LE ROSSIGNOL
s< J'aime ! j'ai pris aux sources leurs soupirs Aux grands bois assoupis les rêves de leurs feuilles J'en ai fait tous mes désirs Et la fleur d'amour qu'il faut que tu cueilles.
Blottis-toi dans la mousse, repose, Laisse-moi te verser l'ivresse de la nuit, Dors — quand l'aube viendra, les mains pleines de roses,
Tu m'accueilleras en notre doux nid. »
LE VAGAIJONIi
La tribu se recueille attentive, son âme Flotte au rythme onduleux des ramures charmées, Les hommes, tressaillants parmi l'herbe foulée, Implorent des baisers aux lèvres de leurs femmes - L'ancêtre sourit dans sa barbe blanche.
Soudain le vent se lève et les arbres chuchotent Sous le souffle effaré qui tourmente leurs branches, Les peupliers tumultueux crient et se penchent
Vers les fourrés que hante la hulotte Et de vastes sanglots passent dans l'air froidi.