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X.a plaine pour la fête humaine s'est parée

D'herbe légère et d'anémones, Et des femmes rieuses, vers les fraises attardées,

Tressent des couronnes Tandis que devisant au s?>iil heureux des cases Des adolescents aiguisent des socs d'or Et s'égaient de la brise odorante qui passe.

-Noire et secrète à l'horizon, la Forêt dort.

Les éphèbes chantent la vie Et leur chanson s'envole au bleu de l'air. Le berger vient givré d'hiver Et les envie.

« Frères, dit-il, qui règne ici ?

J'ai faim, j'ai froid, je m'offre au maître ; Je sais les simples — ses brebis, Je les mènerai paître.

Comme des passereaux railleurs si la chouette

Risque au soleil du matin ses yeux jaunes, Tous se prennent à rire ouïssant sa requête

Mais un s'étonne :

Étranger, ce n'est pas le lieu que tu souhaites : Voici ton pain, voici ton vin, voici ton feu,

Prends à ta faim, chauffe-toi si tu veux — Pour le surplus nous n'avons pas de maître.

LE BERGER

J'ai subi les étés brûlants et les automnes sans vendange,.

J'ai servi des riches hérissés d'arrogance,

J'ai connu des esclaves et des vagabonds vagissants

Et des fantômes, Mais cette nuit m'enseigne :

Je sens un sang plus fier battre dans mes veines —

Voici des hommes !

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