‹ Campagnes de la Révolution française dans les Pyrénées Orientales et description topographique de cette moitié de la chaine pyrénéenne (volume 2)Chapitre 6 sur 71 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

publique infejiiale qui tuait les rois^ insurgeait les peuples et reniait Dieu.

Parmi les témoins oculaires dont nous avons mis les souvenirs à profit, il en est un dont la rencontre a été pour nous une fortune inespérée, et que la reconnaissance nous impose la douce obligation de nommer : c'est Gassanyes, ancien représentant du peuple à l'armée des Pyrénées-Orientales. Il avait assisté à une partie de la guerre, partagé quelquefois le commandement avec nos généraux, et, un jour même, conduit avec un rare bonheur une de nos divisions à la victoire qui décida sans retour le mouvement rétrograde de l'invasion. Gassanyes conservait encore, il y a dix ans, et cette lucidité des souvenirs de jeunesse qu'une bonté providentielle accorde parfois aux vieillards comme un rayon de soleil pour réchauffer leurs derniers jours, et cette chaleur révolutionnaire qui a continué d'animer jusqu'à leur dernier soupir, la plupart des Conventionnels dont notre génération a fermé les yeux (1).

Ces pages, dont les premières ébauches sont passées dans ses mains, devaient lui être offertes en témoignage de reconnaissance et d'amitié. Aujourd'hui qu'elles ne peuvent plus s'adresser qu'à sa mémoire, puissent-elles du moins rappeler à ses compatriotes, qu'un vieillard qui s'éteignit naguère parmi eux, obscur et oublié dans un pauvre village de la côte, fut ce Représentant du peuple qui, il y a un demisiècle, sauvait, au prix de son sang et au péril de sa tête, leurs foyers de l'envahissement et leurs pères de la proscription (2)!

(1) Gassanyes a écrit ses mémoires, mais pour sa famille seulement. Néanmoins il nous les a confiés et nous a permis d'y puiser à discrétion,

(5) Le 15 juin 1793, les notables de Perpignan s'assemblèrent dans l'église Saint-Jean et y signèrent une violente protestation contre le 31 mai. L'insurrection fédéraliste écrasée, la liste des signataires fut envoyée à Paris, et remise à Gassanyes pour être déférée au comité de Salut public. Gassanyes la ieta au feu.

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