L'ANCÊTRE
« Etranger, ton visage est un astre !... on croirait. Quand tu parles, ouïr des rumeurs de forêt Et le chant des oiseaux d'un Eden adorable.... Bien que très vieux, ai-je jamais vu ton semblable ? T*ai-je connu jadis ?... L'éphèbe que je fus Se réveille en mon âme et croit qu'il se rappelle D'autres lieux où tu vins par la nuit solennelle.... Hélas ! les souvenirs de mon esprit confus Sont pareils aux vaisseaux que disperse Borée Et que vont engloutir les vagues soulevées... Mais parle encor : dis-nous quelle étrange fortune Te conduisit au feu qu'allumèrent les miens, Parle : l'eau qui chantait fait silence, la lune Songe sous les sureaux, dans l'ombre du chemin Et la brise se tait quand s'élève ta voix.