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ÉPILOGUE

J'ai dit à Juillet : « Tes moissons Feront le pain qu'il souhaite ; Bruis devant sa maison, Tresse des bleuets autour de son cœur Et pose dans sa main la main des moissonneurs. »

J'ai dit à Novembre ; « Tes brumes, Ton soleil rougissant parmi les pampres morts

Et cette veilleuse en vieil or :

Ta lune Apaiseront en lui les ferveurs de l'été. »

Et j'ai dit à l'Hiver : « Qu'il soit tout contenté, Qu'il ait, après l'azur, tes plaines sommeillant

Sous ce linceul éblouissant

Qui vivifie et qui protège

L'espoir des floraisons futures :

Ta neige. »

Vois-tu, mon fils, je suis l'éternelle Nature :

Laisse-moi t'ouvrir mes chemins Et prends les fruits vivants qui tombent de mes mains Par moi, tu mangeras des pêches, des raisins, Des abricots juteux, des poires mûres, Des brugnons éclatants.

Du miel et le pain frais qui croque sous les dents Puis tu boiras les vins légers et cette eau pure Que le puits verse aux seaux sonores.

Io6 CAMPAGNE PREMIÈRE

Si tu n'es satisfait, voici d'autres trésors : Unis en un bouquet les saisons, que l'aurore Te revête de pourpre, de flamme et d'argent Et que la nuit, déesse aux yeux phosphorescents, Jette ses cheveux d'astre à tes pieds qu'elle adore.

Tout apeurés au vent qui entrouvre mes voiles, Tes frères ont suivi des routes ténébreuses : Dans cette ombre, pour eux, tu sèmes des étoiles. Des comètes et des corolles radieuses.... Quel don nouveau te faut-il maintenant ?

LE POÈTE

Je voudrais te saisir dans l'espace et le temps.

GUERMANTES, AolU i8ç4 — Décembre 1896.

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