CHAPITRE XII
I«e roi gagne Pise. — État démocratique de Florence. — Savonarola y était devenu tout à la fois le chef politicpze et le réformateur des mœux^. — Lie moine dominicain est envoyé à Poggibonzi, où il est admis près du roL — n lui parle en prophète et lui annonce ce qui doit lui arriver. — Entrevue de Gomines avec Savonarola au coUvent de Saint- Marc. — Supplications des Pisans. — Ils sont appuyés près du roi par l'armée entière. — liO roi proroge sa décision et refuse les propositions des Florentins. — Lettre du roi à M. de Bourbon; noble langage du Jeune prince. — Il détache un corps de troupes pour se rendre maître de Gênes. — Échec de ce corps à Rapallo. — Le duc d'Orléans
sort d'Asti. ,11 s'empare sans difficultés
de Novare. — Terreur de Ludovic qui craint une défection de ses sujets. — Son armée renforcée assiège Novare. — Lettre d'un gentilhomme français sur l'expédition du duc d'Orléans.
B roi , qui avait perdu sept jours à traiter ces affaires au lieu de tirer à son chemin, gagna Pise , où l'attendaient des difficultés d'une nature plus sérieuse encore. Il fallait, en effet, y régler
SOS GÀMPAGKI ET ilILLBTOIS
frère d'Orléans, rovm aTeitrès bien&iide ainnle fiôra^ Il me semble que lesdites proTÎsioiis sont asseï suffisantes pour résister aux entreprinses que pourroit&ire sur luy le seigneur Ludovic, car aTOc les compagnies que j*ay icy avecques moi j'espère passer aisément, mesmement que je ne quiers et ne Teulz rien demander à personne qui ne me demandera rien.
Mon frère , au surplus je suis Tenu jusques en ceste ▼ille sans trouver empeschement ni résistance aucune es terres de l'Église. J'ay passé par Romme duquel lieu le pape avant mon arrivée estoit party, et s'en estoît allé à Orviete , une de ses villes, où il avoit amené avec hiy tous les cardinaulx , réservé celui de SaincterAnastazye qui estoit demeuré dedans le palais légat pour me recueillir. Je vous asseure que par Juy et tout le peuple de Romme j'ay esté très bien recueilly et toute mon armée logée dedans la ville ainsy que j'ay voulu ordonner. Combien que je m'attendoye veoir nostredit saint père entre ledit Orviete et Viterbe , en ensuyvant les parolles qu'il m'avoit fait portei* par les ambassadeurs qui estoient devers moy et les miens que j'avoye envoyé à sa saincteté pour ceste cause , touteffois il a depuis changé propos et s'en est allé dudit Orviete à Perouse, par quoy j'ai depuis renvoyé devers sa dicte saincteté pour tousjours me mettre en mon devoir, et j'ay ordonné que les places de Terracine et autres qu'il m'avoit baillées durant madite entreprinse lui soient rendues et restituées.
Je m'envays le plus diligemment que je puis , et ne sejourneray ni arresteray en lieu ni en place que ce
soit que le moins que possible me sera. Cependant, mon frère, donnez ordre par delà en tout ce qu'il tous semblera estre nécessaire pour le bien de mon royaume et selon que les choses surviendront advertissez m'en de jour en jour.
Mon frère , je suis yenu en ceste Tille de Pize et ce jourd'huy ay reçeu une lettre que vous m'escripvez du douzièsme de ce moys par laquelle tous me faictes savoir que depuis le neufviesme de may vous n'avez eu par lettres nouvelles de moy. Mon frère , je vous ay souvent escrîpt et fait response, mais lès postes comme vous scavez ont esté détroussées et mes lettres retenues , par quoy elles n'ont pu aller à vous , et à ceste cause j'ay fait donner ordre qu'on vous envoyera de nouveau les pièces qui vous sont nécessaires.
Mon frère , ensuyvant vostre advis j'ai fait et fais la meilleure diligence qu'il m'est possible pour m'en retourner. Je ne m'arresteray en lieu que je ne soye par delà. J'ay espérance de vous monstrer des meilleurs ouvriers de toutes choses du monde , et de vous conter de mon voyage et de ce que j'ai veu en Ytalie.
En tant que touche de mander venir devers vous les seigneurs d'Angoulesme , de Vendosme, d'Albret, de Rohan, de Rieux, le mareschal de Baudricourt, l'admirai , mes officiers et gens de villes , et autres bons personnaiges pour adviser de recouvrer argent et y prendre une si bonne conclusion que je puysse estre servy à mon affaire , pour ce faire je vous envoyé une commission et pouvoir tel qu'il a esté advisé ainsi que verrez par icelluy. Je vous prye, mon frère , que en toute diligence la mettiez ou fassyez mettre à exécution , car
HPAUNE ET DtlLLBTINS
VOUi UTM les dépenses qu'il m'a cooTenu faire el qu' convient encores lesquelles ont esté et seront bien grandes i l'orcasion de quoy il est bien requis d"y pour- Teoir en quelque hoime laçon le plus uu souloifeuieul du peuple que fture se pourra.
Au surplus je partiray d'icy dedans deux jours pour n'en aller k Lueqaes et de là à Pietrasanta , el de là l Smesanna et après prendre mon chemin poiv n'en tirer en Asti mnû que je conpioistrai être pour le mieuli et j'espère à l'aide de Dieu aysément passer pa^ tout. Car comme je vous ay escript je ne quiers ne demande aucune chose à homme qui vive qui ne me demandera rien, et qui Touldra empescher mon retour, uiqnd cas je mettrai peine de me deffendre et passer. D me semble que avecques les ^ns de bien que j'a; icy en ma compaignie et reu le grant et bon rouloir qu'ils ont de me faire service, je passeray très-aysément qui que le veuille veoir.
Mon frère, j'ai esié très-joyeus de ce que tous avei envoyé vostre lacaiz s(»iToir des nouvelles de monsieur le dauphin. Je vous prie escripvez m'en souvent, el feictes que les postes courrent continuellement de Moulins à Amboyse pour tousjours vous advertir comme il se portera , et le me faictes savoir par courriers exprès et autres gens que m'envoyez, selon que vous verrez pour le miculx, et je vous manderay de mes nouvelles et de toutes autres choses ainsi qu'elles surviendront. Et à Dieu, mon frère, qu'il vous ayt en sa garde. Escript à Pise le vingliesme jour de juing; ainsi signé :
CBARLES et ROBEHTF.T.
Et dessus : A mon frère le duc de Bowb(M.
en 9
Le roi qui, comme nous Ta vous dit , avait détaché de son corps d'armée les troupes destinées à tenir garnison dans les places de la Toscane, Taffaiblit de nouveau, contre l'avis de plusieurs , en confiant à Philippe de Savoie , qu'on appelait Monsieur de Bresse, pour les conduire à Gênes, cent vingt hommes d'armes et cinq cents arbalétriers arrivant de France par mer. Il ordonna même aux gens d'armes des Vitelli, qui étaient restés en arrière, de faire leur jonction avec ce détachement. C'étaient le cardinal de Saint-Pierre-ès-Liens, Fregose,Obietlo de Fiesque et d'autres bannis de Gênes qui avaient conseillé au roi cette expédition. Une petite flotte, partie de Naples sous le commandement de M. de Miolans , et qui ne se composait que de sept galères et de quatre bâtiments légers, devait en même temps entrer dans la rivière de Ponant et y débarquer des troupes qui feraient leur jonction avec celle de Philippe de Savoie. Tous ces projets échouèrent. Monsieur de Bresse et les bannis de Gênes se présentèrent en vain devant cette ville , qui , pourvue de troupes par le duc de Milan , n'ouvrit point ses portes.
Le détachement débarqué à la Spezzia fut battu à Rapallo même, où nous avions remporté notre première victoire, et, de plus, il le fut par nos anciens alliés, Jean-Louis de Fiesque et Jean Adorne.
306 GAMPAGHI BT MJLLBTINS
Les débris de ces deux petits corps détachés gagnèrent avec peine Asti et ne rejoignirent Tannée qu'au moment où ce secours lui devenait inutile.
Charles avait perdu près de trois semaines en prolongeant ses séjours à Sienne, à Pise et à Serzana. Ses ennemis avaient mis ce retarda profit. De grands mouvements de troupes s*opèraient dans la Lombardie et les provinces vénitiennes. Le duc de Milan , qui venait de recevoir de l'Empereur, avec beaucoup d'apparat, les lettres d'investiture de ce duché et de prêter publiquement serment de fidélité entre les mains de ses ambassadeurs , travaillait à prendre, de concert avec ses alliés , les mesures nécessaires pour fermer au roi le chemin de la France , ou tout au moins pour l'empêcher de rejoindre Asti, en traversant le Milanais. Il avait fait lever deux mille hommes d'infanterie en Allemagne. 11 les dirigea avec d'autres troupes sur Asti, qu'il comptait emporter de vive force. Mais auparavant il envoya , par raillerie , prier le duc d'Orléans de ne plus usurper à l'avenir le titre de duc de Milan , de ne point permettre qu'il passât de nouvelles troupes françaises en Italie; de renvoyer celles qui se trouvaient à Asti et de remettre cette place entre les mains de Galéas de San-Severino, dont le roi , qui l'avait décoré
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de l'ordre de Saint-Michel Tannée précédente , devait être, disait-il, aussi sûr que du duc même.
Le duc d'Orléans méprisa ces bravades *. Ce prince, aussitôt qu'il avait vu la ligue formée , s'était occupé d'augmenter les fortifications
d'Asti. Il avait reçu de nombreux renforts envoyés de France , conformément aux demandes du roi. Se voyant en état non-seulement de ne rien craindre pour lui-même, mais de prendre roffensive avec chance de succès, il ne put résister au désir d'entreprendre le siège de Novare, où il avait de nombreuses intelligences. C'était transgresser les ordres du roi, qui lui avait recommandé de masser ses troupes à Asti , de ne pas attaquer le duc de Milan et de se tenir prêt à venir au-devant de l'armée française. Novare ne fut pas même assiégé. Les conjurés en ouvrirent les portes aux Français , aux cris : d'Orléans et f'rance. La citadelle seule demanda vingt-quatre heures pour se rendre, si elle n'était pas secourue dans ce délai. Cet heureux coup de main épouvanta tellement Ludovic, qu'il perdit la tête au premier moment. Il se trouvait totalement se paré de son armée et de GaléasSan Séverine, qui
* Louis XII ne les oublia pas et Ludovic paya cher ses insolences.
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la commandait, par celle du duc d'Orlèatts. Milan s'agitait , les nombreux ennemis deLadovic espéraient l'arrivée des Français, et les historiens italiens eux-mêmes ont pensé que si le duc d'Orléans avait marché sans retard sur ta capitale du duché, elle lui aurait ouvert ms portes.
Pendant que le duc d'Orléans s'établissait à Novare, Ludovic s'occupait d'apaiser les habitants de Milan par la révocafion de diverses taxes impopulaires. Galéas San-Sévérino se jeta daqs Vigevano et se garda bien d'accepter la Imtaille que le duc d'Orléans vint lui ofifrir à Trecas '.
Pendant ce temps, de nombreux renforts de cavalerie et d'infanterie arrivaient chaque jour à l'armée milanaise. Des mercenaires vénitiens, une partie des troupes déjà réunies dans le Parmesan, un corps de Bolonais sous la conduite de Jean Bentivoglio vinrent s'y réunir, et bientôt ce fut le duc (f Orléans lui-même qui se vit assiégé dans Novare.
La lettre suivante , adressée en France par un des gentilshommes de la suite du duc d'Orléans, nous donne un récit détaillé de la marche du
* Guichardin affirme que San-Sévérino refusa la bataille. Gomines prétend que ce fut le duc d'Orléans qui, par prudence, ne voulut pas l'accepter.
prince d'Asti à Novare , de la reddition de cette ville et de son château , ainsi que des dispositions des habitants du pays. Elle serait de nature à corroborer l'opinion des historiens qui ont affirmé qu'il eût été possible au duc d'Orléans , s'il eût marché droit sur Milan , de soulever en sa faveur les habitants de la capitale et la majorité de ceux des provinces.
Les Nouvelles de Monsieur d'Orléans *.
Monsieur et son armée partirent mercredi dernier pour passer par le marquisat de Montferrat pour entrer en la duché de Milan, et alloient de?ant pour descou^ vrir et pour avant coureurs quinze archiers et dix hommes d'armes que monsieur de Ghaudemer et Jacques de Tinteyille menoient et ont toujours mené jusques icy. Je croys qu'ilz continueront.
Après monsieur le bastard che?auchaient pour avant garde avec luy Jehan de Blonc lieutenant de la cornpaignie de monsieur le mareschai de Gyé, cent lances, la bande des Suysses,etles dix-huit hacquebutes d'Orléans. Venaient après Fartillerie qui est de dix belles pièces, les vivandiers et tout le bagaige.
Après venait Monsieur suivi de deux cens hommes d'armes à sa queue, plus les frans archiers de Bour-
* Biblioth. de Nantes. Impr. en caractères gothiques, sans nom, ni lieu, ni date, relié à la suite des Poésies de Jehan Meschinot.
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bonnoys et d'AuTergne, ce qui est une très beUe bande. Puis après les gentilshommes du Dauphiné, la eompaigaie de monsieur de Ghamperouz, les firans archi»^ du Dauphiné et plusieurs autres gens de guerre en graat nombre lesquels il fait moult beau yoir. Pour flaire trtns lieues, nous avons été bien près de huit à dix heures & cheval et vinsmes coucher & Montcal (Mont*Gaglieri)là où vous avez autreffois esté.
Avant le partement de Monsieur et de son armée , monsieur ie gouverneur messire Jehan de Louvain estoit party devant avec xx hommes d'annes, et s'^n estoit venu en ceste ville de Novare, une belle forte et grant vUle de ladite duché , laquelle s'est rendue à monsieur et Fa bien gaignée par praticque qu'on y a fiûte à d'aucuns, mais le château ne s'estoit point rendu qui est le pins beau et le plus fort qui soit guères.
Le lendemain jeudy dudit lieu de Montcal monsieur et l'armée vindrent disner à ung lieu appelle le Pont le Faire appartenant à M°^e la marquise là où on avoit fait un beau et grant pont sur les bateaux pour passer toute ladite armée ; mais pour ce qu'il n'estoit pas parachevé nous repusmes, et après disner vers quatre heures nous partismes et vinsmes repaistre jusques au point du jour en ung autre beau lieu par de là le pont dont il ne me souvient du nom.
Item le vendredy nous partismes bien matin et passâmes par Versay (Verceil) une belle ville qui est à madame de Savoie. Geulz de la ville et du pays crioyent Orléans et France, il sembloit qu'ilz fussent fort joyeux de la venue de Monsieur et ils prioient tous Dieu qu'il
Toulsist aider et conduire Monsieur. Nous passâmes le pont à gué, et arrivasmes là au disner à ung petit Tillaige là où il y a une place de ladite duché et fusmes jusques au lendemain environ une heure après minuyt que nous partismes. Ceux dudit lieu vinrent devers Monsieur luy requérir franchise et liberté avec la conservation des privilèges. Monsieur le marquis de Saluée , qui est party avec Monsieur, respondit que Monsieur estoit venu en ce pays pour la leur donner, et que touchant leurs ditz privilèges, il les vouloit bien veoir et qu'ilz envoyassent ung de leurs habitants après luy, et qu'il les feroit veoir, puis après il les conserveroit , ce dont ilz furent très-joyeux.
Le samedi à la dite heure partismes tous en bon ordre, et arrivasmes environ huit heures du matin prés audit lieu de Novare à ung champ là où tout le monde s'arresta pour entrer en icelle ville en belle ordre. Qui nous eust veu ensemble nous eust nombre estre XL mille hommes, ie croy que nous sommes plus de xvni à XX mille. Monsieur a la plus belle bande que je veisse oncques , il passera partout qui que le veijdlle veoir. Environ dix heures monsieur entra en ladite ville en tel ordre que cy dessus est declairé , le pouêlle sur luy, monsieur le marquis, et le seigneur Constantin * devant luy en grand gorre. L'entrée dura phis de quatre heures. Tous ceulx de la ville estoient joyeux à merveilles, qui tous portoient là croix blanche et
* C'était le frëre^ de la marquise de Montferrat. Il descendait des anciens souverains de la Macédoine.
812 CâMPAOlIt Vf BUIXETllMr
criaient : Orléans» Orléans, Franee, France, ^jûgnoient les mains; je ne veis jamak gens &ire si frsat ehiére qu'ils ftdsoient et font deprésent Âpres disner, pour ce que le dliasteaa n'estoU fis^
rendu» l'on y accoustra les&ukiMis, serpettiittisv^ «monspour l'abattre à fon». Mais cdlirf ^ esiâii dedans, quant il vit que c'estint à bon esdmit, leva la main et requist qu'on parlast à luy. H demanda tréfes une beure, ce qu'on luy accorda, pendant laqneiefon fûsoit tousjours ses aj^rèsts. Il descendit à seoràlè el parla à Monsieur, à monsieur de Roban, Im mar^ el autres. Il composa avec eulz de rnidre la place de* dans xxmi beures, s'il n'estoit secouru, et kiconâDleit «iToya dotant le seigneur Ludovic, pour &ire samr les nouYelles.
Lequel avisé , on dit que quant il oyt dire que ladite ville estoit prinse et le siège devant le chasteau et ladite promesse faicte cheust à la renverse tout pâmé. Le messaigier luy dit que Monsieur avoit plus de quarante mille hommes. Hyer, après huit heures du matin , fût raporté que le secours venoit et qu'on l'avoit veu marcher, ce dont Monsieur et tous ses gens d'armes furent fort joyeux , car il ne demandent qu'à les rencontrer. Touteffoiz Dieu mercy sans riens frapper ni perdre ladite place se rendit à Monsieur. Lequel y envoya messire Jehan de Louvain, le cappitaine Gillebert Bertrand et tous les autres de la garde.
Geulx de la place estoient les plus aises du monde et cryoient Orléans, France, et faisoient feuz de fagots et jettoyent artillerie que à merveilles. Pareillement fu-
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rent deschargées les pièces d'artillerie dedant ladite place.
Depuis Monsieur partit de son logis pour y aller, tous ses gentilzhommes devant luy, ses archers de la garde alentour de luy et bien deux cens Suysses à Tentour lesquels il faisoit beau veoir, et entra dedans ladite place et en a baillé la charge à messire Jehan de Louvain. Il y a mis ung homme d'armes de la compaignie de Monsieur qu'on appelle Jehan Guedon de Lesclamores qui est fort homme de bien, et il y a soixante adventuriers que ledit Guedon avoit en sa charge; ceulx qui ont esté dedans disent que si les vingt quatre archers de Monsieur eussent esté dedans qu'ilz ne l'eussent pas rendu de trois moys , et que la muraille a vingtz pieds de large et que l'on y meneroit deux chariotz de France à Tentour. Je croy que celui que l'on appelle Valleperge, qui est de ce pays, lequel estoit toujours avec Monsieur, en sera gouverneur, car il a fait les menées.
Pour ce que les francs archers et Suysses plumoient la poulie l'on y a si bien pourveu qu'on n'y fera plus de pilleries. L'on prend tous les jours les chasteaulx et fortes places à l'entour de ceste ville et chascun apporte les clefz à Monsieur. Ceulx du pays sont bien marriz que Monsieur n'estoit pas party plutost. Si Monsieur ne feust venu icy, ceulx de ceste dite ville dévoient payer quarante mille ducatz. Le commissaire du seigneur Ludovic estoit icy pour les recouvrer. En priant Dieu qu'il vous ait en sa garde. Escript en baste audit lieu de Novare ce xv« jour de juing.
314 GAHPAGHI M LA 6|U1IP|S m^iltp'^kUÊ.
Et depuis mes lejttres escriptes est arrÎTé mf eour^ rier qui vient de deyera le foy , lequel a perdu son. i^ quet. Touteffois Monsieur a sç^u que le roy îbH la plos Iprant chière du monde, et qu'il s'eii ?ient h laplo^ grande diligence du monde. Le p^y^e a miei ?iUe <pi*oi^ iqppdle Viterbe * qui refusa des TÎyres aux gens 4a roy. Mais ilz l'ont assiégée et ofdse à feu et à simc^
t II y a m» dont* i<i«rreiir; le noii d» k. tille piâée éÊÊk Toi^jcanella,