‹ Campagne et bulletins de la grande armée d'Italie commandéeChapitre 20 sur 27 · CAMPAGNE ^T BULLETINS · texte numérisé non relu

CAMPAGNE ^T BULLETINS

Monsieur d'Armenge , quarante lances ; Monsieur de Vergy *, trente lances ; Messire Robert de la Marche , trente lances; Monsieur d'Oysans , quarante lances ; Espry, vingt-cinq

Somme : IX cens LXX lances ; Plus les deux cens gentilshommes, Les pensionnaires ,

La compaignie de messire Jacques de Triyulce qui a ordonnance.

Sans les Coulonnoys et les Vitellis dont le roy se pourra ayder.

Gens de pié :

Suysses et Gueldroys, III mille V cens; Le maistre 2 de rartillerie , cent ; Jehan de la Grange 5, cent; Monsieur d'Oysans, quatre-vingtz ; Francoys monsieur de Luxembourg, deux cens dix ; Espry, cinq cens; Monsieur d'Aubijoux, troys cens; Entraigues *, six cents ; Monsieur de Bresse, deux cens; Plus, à cheval, LX.

Somme : V mille VII cens quatrevingtz hommes.

* Guillaume de Vergy, sénéchal de Bourgogne, morl en 15'20. ' C'élail Guynol de Lousieres, maître d'hôtel du roi.

' Bailli d'Auxonne.

* Ruffec, S' d'Enlraigues cl des Dunes.

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I^s garnisons de Pyze, liTourne*, Pietra-Santa, Sarzanne et Sarzanella, IX cent '.

£stat de Carlillerye que le roy mènera quant et luy.

Canons serpentines, six.

Grosses coulevrines, deux.

Faulcons, vingt-quatre.

Goulevrines moyennes , deux cens.

Boulctz serpentines, six vingtz.

Bouletz aux grosses coulevrines, deux cens.

Pouldres , douze miUe livres.

Plomb , quatre mille livres.

Pelles, piques, tranches, piques de chèvres, iiii cens.

Tables , faucilletz de fer , grosses lanternes , de la pesanteur de deux mille livres.

Pour demourer a Naples. — S*ensuyt les compaignies des gens d'armes d'ordonnances ordonnées pour la garde du royaulme de Naples.

Monsieur de Montpcncicr >, cinquante lances. Monsieur d'Aubigny, cinquante lances.

Monsieur de Gbampcroux, cinquante lances. Monsieur le grant cbambellan, cinquante lances. Monsieur de Percy, cinquante lances.

*■ Ces garnisons étaient restées dans les places susdites des Florentins et devaient être recueillies au retour.

' Gilbert de Bourbon , comte de Montpensicr, fils de Louis et «Le Gabrielle de la Tour, fille de Bertrand VI, comte d'Auvergne. 11 avait épousé Claire de Gonzaguc, de la maison de Mantoue. H mourut à Naples.

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Monsieur d'Alegre S cinquante lances»

Monsieur de Serve , cinquante lances.

Monsieur Gabriel, cinquante lances.

Le capitaine Odet ou son nepyeu (Ngnohas^ ciaquaMB

lances.

Georges de Sully, cinquante lances.

Le baiUy de Dijon', trente lances.

Monsieur de Dompjulien , trente lances.

Le roy d'Ivetot, quarante lances.

Messire Gracien de Guerre *, cinquante lances. Julien Boumel, trente lances.

Le bailly de Vitry, trente lances.

Somme sept cens quatre-vingts-deux lances.

CetUx de ce royatUme de Naples.

Monsieur le prince de Saleme , cent hommes d'armes. Monsieur le prince de Vigevanos, quarante, et Prudence,

son lieutenant.

Le marquis de Monferrat, cent cinquante. Le duc de Melfi , quarante.

Le marquis de Bitonto , quarante.

Georges Tiercelin , quarante.

Jehan-Baptiste Garrache, trente.

* Yves d'Alégre, fîls de Bertrand, baron de PuysagutetS' de Busset. Sa sœur, Catherine, épousa Charles de Bourbon-Carency.

* Odet de Riberac.

' Antoine de Bessey, baron de Tricastel.

* GratianoGuerra, capitaine italien.

" ét«it de la maison de Triyulce.

DB LA GRANDE ARMÂE B'iTALU. 279

Messire Loys Taillant, trente.

M essire Trogez Papegail , trente.

Somme cinq cens hommes d'armes , plus Suysses. Autres gens de pyé, quinze cens.

De morte payes , douze cens.

Somme deux mille sept cens homme de pyé.

La lettre suivante, écrite de Naples sept jours avant le départ du roi et de son armée, complète les détails que nous venons de donner * :

Monseigneur de Montpencier demeure par deçà lieutenant et gouverneur gênerai du réaulme. Le roy lui a donné rarchiduché d'Ischia qui estenuneisle de mer, et il est aussi grant justicier cappitaine du chasteau Neuf de ceste ville, avecques plusieurs autres grans biens que le roy luy a donnés ainsi que le pouvoir de donner offices comme on dit. Mons' le seneschal de Beaucaire demeure aussi par deçà, et luy a donné, ledit seigneur, deux duchés et une comté qu'on appelle Nola et plusieurs autres grandes seigneuries qu'il a eues avecque tiltre de duc. Il est grant chanberlant du réaulme , ce qui est ung très-bel office; il ne se despêche riens en ce réaulme qu'il ne signe de sa main, tant en la Chambre des Comptes que autre part. Il est aussi cappitaine et gouverneur du chasteau de Gayete et a soixante lances. Monsi' de Champeroux demeure aussi par deçà. Il est

*■ Bibliothèque de Nantes , copie d'une lettre non signée, fondé de Rohan.

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grant mareschal de ce réaulme, et luy a donné leifc seigneur la duchée de Lecce arec le gouTenieoMit d'Octrante. Monsr Percy est grant seneschal avec plusieurs autres biens. Le bailly de DiQon demeure tam bien apoincté et Messieurs de Guerre, Gabriel de MmIfaucon, Monsr de domp Julien duc de Mont-Sainst- Ange , le roy d'Yvetot et plusieurs autres grans cappltaines. Monsr de Primaudaye y demeure aussi et eit gênerai trésorier de tout le royaulme , et luy a donné ledit seigneur la cité de Molfetta en Fouille à luy et aux siens , ce qui est ung très-beau lieu et grant cit& Tout ce réaume^est en obéissance du roy, fors lesdii isle de Brindes et Galera qui sont tres-fortes et dedans la mer. Monsi* j'ay aujourd'huy ouy dire à Monsr le maistre d*ostel Darisoles y qu'il avoit ouy dire au roy que, sans point de faulte, il partiroit d'icy mercredi prochain pour le plus tard , pour s'en aller en France. Il fait très bonne chère dieu mercy.

Monsr de Ligny a fiancé la fille du feu prince de Hault-Mer (Altamira) qui est seule héritière, et dit-on qu'elle est riche de plus de trente mille ducas de rente, on ne sait s'il demeurera encores. Monseigneur de Montpencier a fiancé une de ses filles au filz de Monseigneur le prince de Salerne.

Monsr d'Aubigny est allé en la duchée de Galabre pour la defifence et garde du pays dont il est viceroy et gouverneur gênerai. Il demeurera par deçà, et luy a fait ledit seigneur plusieurs grans biens. Le bailly de Vitry est allé à Aquila dont il est gouTcrneur et cappitaine , efdemeurera aussi par deçà. Monsr de Rabo-

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^Um^s est capitaine du chasteau de TŒuf de ceste ville •qai est ung fort chasteau, et demeurera pareillement Georges Tiercelin demeure aussi de par deçà gouverneur et capitaine d'Averse, et a eu un comté. Mons' Pecquet demeure par deçà secrétaire de la guerre de ce reaulme avecques le contrerolat gênerai des finances.

Honsi' on a fait ung beau tournoi en ceste ville , où n a esté donné de grans coups , et la plus part des tenans et de leurs aides ont esté blessés. Le pas de Monsi* de Dunay si est très honestement conduit. L'ambassade de Turquie arrivera aujourd'huy ycy. Et plus pour le présent.

Escript a Naples , le xiii» jour de may.

(Non signée).

Huit jours après rentrée solennelle du roi i Naples, le 20 mai 1495, à peine deux mois après la prise complète de possession de sa capitale, puisque les deux châteaux ne s'étaient rendus que le 6 et le 15 mars, Cbarles VIII se mit en marche pour rentrer en France.

Le roi croyait être assuré de trouver à Rome Alexandre VI, qui avait paru disposé à l'y attendre. Mais, suivant les conseils des confédérés, et sans doute conformément au vif désir qu'il en avait , il se retira , bien accompagné, dans une de ses places fortes, et le plus loin possible du passage du roi. La défiance et les soupçons

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d'Alexandre croissant de pins en plus, deujiHin avant l'arrÎTée du roi à Rome, il s'enferma div Orviette, suivi d'un certain nombre de cardinaux et accompagné d'une nombreuse escorte. H avait laissé garnison dans le chfltean Saint-Ange, après avoir chargé Antoine Trivalce , cardinal de Sainte-Anastasie , de recevoir le roi en qualité de légat. Charles entra dans Rome , et , passant par le quartier de Transtevere. il alla loger dans le Borgo, pour éviter le château Saint- Ange. Il refusa même de coucher au Vatican, qui, par l'ordre du pape, avait ôié préparé pour le recevoir.

Le roi, n'ayant fait que traverser Rome, se remit en route. Il comptait encore sur une rencontre avec Alexandre VI , qui lui avait donné respérance d'uoe«entrevue , à moitié chemin de Viterbe et d'Orviette. Mais, cédant à un nouvel accès de frayeur, à l'approche du roi , le pape s*enfuit à Pérouse, avec Tintention, si Charles prenait cette direction, de gagner Ancône, pour se retirer par mer à Venise, ou dans les possessions vénitiennes. Le roi, blessé de ce procédé, n'en exécuta pas moins toutes les clauses de la conventiou signée à Rome. Il rendit les citadelles de Civilla-Vecchia et de Terracine. Il donna des ordres pour que son armée traversât l'État ecclésiastique comme un pays ami. Malheureusement,

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la petite ville de Toscanella ayant refusé d*oiivrir ses portes à Tavant-garde, ce détachement, obligé d'y entrer de vive force , fit payer cher aux habitants leur résistance inopportune. L'armée française, ayant gagné Sienne , évacua entièrement les États de l'Église, hormis Ostie, que le roi ordonna de remettre , après sa sortie d'Italie, au cardinal de Saint-Pierre-ès-Liens , évêque, comme on le sait , de cette ville importante par sa position.

Les principales relations entre Alexandre Vi et le roi, touchant l'expédition de Naples, de* vaient en rester là. On voit que Charles VIII , malgré tous les ménagements dont il avait usé, soit durant son séjour à Rome, soit dans le cours des négociations, n'avait, pour ainsi dire, rien obtenu du Saint-Siège. Le principal objet de son ambition , la consécration religieuse de ses droits sur le royaume de Naples , lui avait été plus ou moins nettement, mais, en dernier lieu, péremptoirement refusée.*

On ne saurait méconnaître que, de tous les États de l'Italie, le Saint-Siège fut, à tout prendre, celui qui opposa le plus de résistance et de fermeté anx projets de Charles VIII depuis l'entrée des Français dans la péninsule. Il ne faudrait pas cependant en conclure que le pape obéit en cette circonstance au désir de sauve-

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garder rindépendance italienne et de repousser rinvasion étrangère. Ce serait ooblier que ee pontife avait été, avec Ludovic Sforze , le premier à inviter le roi de France à traverser les Alpes, et que» peu de temps avant la mort de Charles VIII, brouillé avec ses alliés, il adopta de nouveau la même politique.

Le roi et l'armée gagnèrent Sienne sans difficultés. C'est là que Comines rejoignit son maître, suivant l'ordre qu'il en avait reçu. L'ambassadeur, à son départ de Venise, avait obtenu une audience de congé du doge et de la Seigneurie. Auguste Barbarigo lui avait déclaré que le duc de Milan et les Vénitiens formaient un camp de quarante mille hommes , non pour attaquer les Français, mais dans des intentions purement défensives. Enfin , un provéditeur vénitien , qai accompagna Comines jusqu'à Padoue,lui afGrnia que si les Français n'attaquaient pas les Milanais, l'armée confédérée ne passerait pasl'Oglio. Ce commissaire près des armées paraissait être dans des dispositions si conciliantes, que Comines et lui prirent enseigne ensemble, c'esi-kdire convinrent des moyens propres à s'entendre au besoin , s'il y avait lieu plus tard d'établir quelques conventions pacifiques entre les deux camps. Au reste, l'ambassadeur trouva le roi dans les meilleures dispositions. Du plus loin

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qu'il aperçut Comines, Charles lui demanda en riant si les Vénitiens envoyaient au-devant de lai. L'entourage du roi, jeune comme lui , « ne » croyant point qu'il fut autres gens qui portassent les armes. > Et lorsque le diplomate remit par écrit le rôle des gens de cheval , de pied et des slradiots déjà réunis, renseignement qu'il avait adroitement réussi à se procurer, peu de personnes « Vautour du roi croyaient ce quHl (Usait *. »

Bien qu'il fut prudent de ne s'arrêter en route que le temps nécessaire pour faire reposer les troupes, le roi resta plusieurs jours à Sienne. Le gouvernement de cette cité indépendante, « de tout temps en partialité et qui se gouverne plus follement que ville d'Italie ^, » était livré à une faction appelée Del Monte de Nove, alors en butte à la haine de plusieurs ordres populaires. Ceuxci , sacrifiant leur indépendance à la satisfaction de leurs ressentiments, demandaient qu'on substituât à la garde, formée par la faction triomphante, un détachement français, placé sous les ordres du comte de Ligny. Ce jeune seigneur de la maison de Luxembourg , cousin germain du roi par sa mère, princesse de la

^ Comines.

' Comines.

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famille royale de Satoie, avait r£¥é de se bîie souverain de Sienne et de son tiHTitoire » i la taçon de tant de capitaines et d'ayenturiers de moins bonne maison .qni, depuis des siëdes, en Italie, réussissaient dans de semblabki entreprises. Charles , par condescendance pour le jeune ambitieux, consentit A prendre la ville et son territoire sous sa protection . hormis la forteresse de Montepulciano, que Florence et Sienne se disputaient depuis longtemps. Aussitôt après, les habitants élurent, avec le consente-ment du roi , le comte de Ligny pour leur capi* taine général, et lui assignèrent un revenu de vingt mille ducats , à condition qu'il entretiendrait à Sienne une garnison de trois cents hommes d'infanterie, que Charles consentit à détacher de l'armée française.

Les hautes visées du comte de Ligny ne furent qu'une courte illusion. Aussitôt après le départ de l'armée , la faction Del Monte de Nove reprit sa première autorité, chassa la garnison et con. gédia M. de Liste, représentant du roi de France.

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