‹ Campagne premièreChapitre 3 sur 54 · L EMPRISE DU PRINTEMPS · texte numérisé non relu

L EMPRISE DU PRINTEMPS

Ton rêve ruisselant de larmes et de flammes S'éteindra sous les fleurs, au souffle du printemps Et tes yeux seront clairs commes des yeux d'enfant Et l'amour triomphal fera fléchir ton àme.

Laissant l'ombre funèbre où gronde l'épopée, Tu te joindras aux chœurs des bois et de la plaine ; Joyeux, le front pressé d'humides marjolaines, Tu charmeras par tes cadences envolées La campagne attentive et la Muse étoilée. »

La voix se tût... Avril s'élançait dans les cieux ;

Comme une balle d'or de la fronde d'un dieu

Le soleil jaillissant incendia l'espace ;

Le vent, fol inquiet qui passe et qui repasse,

Agitait les gramens du verger radieux

Et me jetait les fleurs des pommiers à la face.

Page 1