SENSATIONS D'OCTOBRE
Octobre nonchalant cueille au bord des chemins Les roses que rouilla la première gelée
Puis il prodigue les raisins, Les marrons rebondis et les noix écalées.
Des odeurs de sapins descendent des forêts Réjouir les vieillards accoudés aux fenêtres Et la douceur de l'air est telle qu'on croirait Que tout un printemps va renaître.
Dans le verger, mes frères les arbres me tendent
Mille pommes vermeilles, Le vent d'ouest qui a vu la mer glauque et les landes-
Bourdonne à mon oreille,
Et l'on dirait un vol d'abeilles
Exilé du pays où poussent les légendes.
CAMPAGNE PREMIKRE
Je vais — les paysans assis devant leurs portes
Vantent la vendange dernière.
Des chariots geignards grognent dans les ornières. J"écoute, sous mes pas, crier les feuilles mortes.
Je vais — un ru me guide et me conduit au bois
Et le doux bruit de l'eau Qui bouillonne en fusant à travers les roseaux
Me fait sourire et pleurer à la fois.
Le ru se perd dans les ronces, laissant Une mare aux cressons où sautent les raiilettes, Le bois tout défaillant m'appelle.... je m'arrête Pour étreindre le tronc dun bouleau frémissant.
Le soir naît et grandit, solennel, l'horizon Où roulent lourdement de confuses fumées S'éteint parmi les ors mourants de la saison, Vénus monte et scintille au-dessus des futaies, Puis la nuit, dans l'azur, souffle ses visions.
Vie en grand calme et méditation, 'Solitude sacrée où les gens de la ville
Bâilleraient leur ennui — S'imprégner de silence et s'en aller tranquille
En mangeant quelque fruit.