‹ Campagne et bulletins de la grande armée d'Italie commandéeChapitre 22 sur 27 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Le roi gagne Pise. — État démocratique de Florence. — Savonarola y était devenu tout à la fois le chef politicpze et le réformateur des mœux^. ~ Le moine dominicain est envoyé à Poggibonzi, où il est admis près du roL — n lui parle en prophète et lui annonce ce qui doit lui arriver. — Entrevue de Gomines avec Savonarola au coUvent de Saint- Marc. — Supplications des Pisans. — Us sont appuyés près du roi par l'armée entière. — Le roi proroge sa décision et refuse les propositions des Florentins. — Lettre du roi à M. de Bourbon; noble langage du jeune prince. — Il détache un corps de troupes pour se rendre maître de Gênes. — Échec de ce corps à Rapallo. — Le duc d'Oxléans

sort d'AstL ,11 s'empare sans difficultés

de Novare. — Terreur de Ludovic qui craint une défection de ses sujets. — Son armée renforcée assiège Novare. — Lettre d'un gentilhomme français sur l'expédition du duc d'Orléans.

B roi , qui avait perdu sept jours à traiter ces affaires au lieu de tirer à son chemin f gagna Pise , où l'attendaient des difficultés d'une nature plus sérieuse encore. Il fallait, en effet, y régler

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garder l'indépendance italienne et de repousser rinvasion étrangère. Ce serait oublier que ce pontife avait été, avec Ludovic Sforze» le premier à inviter le roi de France à traverser les Alpes, et que, peu de temps avant la mort de Charles VIII , brouillé avec ses alliés, il adopta de nouveau la même politique.

Le roi et l'armée gagnèrent Sienne sans difficultés. C'est là que Comines rejoignit son maître, suivant l'ordre qu'il en avait reçu. L'ambassadeur, à son départ de Venise, avait obtenu une audience de congé du doge et de la Seigneurie. Auguste Barbarigo lui avait déclaré que le duc de Milan et les Vénitiens formaient un camp de quarante mille hommes , non pour attaquer les Français, mais dans des intentions purement défensives. Enfin, un provéditeur vénitien , qui accompagna Comines jusqu'à Padoue,lui affirma que si les Français n'attaquaient pas les Milanais, l'armée confédérée ne passerait pasl'Oglio. Ce commissaire près des armées paraissait être dans des dispositions si conciliantes, que Comines et lui prirent enseigne ensemble, c'esUk' dire convinrent des moyens propres à s'entendre au besoin , s'il y avait lieu plus tard d'établir quelques conventions pacifiques entre les deux camps. Au reste, l'ambassadeur trouva le roi dans les meilleures dispositions. Du plus loin

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qu'il aperçut Comines, Charles lui demanda en riant si les Vénitiens envoyaient au-devant de lui. L'entourage du roi, jeune comme lui , « ne » croyant point qu'il fut autres gens qui portassent les armes. » Et lorsque le diplomate remit par écrit le rôle des gens de cheval , de pied et des slradiots déjà réunis, renseignement qu'il avait adroitement réussi à se procurer, peu de personnes « cPauiour du roi croyaient ce qu'il (Usait *. »

Bien qu'il fût prudent de ne s'arrêter en route que le temps nécessaire pour faire reposer les troupes, le roi resta plusieurs jours à Sienne. Le gouvernement de cette cité indépendante, « de tout temps en partialité et qui se gouverne plus follement que ville d'Italie ^, » était livré à une faction appelée Del Monte de Nove, alors en butte à la haine de plusieurs ordres populaires. Ceuxci , sacritiant leur indépendance à la satisfaction de leurs ressentiments, demandaient qu'on substituât à la garde, formée par la faction triomphante, un détachement français, placé sous les ordres du comte de Ligny. Ce jeune seigneur de la maison de Luxembourg , cousin germain du roi par sa mère, princesse de la

* Comines.

' Comines.

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famille royale de Savoie, avait rêvé de se faire souverain de Sienne et de son territoire , à la façon de tant de capitaines et d'aventuriers de moins bonne maison, qui, depuis des siècles, en Italie, réussissaient dans de semblables entreprises. Charles , par condescendance pour le jeune ambitieux, consentit à prendre la ville et son territoire sous sa protection , hormis la forteresse de Hontepulciano, que Florence et Sienne se disputaient depuis longtemps. Aussitôt après, les habitants élurent, avec le consentement du roi , le comte de Ligny pour leur capitaine général, et lui assignèrent un revenu de vingt mille ducats , à condition qu'il entretiendrait à Sienne une garnison de trois cents hommes d'infanterie, que Charles consentit à dé* tacher de l'armée française.

Les hautes visées du comte de Ligny ne furent qu'une courte illusion. Aussitôt après le départ de l'armée , la faction Del Monte de Nove reprit sa première autorité, chassa la garnison et con. gédia M. de Liste, représentant du roi de France.

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