bien voulu advertîr, et vous envoyé le double des lettres dudit seigneur afiSn que veyez comment, Dieu-mercy, les afifaires se portent très bien , dont je suis très joyeux et croy que si serez vous. Et tousjours de ce que je sauray en serez advertiz. Et très chers et bons amis, messeigneurs, nostre seigneur vous ait en sa digne garde. Escript à Molins le XXIII jour de janvier. Ainsi signé Pierre.
Et à Toccasion de toutes les choses dessus dictes de la grant puissance donnée audit seigneur par la vertu divine , messeigneurs de la saincte chappelle du Palais
* Nous avons tu que Tévêque de SaintrMalo n'était pas aussi satisfait de la police de Rome.
150 GAWAmi DE LA GMAHDI AUlil D'ITAIH.
à Paris ensemble les ordres des quatre mendîeni de Paris en firent notables processions en portant le Mi de monseigneur saint Haise qui ftit pape de RoDBDe et après cela messeigneurs de la chambre des comptei ei grant derotion K
* fiibliothéqae de NintM. InpriiBé an ctnctèret foth^iMt sans nom , ni date; relié à la suite des Poésies de Jebaa Mttchinot.