EFFET DE BROUILLARD
Dans le brouillard opalin Le soleil blanc se diffuse ; Est-il soir ? Est-il matin ?....
On entend des voix confuses
Les arbres semblent des spectres Grimaçant vers le ciel terne — Jacques ferme sa fenêtre, Pierre allume sa lanterne.
Le soleil meurt, des fîocons Blêmissent le crépuscule, Les branches viennent et vont Comme de troubles pendules.
Tout fond, s'éteint et s'efface, Le brouillard ensevelit La route où les gens qui passent Clapotent à petit bruit.
Les feuillures envolées Parmi la plainte des bises, Les paroles chuchotées Au fond des venelles grises, Les formes qui se confondent Et s'étouffent dans la plaine....
On dirait un autre monde Peuplé d'ombres incertaines.