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ses vers augmenteraient la clairvoyance des princes et serviraient à les guider plus sûrement dans les voies obscures de la politique ?
Quoi qu'il en soit, l'exemplaire de ces poésies, aujourd'hui à peu près oubliées, qui, pour d'autres causes que son mérite intrinsèque, a beaucoup de prix à nos yeux , a dû reposer paisiblement pendant des siècles sur les rayons de la bibliothèque de quelque maison conventuelle où la poésie était moins goûtée que les dissertations théologiques. Malgré sa conservation parfaite , le prix n'en serait cependant pas très-élevé , si le bibliothécaire du couvent n'avait, par un heureux hasard et probablement par économie de reliure, réuni aux poésies de Mescbinot un assez grand nombre de pièces détachées , imprimées vers la même époque, en caractères gothiques aussi , mais sans date, sans indication de lieu , et sans nom d'imprimeur. Ces pièces, sorties des presses de Paris, et quelques-unes, croyonsnous, des imprimeries naissantes d'Orléans, de Tours et peut-être de Rouen, constituent, à nos yeux , les premiers documents publiés par le gouvernement français pour défendre sa poli-
vnt IIITIODUCTIO?!.
tique et pour diriger Topinion publique dans le sens où il désirait la conduire. A ce titre, on pourrait les considérer comme les premières feuilles du Mo7iiteur officiel et s'étonner qu'elles n'aient pas été suivies d'une publication périodique de ce genre dont elles étaient un véritable essai.
Disons, tout de suite, que ces feuilles, si heureusement échappées aux chances de destruction qui ont anéanti tout le reste de l'édition , un sont autres qu'une série de bulletins de l'armée française durant la brillante et romanesque expédition de Charles VIU en Italie , à la fin du xv« siècle. Destinées à satisfaire la curiosité publique , si vivement excitée par cette lointaine expédition , qui dura plus d'une année, ces feuilles volantes, grossièrement imprimées , vendues sur la voie publique et passant dans mille mains , ne pouvaient que difficilement survivre à l'active circulation à laquelle elles étaient destinées. Aussi , telle est leur rareté que les trois quarts des pièces reliées à la suite des poésies de Jehan Meschinot et dont nous devons, CQmme je le crois, la conservation à l'indifférence de quelques moines bretons, étrangers aux préoccupations du
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siècle, sont uniques \ Elles le seraient à peu près toutes , si la bibliothèque du riche amateur Héber n'avait recueilÛ des doubles de quelques-unes de ces feuilles, lesquels doubles , réunis à deux ou trois publications de la même époque et sur le même sujet man-
* Ce volume précieox porte l'estampille de la bihliothéqae de rOratoire de Nantes. Sa reliure est moderne» mais l'eicellente conservation da livre indique que cette reliure en a remplacé une plus ancienne.
Ce ne fut qu'en 1617 que les prêtres de l'Oratoire s'établirent à Nantes dans le collège de Saint-Clément. Le prieuré de Toutejoie y fut réuni en 1629. La ville confia sa bibliothèque à l'Oratoire, peu de temps après la création du collège. L'origine de la Bibliothèque communale remonte à 1588, époque où la ville acheta pour douze cents écus d'or les livres da cardinal de Vendôme, frère du duc de Mercœur. Mais on ne possède aucun inventaire , aucun ancien catalogue, qui permette de suivre la formation successive de la Bibliothèque de Nantes. On a même prétendu , ce qui à la vérité est contesté, que presque tous les livres provenant de l'achat fait an cardinal de Vendôme, qui lui-même les avait acquis de Pierre Legalle, archidiacre de la Cathédrale, avaient été perdus et détruits avant l'établissement de l'Oratoire.
L'origine du volume dont nous parlons et des pièces qui s'y trouvent annexées , semble donc impossible à établir d'une manière incontestable.
M. Chotard, professeur d'histoire, dans un discours prononcé à la rentrée de l'École préparatoire des Sciences et des Lettres, le 3 novembre 1864, à Nantes, a justement apprécié
l'importance de ces documents.
7 IlfTiOlMJCTION.
quant à Texeinplaire de Nantes , sont heureosèment devenus, il y a peu d'années, la propriété de la Bibliothèque Impériale * •
* Le recueil provenant de la bibliolhëqne Héber , deyeno U propriété de la Bibliotbéqae Impériale, contient les pièces sni- Tantes :
U traité d*ÉUples entre Chartes Vm et Henry VII, roi d'Angleterre. — Le traité aTec le roi des Romains. Ces deux traités se trouvent dans tous nos grands recueils. — La proposition faite an pape de par le roy en latin {Datum FlormUtf die ixii novembrit 1494), pièce nniqne qui ne se trûave pas à Nantes. — L'entrée dn roy nostre sire à Romme. — L'appointement de Romme avec les lettres du roy envoyées à M. de Bourbon. — La prinse et réduction de I^apples, etc... — S'ensuyt l'entrée et couronnement du roy nostre sire en sa ville de Napples, (aicte le nu"* jour de febvrier 1494. — Im lettres nouvelles envoyées de Napples de par le roy nostre sire à M" de Bourbon et datées du n** jour de may. — La bataille qui a esté faicte à Napples. — Les nouvelles du roy depuis son parlement de Napples envoyées à M. l'abbé de Saint- Ouen, etc.
Les trois pièces de ce recueil qui ne se trouvent pas à la Bibliothèque de Nantes sont : 1* La proposition liûte au pape de par le roy, publiée en latin à Florence, le 33 novembre 1494; 2* L'entrée et le couronnement du roy nostre sire en sa ville de Napples ; 3* Les nouvelles du roy depuis son parlement de son royaume de Napples, etc.
Si Ton excepte la pièce intitulée : La prinse et réduction de
Napples, etc., dont un exemplaire se trouve à la Bibliothèque
« Arsenal, à Paris, je ne connais aucun dépôt qui possède
^"tres exemplaires de ces anciennes publications. Cette re-
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 côté de ces précieux documents est venue dernièrement prendre place dans les armoires de la Bibliothèque de Nantes une collection de pièces manuscrites et complètement inédites qui avait appartenu à M. Bizeul, de Blain, connu par ses recherches sur les antiquités de la Bretagne et principalement sur la direction des voies romaines dans TArmorique , collection dont les héritiers de cet archéologue ont, je crois, fait don à la ville de Nantes.
Dans un portefeuille extrêmement riche, pro-
marqne suffit pour prouver combien elles sont précieuses. Il y 9 beaucoup de pièces manuscrites et inédites concernant notre histoire dont il existe dans nos grands dépôts de plus nombreuses copies.
Le recueil de pièces appartenant à la Bibliothèque Impériale faisait partie de celle de Richard Héber. Il est porté dans son catalogue sous le N* 1,362, T. 2. Sept pièces sur onze y sont seulement indiquées. Ce volume, richement relié, a été vendu 2,099 fr. à la vente de M. Coste, le 17 avril 1854, et acheté par la Bibliothèque Impériale, on il figure sous le N* 34,540 du catalogue.
Beaucoup de ces pièces, qui toutes sont imprimées en caractères gothiques, sans lieu ni date ou nom d'imprimeurs, sont, comme celles de la Bibliothèque de Nantes, ornées de gravures sur bois qui, le plus souvent, n'ont aucun rapport avec le sujet et semblent avoir été empruntées aux romans de chevalerie édités en grand nombre par les imprimeurs de cette époque.
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venant de ee don, se troiife vm sirite defiè- CCS évidemmeiit extraites des arcbms da dlr toau de Blain, appartenant i h maisoii de Holian ; à côté de quatorze lettres aatograplMi al incidites de Henri IV, adressées afant qui montât sur le trône h son oncle de Bohan, couc<;rnant les affaires de la rdîgion, et pimi d^autres lettres d'Anne de Brrtagne, de G«inainc de Foix , sa nitee , du cardinal d'Amboise, de Louis XH, de Gomines, inéditoB aussi, on rencontre dif erses pièces remoa* tant jusqu'à Texpédition de Charles Vni en ltali(^ Dix de ces pièces sont des copes contojnporaincs de lettres adressées de Rome Qt (\(\ Napics , soit à la reine Anne do Bretagne par lo cardinal de Saint-Halo , Guillaume Briconnot, soit au duc d'Orléans (Louis XII), resté h Asti , par les nombreux amis qu'il avait près du roi , soit enfin à des personnages demeurés on France par des officiers de l'armée française. Ces pi^xcs qui , je l'ai dit , n'ont pas le caractère d'autographes, sont, pour quelques-unes, dos duplicata adressés par l'ordre de la reine au vice- chancelier de Bretagne, avec invitation, sans doute , d'en répandre le plus grand nombre possible de copies. Les autres , enfin , pa-
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nisseot avoir été ce qu'on a appelé , plus tard, ifes nouvelles à la main , c'est-à-dire des cor- HBSpoudances qu'on s'empressait de copier et A faire circuler à cause du vif intérêt qui s'y attachait. A ces divers titres, rien d'étonnant que ees pièces se soient retrouvées dans les archives de la puissante maison de Rohan qui comptait, avec celle de Rieux, bretonne aussi, plumvs de ses membres présents à l'expédition de 1494 , et chacune d'elles, un maréchal de France , commandant un corps de l'ariiiée française avec un grand nombre de chevaliers et d'écuyers bretons sous leurs ordres.
Enfin, ayant réuni dans un autre but, mais ^vec l'intention de m'occuper de la même époque, divers documents curieux, j'ai pu joindre aux pièces dont je viens de parler plusieurs lettres, par exemple, de Charles VIII, inédites et provenant de collections étrangères. J'en dois quelques-unes, souvenir d'une vieille et précieuse amitié, à M. P. Lacroix (bibliophile Jacob).
Mon premier dessein avait été de publier ces pièces , du moins celles qui concernent Charles VIII et l'expédition d'Italie de 1494 , comme des annexes des deux derniers livres des raé-
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moires do Hiilippe de Gomines. On sait qoe^ dans l'origine , les doux derniers livres de (à historien n'araient aocune eonnexité aiec kl six premiers, consacrés au règne de Lods IL Écrits par Tanteur, après un assez long inl»- Telle, ils araient été publiés ft part, après si mort et la mise en lumière des six premiers lirres, sous le titre de chronique di Charles VIII \ D m*aurait suflBi , pour accoiK plir ce projet , de reprendre ce prunier titre, d'abandonner la dif ision par livres et par diipitres qui n'appartient pas au manuscrit orip^ nal , et d'enrichir de toutes les pièces inédites que j'avais recueillies l'appendice déjft fort étendu , publié successivement par les Godrfiroy et Langlet-Dufresnoy. Ce projet me plaisait d'autant plus que Philippe de Gomines n'a parlé que par oui-dire des événements accomplis ft Rome et à Naples durant l'expédition française de 1494. Tout le monde sait , en effet, qu'envoyé à Venise en qualité d'ambassadeur, notre his-
*■ La première édition des six premiers livres des chroniques de Gomines est de 1523. Les deux derniers livres ne parurent qu'en 1528. C'est dans l'édition de 1559» publiée à Lyon, que Denis Sauvage substitua le titre de mémoires à celai de chroniques.