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CHAPITRE XIV

Le roi part de Medesano , le 8 Juillet , de grand matin. — Gomines refuse de continuer seul les négociations. — Chemins difficiles. — L'armée traverse San-Donnino, Florensoles et Plaisance. — Passage de la Trebia. — État des esprits dans le Milanais. — Le roi refuse d*y proclamer duc le fils de Galeas Sforze. — Souffrances de l'armée durant cette route. — Elle les supporte avec courage. — Elle passe près de Tortone. •— Son arrivée à Asti apr&s huit Jours de marche. — Injonctions des confédérés et du pape au roi. — Réponse de celui-ci. — Le duo d'Orléans réduit à la dernière extrémité dans Novare. — Essais de négociation. — Gomines y intervient. — Conférences pour arriver à un traité de paix. — La garnison française évacue Novare. ~ Traité de Verceil. ^ Les Suisses exigent un supplément de solde. — Ludovic refuse une entrevue avec le roi. — Rentrée de Charles vm en France.

A journée du 7 juillet avait été employée tout entière à ces diversiessais de négociations. Pendant ce temps l'armée continua d'occuper la position de Medesano, et le quartier général du roi resta établi dans ce petit village.

mines de ne I

Le trompette, qui avait averti Cominesdene I pu s'aveotarer ù travers les grands gardes con- " flésamstradiots, s'était oCTert à le conduire sain i etsaaf au camp des confédérés. Mais l'ambassa- i deur, tOQloun préoccupé de la coDlérence â vois i ba>H «itra le roi et le cardinal, et désireux || d'ailleare de laisser l'ennemi dans l'incertitude j josqo'aa jonr suivant, donna rendez-vous an héraot pour le lendemain matin, iV huit heures, i! aabord da torrent, et revint au camp de Mede- •uio a&n de rendre compte au roi de sa mis- i fliOD. i

• Cbacnn BOQpa comme la veille, de ce qu'il ' aTail et se concha sur la terre '. ■ Appelé au quartier général, un peu après minuit, Comiues trouva le logis du roi entouré de ses chambellans et des oFQcîers de sa maison , prêts & monter à cheval. On lui communiqua l'ordre du jour. F^ roi et l'armée devaient se mettre en marche avant le lever du soleil et prendre la route de San-Donnino dans la direction du Montferrat et d'Asti. Quant à lui on le priait, il ne dit pas que ce fût par l'ordre du roi , de rester en ar* riëre et de continuer  parlementer avec les con* fédérés.

Cette mission, qui n'avait rien d'officiel et qui

* Comiuis, IJTn tiu, cbap. m.

n'aurait pas été conforme aux usages de la guerre, ne pouvait être agréée par un homme aussi versé dans la diplomatie. Il s'en excusa, en disant qu'il n'avait point envie de se faire tuer à son escient et qu'il ne serait pas un des derniers à se mettre en marche.

Le roi s'éveilla, ouït la messe et monta à cheval. Une heure avant le jour on sonna : Faites bon guet y afin, sans doute, de donner le change à l'ennemi , et » sans autre signal , l'armée se mit en marche. Le terrain était difficile. Il allait suivre des chemins encaissés et ombragés par des bois suspendus aux flancs des coteaux.

Le grand écuyer de Lornay, qui avait la charge des guides, quand le roi était à l'armée, n'avait pu s'en procurer. On fit plusieurs fois fausse route , mais les confédérés comptant un peu sur le rendez-vous assigné la veille par Comines, pour huit heures du matin, ne s'aperçurent qu'à midi du départ de l'armée française. Le Tare , toujours débordé , s'opposait , d'aillqurs , à ce qu'ils passassent sur la rive gauche. Ce ne fut que vers quatre heures du soir que le comte de Caiazzo , à la tête de deux cents chevau-légers, réussit à traverser le torrent où se noyèrent plusieurs de ses hommes.

L'armée, après avoir suivi, durant six milles environ, les chemins couverts et tortueux dans

,166 CiMPACSl; ET BDLLETI^S

lËSfjuuIsctIcs'ùlait cngagL^el où it Tallail m3^ ohcr R.ins ordre et à la file, ga^na une rasle plaine où se Irouvaienl dt^jù l'avanl-garde, ^a^ lillerie et les bagages. On ne se reconnut pas as premier abord. La giaDdc bannière blancheel carrée de Jean-Jacques Trîvulee. un des commandants de l'avanl-garde, resserublail si bien à celle que le marquis de Mantoue avait fait porter devant lui, !e jour de la bataille, qu'on ernt avoir afTaire ù l'ennemi. De son côté, le maréchal de Gié, voyant de loin di^boucher des coips de tous côtés et par tons les sentiers, simagina qu'il allait être attaqué par les confédérés. Les éclaireiirs lancés des deux parts mirent Gn à ces craintes et l'armée entière se trouva réunie au Borgo San-Doniiiao. Après un moment de repos, on se remit en marche, mais il fallut simuler nno alarme pour enlever les Suisses qui, déjà, se mettaient en devoir de piller.

L'armée coucha , ce premier jour, à Florensoles. Le second jour de marche, on gagna les environs de Plaisance, et l'armée bivouaqua sur les deux rives delà Trebia. On avait, malheureusement, laissé sur la rive droite deux cents lances , les Suisses et toute l'arlillerie , moins six pièces qui accompagnaient le roi. Durant la nuit la rivière crut si fort et d'une manière si inattendue, que le lendemain malin, nu point du

^1 Jour, il fallut se servir des seuls équipages de g, pont dont les armées usassent alors» c'est-à-dire p que Ton tendit des cordes d'une rive à Tautre g au moyen desquelles les fantassins, plongés dans ^ l'eau jusqu'aux épaules traversèrent la rivière, f non sans perte , suivis par la cavalerie et l'artillerie.

Cette retraite par des chemins difficiles, ce passage malencontreux de la Trebia, enflée durant la nuit par l'orage » auraient pu créer de graves dangers pour l'armée française, si elle avait été suivie de près par les confédérés^, mais ceux-ci ne s'étaient mis en mouvement qu'un jour après les Français; leurs chevaux , très-lourdement bardés, suivant l'usage italien, faisaient peu de chemin par jour; ils n'avaient d'ailleurs aucun dessein de recommencer une attaque qui leur avait si mal réussi. Les provéditeurs vénitiens auxquels tout obéissait, s'y opposaient formellement. Les Français n'avaient même pas à redouter, pour le moment, les escarmouches du comte de Caiazzo , car, appréhendant quelques mouvements de la part des habilants de Plaisance en faveur des Français , il s'était jeté dans cette ville avec son corps de cavalerie légère qui plus tard incommoda un peu notre arrièregarde.

Les craintes de Ludovic Sforze , touchant l'es-

prit publie en Lomliardie n'étiienl pas santi» AeoMDt. PlaiBBM et ptoffean autres TtllRii| J«Mi4acqnes Trivoloe comptait beaucoup d'il ilakut disposées A onTTfr leurs portes auiFr»! fiis, li le roi iTsit conseatl i ce qu'oo itxi\ bl bunitee da Jeone fils de Jean <ialé3s, que dm I nous soQTenonB d'avoir td nionrir , l'anoée pn-1 oèdeate. dans 11 citadelle de Pevie. Trivulce,quc| ■es parlisans tenaient aa eounuit de toutes ml piatiques, affirmait an roi qa'QD proclamant tA | •a&nt duc de Milan sous le nom de FraDçiiB 1 STone, rien ne aérait plus bdle qoe de renrtf 1 ser l'asarpitenr LudoTlc. Le roi eût peut-fitre 1 éeoaté ces conseils, s'il n'avait pas craint de Âé- ] plaire i son beau-frère le duc d'Orléans, qui avait été et continuait d'être assiégé dans No- Tare, au moment où il se disposait à reconquérir pour lui-^nème le duché de Hilan.

En tout cas, le moment n'était pas opportun pour f^ire naître de nouvelles complications. 11 Ihllait encore plusieurs journées de marche pour gagner le Montferrat et Asti, seul point où nous devions trouver des vivres frais, ainsi que des^objelsde rechange dont l'armée, engagée, durant les grandes chaleurs, dans une si longue traite, commençait & éprouver le plus absolu besoin. Après le passage de la Trebîa , le comte de Caiazzo, rassuré sur la situation de Plai-

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^l/mnce, s'était mis à liarceler notre arrière-garde. ^Trois cents Suisses, accompagnés d'un certain 1^ nombre de couleuvrines et de pièces légères, ^nommées haquebu tes, portées sur un cheval, ^ Teillaient continuellement à la défense de Tex- ^ trème arrière-garde. L'eau manquait sur beaucoup de points. La chaleur avait tari les fon- , laines. Les soldats, et surtout les sommiers chargés du bagage , cherchaient à se désaltérer dans les bourbiers voisins de la route» et on les voyait entrer jusqu'à la ceinture dans les fossés fangeux qui sillonnent les plaines de la Lombardie. Le roi partait avant le jour et ne s'arrêtait qu'à midi. A cette halte, chacun pourvoyait à son repas et à celui de son cheval comme il le pouvait. Comines, qui n'était pas encore, remarque-t-il, des plus malheureux, allait chercher, et apportait lui-même , dans ses bras, la provende de sa monture ; il ne mangea, pendant deux jours ^ que du pain , et encore bien méchant. Celait, dit-il, le plus pénible voyage qu'il eût fait de sa vie, et cependant il en avait vu , dans son jeune temps, « de bien aspres avec le duc Charles de Bourgogne '. »

.L'artillerie retardait la marche; à chaque instant, il fallait emprunter les chevaux des

* Comines, liv. viii, chap. tii.

370 CAMPAO'E ET BLLLETi:VS

gendarmes pour tirer canons el alîùts des mauvais pas. Grâce au zèle cl au concours de chacun, les pièces du plus gros calibre Irancbirenl tous les obstacles avec une rapidité extraordinaire. On ne perdit pas uu boulel , pas une seule livre de poudre. Ajoutons qu'on u'eutendit pas proférer une seule plainte duraut ces longues el pénibles marches, el que Tarmi^e entière montra, pour surmoiilcr ces fatigues, la constance et la fermeté qu'elle avait opposée à rennemi dansia vallée de Fornoue ',

Les principales étapes avaient été Castelsao- Giovanni, Voghera, Ponle-Curone. Tout près de Tortone, l'armée francbit la Scrivia. San-Severino, surnommé Fracazza, occupait cette ville avec une assez forte ganiison. Au lieu d'inquiéter l'armée au passage de la rivière , il vinl, probablement sur quelque ordre secret de sou maître, s'escuser près du roi de ne pouvoir le loger dans la ville même; il était armé, mais accompagné de deux personnes seulemeDt. Il offrit tous les vivres nécessaires et les mit bors des murs à la disposition de l'armée. It poussa même la courtoisie jusqu'à venir iàire sa cour au couvber du roi. Il était frère du comte de CaiazEo, et, comme ce dernier, il avait servi

* Comioai, Ut. toi. dup, T|r.

i avec nous daus cette armée de la Romagne, qui,

i sous les ordres de d'Aubigny, avait» Tannée pré-

I cédente , ouvert la campagne.

I Enfin, le septième jour après le départ de Fornoue, Tarmée réunie partit le matin de Nice de la Paille, logea près d'Alexandrie» et le huitième , elle gagna Asti , où elle trouva des vivres, des vêtements, dont elle avait grand besoin, ainsi que des approvisionnements de toute sorte. Le duc de Milan et l'armée confédérée avaient concentré leurs forces autour de Novare, où le duc d'Orléans se trouvait serré de fort près. L'armée assiégeante était formidable : on y comptait trois mille hommes d'armes, trois mille chevau-légers , mille chevaux allemands et cinq mille hommes de pied italiens. A ces divers corps, il fallait ajouter dix mille lansquenets que Ludovic avait pris à sa solde > afin de les opposer aux Suisses et à l'infanterie française, devan lesquels Tinfonterie italienne, démoralisée, avait perdu, durant toute la campagne, sa vigueur, sa confiance et sa réputation.

Cette infanterie allemande était commandée par des officiers de mérite, parmi lesquels on citait Georges^ de Pietraplana, celui*là même

* Il était allemand et s'appelait Ebenstein. Pietraplana n'était qu'nne tradaction italienne de son nom.

S7S CAMPAGNE ET BULLBTUS

^ni, étant au service de Maximilien , avait, en . ^89. pris la ville de Saint-Quentin , en Picardie. Le signât de Venise avait rourni des subsides considérables; il avait augmenté les appointeneuts de tous les officiers qui s'étaient trouvés AFornoucet maintenu le marquis de Mantoue dtns son commandement. Il avait même adopté les enfants de plusieurs capitaines tués dur les - Iwrds du Taro.

L'armée confédérée , réunie sous les mure de Novare.ncse proposait qu'un but, réduire par la famine la garnison française, forte de sept ■ Mille hommes d'élite. Il avait été décidé qu'on n'accepterait le combat contre l'armée du roi que dans le cas où celui-ci essayerait de forcer les lignes des confédérés. Les Iroupes milanaises interceptaient le chemin de Verceil. Le marquis de Hantoue , après avoir occupé et fortiOé les positions de Brione, Camariano et Bolgare, achevait, avec les troupes véniUennes , de cou* per toute espèce de communication entre le dehors et la garnison assiégée. Pour appuyer les forces temporelles par l'autorité des armes spirituelles , les Vénitiens s t le duc de Hïlan avaient engagé Alexandre VI à expédier un prélat à Charles VIII pour lui inlimer l'ordre de sortir do l'Italie dans le délai de dix jours francs, de retirer, dans un terme fort court , ses troapet

DB LA GRANDE ARMÉE D'iTALIE. 37.3

du royaume de Naples , sinon de comparaître en personne» devant le Saint-Siège, le tout sous peine des censures ecclésiastiques. Le roi répondit à l'envoyé ou au message : « Qu'il s'étonnait que le Saint-Père, ayant évité sa rencontre à Rome, où il s'était rendu k son retour de Naples pour lui rendre ses hommages , le pressât si fort actuellement d'y venir; qu*au reste, il travaillait à s'ouvrir le chemin qui y conduisait. »

L*état des assiégés de Novare devenait, de jour en jour, plus critique ^ Les vivres y étaient

* Dés le 10 juillet, le dac d'Orléans s'adressait à M. de Bonrbon pour obtenir divers secours, comme le prouve la lettre suivante, dont nous trouvons une copie manuscrite dans les archives de Rohan. Biblioth. de Nantes.

« Mons' mon cousin, depuis hier que je vous escripvy sans savoir des nouvelles du roy, il m'en est arrivé toute à cette heure d'autres par un g courrier exprés ainsi que vous pourrez veoir, par le double que, cy dedans, je vous envoyé; vous priant, Mons' mon cousin, que vous faciez diligence de faire venir les deux cents hommes d'armes, et aussi que TOUS donniez ordre au payement des gens qui sont de par deçà pour le mois d'Aoust, et de deux mil Suisses que je faiz venir icy , et pareillement quelque somme d'argent pour rartillerie , car j'en ay baillé tout ce qui m'a esté possible tellement que j'en suis au bout et sans secours de par delà je n'y pourray plus fournir. Vous savez que le besoin g en est plus que jamais. Priant Dieu, Mons' mon cousin, qu'il vous doint ce que je dosire.

> Escript à Novare, le x* jour de juillet. >

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d^à si rares que Tm comineiicait i maaqiier dt nécessaire. Le dae d*0rléaii8 avait négligé ij former des magasins» ceqni eût été belle au Mtmeni de roccapalion* Bien qn'il efti renYOfèai commencement dn siège on grand iioHiliie di boDcbes inutiles , on était condamné depuis long* tonps i réduire les rations an striet néoeasaim On comptait déji un grand nombre de nudadtf parmi les soldats de la garnison et sorlont pami les Suisses, peu habitués i Tabstinenee. Le dnc d*Orléans, tourmenté lui-même par la Aèm quarle, sollicitait vivement le roi» son beau* frère, de venir i son secours. Charles avait envoyé en Suisse le bailli de D^on » pour enrétor cinq mille soldats; en attendant ces renforts, qui ne pouvaient arriver immédiatement» on avait tenté plusieurs fois de jeter pendant la nuit des vivres dans Novare, avec de nombreuses escortes. Mais ces essais de ravitaillement avaient toujours échoué devant la vigilance et les forces supérieures de Tennemi. Les progrès des confédérés avaient même fini par rendre impossible toute tentative de ce genre. Le marquis de Mantoue s'étant emparé du couvent de Saint-François, voisin des murs de la ville, l'avait fait occuper par un détachement de près de quatre mille hommes. Le faubourg de San-Nazaro et même plusieurs bastions de l'enceinte étaient

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tombés en son pouvoir à la suite d*uDe attaque conduite par le comte de Petigliano, qui y fut dangereusement blessé d'une arquebusade. Le duc d'Orléans, désespérant de sauver les autres faubourgs , y fit mettre le feu et se réduisit à la défense du corps de la place. L'espoir d'être secouru soutenait le prince et la garnison étroitement resserrés. L'armée française s'était avancée jusqu'à un mille de Verceil , au-delà de la Sesia, et avait occupé Bolgari, abandonné par les confédérés. On attendait toujours l'armée des Suisses pour attaquer les confédérés dans leurs camps retranchés. On ne se dissimulait pas cependant combien l'entreprise présentait de difficultés, car la route de Verceil à Novare est coupée de canaux et de fossés profonds derrière lesquels une armée nombreuse telle que celle des confédérés pouvait livrer , à chaque pas, un nouveau combat.

Le prince assiégé dans Novare entretenait une autre espérance , qu'il eût repoussée cependant s'il n'avait pas été réduit à une telle extrémité, car, comme il ne tarda pas à l'éprouver, il espérait beaucoup plus , dans ses intérêts personnels , de la guerre que de la paix. On lui avait fait savoir, et Comines , son ancien ami, n'avait pas manqué de le tenir au courant de ces tentatives que l'on pratiquait secrètement de part et d'autre.

876 GAMFAGlII R VOURm

tiDtôt da cAté dn doc da Milan A &m réf • lantAt da eAté da roi . pour arriver àj solalioD pacifiqae. la dacheaae doi Savoie» qui était de la maiaon de s'en était mêlée. Les clidii de la Ugm, préteod Gomines, de le voir chargé de la dation, lui avaieiit mèffle, dans oe tat^ pédié un sauf-oondait » « maia comme lea sont entre gens de coor, » le cardinal de Halo s*était jeté i la travene et s'était à ce que le roi donnât de nouveaux pow notre liistorien. Le grand obstacle è la sion d'an accommodement était la pnoncmiiaBj Noyare. Le dnc d'Orléans agissait près de sii beau-frère pour qae le traité lui assurfll esHi place. Il avait expédié au roi rarclievèqae de Rouen , qui fut depuis le cardinal Georges d'Amboise et le ministre tout puissant de Louis XIL Ce prélat avait gagné à sa cause le cardinal de Saint-Halo, et tous deux engageaient le roi i ne pas se départir de cette prétention. Le duc de Hilan se refusait absolument à cette concession , disant qu'il était prêt à traiter, mais à la condition qu'on lui rendrait Novare sans lui demander Gênes.

Pendant que ces négociations secrètes traînaient ainsi en longueur, la situation de la garnison de Novare empirait cbaque jour. On y

iburait de faim. Il n'y avait plus de vivres , ■elqae insuflQsantes que fussent les rations, que par quelques jours , et les lettres qu'on en re- AU en chiffres, peignaient la position comme jpérée.

/Sur ces entrefaites, la marquise de HontferfA veuve, et notre lidèle alliée, étant morte, i roi envoya Comines à Casai porter ses dotances aux jeunes princes de Montferrat et à Uar oncle, chargé de la tutelle. Il avait aussi taission d'intervenir dans les arrangements que ■icessitaient cette mort prématurée. Comines , ivant de quitter le roi et de le laisser à la merci du cardinal de Saint-Malo et de Tarchefèque de Rouen, tous deux contraires à la paix, le premier, assure-t-il, parce que le duc d-Orléans avait promis dix mille ducats de rente à un fils* que Briçonnet avait eu d'un mariage contracté avant son entrée dans les ordres; Comines, disons-nous, avait fait près de Charles VIII, de concert avec le prince d'Orange, nouvellement arrivé de France, et M. de la Trémouille, une dernière tentative pour l'amener à proposer aux confédérés des condi-

* Il en avait eu deux au moins , Guillaume, évéque de Meaux , et Denis« évéque de Lodéve. Ce dernier fut aussi abbé de Saint- Germain*des-Prés , par cession de son père, en 1507.

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lions de paix aeceptables. Le seal fimitqa'Qn eût recueilli était la conviction que le ni, voyant rapproche de la mauvaise saison • aschant ses finances en asseï mauvais état« pea certain, d'ailleurs, de recevoir i temps lesnih forts qu'il attendait, renforts qui ne oombliBraient guère que les vides opérés dans soi armée par suite des congés accordés ot même pris par ses officiers , penchait règlement au fond pour une armistice et un traifé de paix. Aussi Ck)mines s'était-il enhardi jvqu'à dire, devant le roi, au cardinal ministre que si Son Eminence ne prenait pas une initia*. tive qui lui allait si bien en qualité dlionune d'église, il n'hésiterait pas à le foire lui-même, si roccasioD s'en présentait. Le roi avait assez bien accueilli cette hardiesse, n'avait rien dit à roreille du cardinal, el son entourage, où se trouvait le prince d'Orange, fort bien venu de Charles, s*étdit empressé d'applaudir à cette déclaration.

A peine arrivé à Casai , Comines y rencontra un ofûcier attaché à la maison du marquis de Mantoue, que son maître, parent de la maison de Monlferrat , y envoyait avec une mission toutà-fait semblable à celle dont il était chargé lui-même. Il saisit l'occasion qui s'oQi*ait si heureusement pour entamer un commencement

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de négociation. Il représenta à l'envoyé du général en chef des armées vénitiennes combien son propre maître avait intérêt à la conclusion d'une bonne paix. Il ne manqua pas de lui faire remarquer que la maison de Mantoue n'avait guère à se louer de la Seigneurie de Venise et que cette puissance ambitieuse» jalouse de ses voisins de terre ferme , ne consentirait jamais, pas plus dans Tavenir que dans le passé, à Tagraudissement de la maison de Gonzague.

L'envoyé, flatté de l'espérance de jouer un rôle plus important que celui dont il était chargé, accueillit fort bien ces ouvertures. Il répondit qu'il était à peu près certain des bonnes dispositions de son maître , mais que la ligue ayant à sa tète le pape, les rois des Romains et d'Espagne , le duc de Milan et la Seigneurie de Venise , le roi de France devait condescendre à faire les premières ouvertures. Comines répondit que la prééminence appartenait, sans aucun doute, au roi son maître puisqu'il était présent et commandait en personne son armée, tandis que celle des confédérés obéissait à des lieutenants , qu'au reste, ce serait folie de s'attacher à de mesquines considérations d'étiquette, et que s'il le voulait bien, tous deux agiraient de leur propre gré comme médiateurs. Il ajouta qu'il était prêt à envoyer le lendemain au marquis de

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Hintoue an trompette portdar d'une Mta pounra que TofOeier oumtoaan Tappa jftt frii de son maître et loi donnât l'eapéranoB ffM favorable réception de ce message. Cest, Ar reste , ce qui eut lien. La lettre que Gominei ailft adressée , en même temps, aux deux provédMàii Luc Pisani et Melchior Trevisaoi fiit très-livi^ rablement accueillie. Ces derniers s'empwt rent de répondre qu'Us expédiaient un conrilÉ i la Seigneurie afin d'obtenir de nouYeaux pot- ▼oirs.

Quelques jours après t unoffider da dos dé Ferrare Tint trouver le roi à Teroeil. n anS pour mission réelle » sous prétexte de Tenir voir un de ses flis au service des Français et attaebi à Jean-Jacques Trivulce, de demander à Gha^ les VIII un sauf-conduit pour les provéditenrs» le marquis de Mantoue et cinquante chevans. Cette compagnie était prête à se rendre au lien indiqué par le roi , afin de s'entendre avec tels personnages qu'il lui plairait de désigner. Qudques membres du conseil du roi qui n'étaient pas gens de guerre ou qui désiraient que d'au* très combatissent pour leur querelle, s'effop cèrent en vain d'empêcher le roi de donner suite à une ouverture tout-à-fait conforme aux égards que ce prince avait droit d'exiger. Charles VIII désigna pour ses commissaires le prince d'Oran-

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ge , le maréchal de Gié , M. de Piennes et Cominés. L'entrevue devait avoir lieu le lendemain , près d'une tour, entre Bourg et Camerano. On s'y rendit de part et d'autre, et il fut convenu que, pour travailler sérieusement à la paix et en établir les préliminaires , Francesco Visconti et un secrétaire du marquis de Mantoue partiraient le lendemain pour le quartier-général français. Ils y restèrent deux jours. La question roulait toujours sur Novare et Gênes, dont on voulait de chaque côté s'assurer la possession. Le maréchal de Gié , M. de Piennes et Comines se rendirent à leur tour au camp des confédérés. L'évacuation de Novare et sa remise au duc de Milan paraissaient humiliantes. On proposait un biais pour éviter ce dessous. Ce biais aurait consisté à remettre la place entre les mains des officiers allemands qui en auraient pris possession au nom de Maximilien , roi des Romains et seigneur suzerain du duché de Milan. Après plusieurs allées et venues, il fut convenu qu'on débattrait la convention, article par article, dans une grande conférence. Le duc de Milan, accompagné de la duchesse Béatrix, sa femme, de l'envoyé du roi d'Espagne , du marquis de Mantoue , des deux provéditeurs, d'un ambassadeur vénitien et d'un envoyé du duc de Ferrare, figuraient du côté des confédérés. Du côté des Français on avait

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adljoint aux ambassadeurs d^i nommés le pié* sident de Gannay pour porter la parole en Ûb. et H. de Honrilliers. bailli d'Amiens, poork suppléer, car jusque-là Comines qui, à son gmd regret, ne connaissait pas la langue de Gicéroi, n'avait pu, dit-il, discuter qu'en mauvais italien.

Les conférences durèrent quinze Jours. On c» signait sur un procès-verbal , à la fin de dnqK séance, les points adoptés après une discusrioi où la gravité, avoue Comines, était presque tosjours du côté des Italiens.

Dès le premier jour de la conférence, H M convenu que le maréchal de Gié se rendrait à Movare pour en faire sortir le duc d'Orléans. Quelques jours après, toute la garnison eut b liberté de rejoindre l'armée française, la ville restant, jusqu'à la conclusion de la paix, au pouvoir des habitants qui firent serment de n'j introduire ni Italiens ni Français. Le défilé des cinq mille hommes suisses ou français , qui avaient perdu deux mille des leurs , morts de faim ou de maladie pendant le siège , offrit le plus douloureux spectacle.

On aurait dit des spectres. Beaucoup moururent en chemin sans avoir la force de franchir les dix milles qui séparent Novare de Verceil. Comines en trouva cinquante couchés dans ud

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jardio. Il dépensa un écu pour leur faire donner de la soupe ; aussi n'en mourut-il que cinq en route. Arrivés à Verceil , où suivant Tusage de oes temps , rien n'avait été préparé pour recevoir cette malheureuse garnison , il en mourut encore plus de trois cents, les uns par trop manger, les autres par maladie et « largement sur les fumiers de la ville K » Quant aux chevaux des hommes d'armes , il n'en sortit pas un seul de Novare. Ils y avaient tous été tués et dévorés.

Ce fut sur ces entrefaites que le bailli de Dijon, envoyé, comme nous le savons, dans les cantons suisses pour y enrôler des fantassins , arriva à Verceil avec le reste de ses recrues. Il n'en avait demandé que dix mille, mais, attiré par l'argent du roi , il en arriva , en plusieurs détachements, plus du double: on en fut effrayé. On craignait, et la suite prouva que ce n'était pas sans raison , que cette troupe indisciplinée ne fit la loi au roi et au reste de l'armée. On les divisa en deux camps placés à dix milles l'un de l'autre. S'ils étaient arrivés plus tôt, on aurait sans doute rompu la négociation , car avant ce renfort, l'armée française, réunie à la garnison de Novare, ccMnptait encore environ douze mille hommes. Le duc d'Orléans , appuyé par plusieurs person-

* ComiDœ, liwe nn» ciiap. z.

384 CAMPAGNB ET BULLETINS

nages, tels que Trivulce, le comte de Ligoyel |i Tarchevëque de Rouen» fit un dernier eCTortdav ce sens. Hais la question la plus délicate, c'està-dire celle de Novare étant vidée, on continv les conférences qui étaient déjà fort avancées. Enfin les commissaires apportèrent au roi la articles suivants, comme le résultat de leur travail. Ces articles portaient qu'il y aurait paix et alliance perpétuelle entre le roi de France et le duc de Milan. Le roi consentait à ce que Movare fût remise à Ludovic par les habitants de cette ville. La Spezzia et toutes les autres places prises de part et d'autre devaient être restituées. Le roi pourrait armer à Gênes , qui se soumettrait è sa suzeraineté, autant de vaisseaux qu'il voudrait, pourvu que ce ne fût pas pour favoriser les ennemis du duc. Ludovic s'engageait à rendre au roi les galères qu'il avait retenues à Gênes, ainsi que celles prises après la dernière affaire de Rapallo. Il s'obligeait même à en armer deux à son compte pour accompagner la flotte du roi. Les troupes que Charles voudrait envoyer à Naples auraient leur libre passage par le duché de Milan • pourvu que la force de chaque détachement fût limitée à deux cents lances ; enfin, dans le cas où le roi se rendrait en personne à Naples, le duc s'obligeait de le suivre avec un corps de troupes. Quant aux Vénitiens, ils Jouiraient

d'un délai de deux mois pour accepter le traité. En cas d'accession ils retireraient leur armée du royaume de Naples , sans pouvoir porter aucun secours à Ferdinand. Dans le cas contraire (clause secrète sans doute) , si le roi déclarait la guerre aux Vénitiens, toutes les conquêtes qu'il ferait sur eux avec Taide de Sforze appartiens draient à ce dernier. Ludovic donnait au roi quittance de 80,000 ducats sur les 120,000 qu'il lui avait prêtés et accordait un terme pour le reste. Enfin , après un échange de prisonniers, le ban publié à Milan contre JeanJacques Trivulce et autres exilés devait être révoqué.

Le traité , après avoir été le sujet d'une discussion orageuse dans le conseil du roi , à propos de laquelle le dnc d'Orléans et le prince d'Orange , ce dernier partisan de la paix , faillirent tirer l'épée du foureau , fut signé et juré de part et d'autre. Ces formalités accomplies , le roi résolut de partir de Verceil pour se rendre à Turin et de là rentrer en France avec son armée.

Mais, la nuit qui précéda son départ, les Suisses, après avoir battu leurs tambours, que Tinfapterie française n'avait pas encore adoptés, se réunirent par canton et délibérèrent de s'opposer à l'exécution des ordres du roi, si, préalable-

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ment « leur solde n'était pas réglée et payée conformément à leurs exigences» Les dix mille bomrnes récemment amenés par le bailli de Bîjon prétendaient que, d'après les traités el capitulations conclus avec leur nation par Louis XI t ils avaient droit i une prime équivalente à trois mois de solde, toutes les fois qu'ils sortaient de leur pays. Les autres • ceux qui avaimt bit la campagne, exigeaient quinae jours de solde de plus qu'il ne leur était dû.

Cette délibà*aUon fui si tumultueuse que Ton y agita la question de savoir si l'on ne s'emparerait pas de la personne même du roi pour gage de la convention à intervenir. Il fallut en passer par toutes ces exigences. Il en coûta bien cinq cent mille francs pour congédier ces auxiliaires dont le concours nous avait été précieux , sans doute, mais aussi dont l'indiscipline, la cruauté, le goût du pillage et les nombreuses infractions au droit des gens, laissèrent en Italie des ressentiments inséparables du souvenir de l'expédition française.

Arrivé à Trin S le roi députa vers le duc de

1 En se rendant à Trin ouTrinole roi avait passé par Chieri. C'est là qu'il fut complimenté, an nom de la ville, par Anne de Solert qui débita son discours avec la plus noble assurance, c'est-à-dire * sans fléchir, tousser, cracher ni varier ea aucune manièrt. • Journal d* André de la Vigne, p. 171.

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Milan le maréchal de Gié» le président de Gannay et domines pour inviter Ludovic à une entrevue. Il lui offrait, pour lui donner plus de confiance, d'observer cette forme» plusieurs fois adoptée par les princes de ce temps à la suite d'insignes violations du droit des gens, et qui consistait à se rencontrer sur le milieu d'un pont, chacun du côté opposé d'une forte barrière. Ces précautions ne purent rassurer Ludovic Sforze dont, suivant la nature de beaucoup d'hommes de sa trempe, la défiance égalait la mauvaise foi. Il remonta pour motiver son refus jusqu'à sa dernière entrevue avec Charles VIII à Pavie où il avait été question, disait-il, d'attenter à sa sûreté. Il accusait le cardinal de Saint-Halo et surtout le comte de Ligny, dont les propos n'étaient pas toujours très-circonspects, d'entretenir des projets de ce genre et refusa nettement l'entrevue proposée, quelles que fussent les garanties dont on l'entourerait. Charles VIII dont la bonne foi n'était pas douteuse , renonçant à l'espérance de confirmer, par un échange public de bons procédés, une paix destinée à rester chancelante, se rendit à Chieri pour de là gagner Chambéry et repasser les monts. Il prit sa route par Suze , Briançon et Grenoble et arriva à Lyon le 7 novembre 1495.

Avant 4^ se mettre en marche, il avait expédié

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Perrone de Bascbi à Gènes pour y surveiller l'équipement « tant des navires qui devaient loi être restitués d'après le traité de Terceil,qae des galères dont Ludovic lui avait promis le concours. Il les destinait à secourir Tamiée d'o^ cupation deHaples. Quant à Gomines, on loi avait confié l'importante mission de poursuivre près du gouvernement vénitien, auquel sa personne était toujours agréable, Taceession au traité de Verceil, accession facultative et pour la dénonr dation de laquelle les provéditeurs avaient demandé un délai de deux mois. Ces diverses missions ne (tarent pas couronnées d'un plein succès. Mais, avant d'en rendre compte, il convient d'exposer brièvement quels événements avaient eu lieu dans le royaume de Naples après le départ du roi, et quelle influence ils devaient exercer sur les dispositions des puissances confédérées.

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