EPILOGUE
LE POETE
Clairons d'or où chantaient les heures du matin, Des souffles enflammés ont passé sur mon front Le ciel éblouissant embrase les jardins Et trempe de clarté la face en feu des monts.
Dans les vergers fleuris qui rutilent, pareils
A l'azur inondé de rayons éclatants,
La terre étreint l'été sous les arbres vibrants ;
Une chaude vapeur ondule autour des treilles,
Les murs blancs sont crêtes de tuiles fulgurantes,
Des fruits luisent parmi les ramures mouvantes
Et moi dans le pré dru je m'arrête, rêveur
Pour une branche qui palpite au grand soleil ;
J'écoute chuchoter la brise éolienne :
Elle rit, elle fuit vers les ruisseaux chanteurs,
Et les verdures vont et viennent Et leurs soupirs résonnent dans mon cœur.
Poèmes proférés dans l'air incandescent, Brise que me veux-tu, que voulez-vous feuillures ?... « Nous sommes, disent-ils, les sylphes qui susurrent Notre mère et la tienne inspire notre chant ; Lève-toi ! c'est par nous que la sainte nature T'évoque la beauté de vivre comme un dieu, Viens : nous t'enseignerons des rythmes radieux Pour le ravissement des époques futures. '>>
La campagne frémit, les fleurs tremblent, l'été Se pâme, inassouvi, sous les tonnelles —
Tout défaillant d'amour, je te célébrerai O nature éternelle.
M-ais je n'ose.... Je suis le disciple étonné Découvrant, par tes soins, la vie universelle ; Parle-moi : que ta voix soit un lait qui ruisselle Et rende à jamais fort mon être rénové. Instruis-moi, grande Isis, ouvre-moi ton mystère, Ce gouffre où des soleils aveuglants se balancent. Je veux te raconter en ta magnificence Aux enfants de la terre.