CHAPITRE XYII
REDDITION DE BELLEGAUDB.
Reproches du gouvernement sur la stérilité de nos opérations. — Dugommier se décide enfin à rapprocher sa droite de son centre. — Nouvelle position de la division Augereau. — Le mouvement de concentration se propage sur toute notre ligne. — Etrange manœuvre de la Union. — Capitulation de Bellegarde; c'était le dernier point de notre territoire occupé par la coalition. — Joie et espérances que fait naître l'entière délivrance du sol de la République. — Fêtes des Victoires. — Combat de la Montagne Noire. — Déroute honteuse des Espagnols.
A la nouvelle de la sanglante bataille de Saint-Laurent, la Convention décréta que l'armée des Pyrénées orientales continuait à bien mériter de la patrie. Mais à ces félicitations, le Comité mêla de justes reproches : « Eh quoi! toujours des « combats inutiles! Quand donc nous donnerez-vous des «■ places fortes, au lieu d'épuiser vos efforts dans des attaques « sans fin, où, vainqueurs et vaincus, vous restez constam- « ment enchaînés dans un cercle de quelques milles de cir- « conférence? » Quel était, en effet, le fruit de cette nouvelle victoire, sinon le stérile honneur d'avoir une seconde fois, et sans compensation, échappé à un péril dans lequel on semblait se complaire?
changements dans nos positions. — A la fin pourtant, Dugommier se décida à rapprocher sa droite de son centre. Toutefois, il ne mit pas moins de treize jours à exécuter un mouvement qui aurait dû être l'affaire de deux fois 24 heures.
Les journées des 27, 28 et 29 furent employées en reconnaissances. Le 30, 1,500 chasseurs de la division de gauche passèrent à celle de droite, pour protéger le déplacement qui allait suivre. Dans les premiers jours de fructidor, inaction complète. Cependant Augereau lui-même, depuis la nouvelle
épreuve qu'il venait de subir, ne tenait plus en place. « Nous <c ne pouvons plus, écrivait -il, dans son impatience, au « général en chef, nous ne pouvons plus rester à Saint-Lau- « rent, n'eussions-nous à craindre que l'infection des cada- « vres qui encombrent les bords de la Muga. » Les généraux Robert et Boislignard furent alors placés, avec 1,500 hommes chacun, le premier sur la Magdelaine, le second en avant de la Fonderie; puis, sous la protection de ces deux postes, destinés à former L'arrière-garde, le 6 fructidor (23 août), l'évacuation de Saint-Laurent commença. Nous abandonnâmes ensuite la Fonderie, après avoir toutefois passé six jours et cinq nuits à la bouleverser. Enfin le 9, l'arrière-garde se mit en marche, fit sauter tous les ponts de la Muga, et se replia sur le village de Darnius, autour duquel Augereau était déjà en train d'installer sa division.
Les jours suivants, le mouvement de concentration se propagea au centre et à la gauche; au centre, il fut un moment troublé par une attaque assez sérieuse, qui fut dirigée, le 12, sur la Montagne Noire; enfin le 15 (1er septembre), ce mouvement se terminait sur toute la ligne. Mais, avant de faire connaître les modifications apportées par suite à celle-ci, jetons d'abord un coup d'œil sur le nouveau théâtre qu'était venue occuper la division qui avait amené tous ces changements.
Le vallon de Darnius court de l'ouest à l'est. Il est arrosé par un gros ruisseau tributaire du Ricardell, assez largement ouvert, et semé de prairies et de cultures. Une de ses berges, la droite, est néanmoins formée par un âpre banc de roc, où s'ouvre le chemin de Saint-Laurent, et qui se termine, un peu en aval de Darnius, par un escarpement à pic. C'est sur cette pointe, dite la Roca Malera, qu'un bataillon de la 3me demi -brigade avait fait si bonne contenance le 30 floréal et le 26 themidor. Sur la berge gauche, au contraire, règne un chaînon tout boisé, facilement abordable, et peu saillant d'abord. Mais à la fin de sa course, ce chaînon déprimé se relève brusquement à une grande hauteur, puis retombe tout à coup par un long et rapide talus , dont la route de Figuères dessine le pied. Cette croupe relevée,
masse énorme, qui plane sur tout le pays, se présente donc comme une montagne isolée. Nos soldats l'appelaient la Montagne Noire, à cause de l'apparence des deux versants qu'elle leur montrait, le nord et l'est , qui, en effet, sont ensevelis sous un bois touffu de l'aspect le plus sombre ; au contraire, la couleur sanglante des rochers nus qui déchirent son revers méridional, lui avait fait donner, par les Catalans, le nom de Montagne Rouge ou Mont Roig (prononcez Roitg).
C'est ce vallon de Darnius, ou plutôt son encadrement, qu'était venue occuper la division Augereau. Elle était disposée sur trois lignes, qui convergeaient, par leur gauche, vers la Montagne Noire. La première , formée par les chasseurs Bon , cinq excellents bataillons , longeait la rive gauche du Ricardell, depuis la rencontre de ce torrent avec le chemin de Massanet, jusqu'à son confluent avec le ruisseau de Darnius; elle franchissait ensuite ce ruisseau, puis allait, par une inflexion en arrière, s'appuyer à la Montagne Noire, non pas toutefois (comme on aurait dû le faire) au piton qui termine au-dessus de la route et commande toute la crête de la montagne, mais à Castellroig seulement, c'est-à-dire à une tour élevée jadis pour garder une dépression du penchant occidental de cette crête, poste qui, par suite, n'avait sur la route de Figuères ni vue ni action. C'est aussi à Castellroig que venait aboutir la gauche de la seconde ligne, qui avait sa droite à la Roca Malera; elle barrait ainsi l'embouchure du vallon de Darnius, laquelle était masquée d'ailleurs par un mamelon isolé où nous venions de construire une vaste redoute , surnommée l'Invincible. Cette redoute servait en même temps de point d'appui à une des extrémités de la troisième ligne, qui commençait à la hauteur de Darnius et couronnait la berge gauche de son vallon. Enfin, la réserve d'Augereau, la brigade Davin, avait rétrogradé jusqu'à Coustouge, et surveillait la frontière du Vallspire.
D'équerre sur la division de droite, celle du centre, déployée parallèlement à la route, partait encore du mamelon de l'Invincible et remontait, par Buscaros et Estrada, jusqu'à La Jonquère. Son front était couvert par sept bataillons de
chasseurs : quatre au pied de l'Invincible, et les trois autres autour de deux nouvelles redoutes établies, l'une tout contre le château de Buscaros, l'autre sur les hauteurs en avant d'Estrada.
La Jonquère reliait au centre la division de gauche, qui, réduite, pour renforcer les deux autres, à 4,000 hommes, avait dû appuyer au centre et, pour cela, remonter de Cantallops à Campcéret, d'où elle était, au reste, plus à même de surveiller Bellegarde.
En résumé, notre nouvelle ligne, deux fois brisée en équerre, à la Montagne Noire son saillant, et à La Jonquère son rentrant, avait ses deux ailes en potence sur son centre, c'est-à-dire sur la route, et les deux faces de son angle saillant, ses parties faibles, couvertes par trois redoutes et par tous les chasseurs de l'armée, qui composaient un effectif de 6,000 combattants, répartis en 12 bataillons.
Enfin Dugommier laissa son grand parc à la Jonquère, mais il en retira son quartier général qui fut transporté à Agouillane, pour être plus à portée de la division d'Augereau.
étrange manœuvre des espagnols. — Ces changements ne pouvaient manquer de réagir sur les positions de nos adversaires. La Union, en effet, se hâta de modifier, lui aussi, sa ligne de bataille. D'abord, à peine avions-nous abandonné la haute Muga, qu'il y avait porté son extrême gauche. Cetem pressement était assez naturel, et il était prévu. Mais, en vérité, on ne pouvait s'attendre à l'étrange manœuvre que le général espagnol allait faire exécuter à sa droite. Cette aile qui courait parallèlement aux Albères, d'Espolla à Camany, se retournait ensuite à angle droit et bordait la route, depuis Camany jusqu'à Vilarnadal. Or, la Union ne s'avisa-t-il pas de faire converser la première partie de cette ligne brisée, de manière à l'amener dans le prolongement de la seconde; de telle sorte que, de Vilarnadal aux abords de la Jonquère, il eut bientôt 20,000 hommes déployés en ligne droite, le long de la grande route. Son but était de faire échec à notre centre, pendant qu'il attaquerait la Montagne Noire où il se re-
pentait vivement de ne nous avoir point prévenus. Mais, dans quelle situation jetait-il cette ligne, dont il livrait ainsi la droite à La Jonquère, c'est-à-dire à la masse de la division Sauret, et la gauche à la Montagne Noire, sur laquelle il ne nous fallait que quelques heures pour concentrer la division Augereau! Bien plus, c'était le momenl même où la capitulation de Bellegarde rendait libre tout à coup notre troisième division, c'était la nuit du 17 au 18 septembre que choisissait l'imprudent chef pour exécuter sa malencontreuse manœuvre. Mais ce qui devait achever de le perdre, le sauva cette fois; car si Dugommier ne profita pas de sa faute pour l'accabler, c'est qu'il était tout eatier à recueillir le prix de sa longue résignation de quatre mois, ce prix si ardemment convoité, auquel le vainqueur du Boulou avait sacrifié déjà tant d'autres avances de la fortune.
capitulation de bellegarde. — Il venait, en effet, de s'abaisser enfin, ce pavillon d'Espagne, qui, depuis 134 jours, déployé sur les remparts de Bellegarde, en vue des deux armées rivales, leur signalait le but qu'elles se disputaient, la crête des monts.
Depuis plusieurs jours, la situation de la forteresse bloquée était affreuse : plus de pain ni de biscuit, quelques restes de salaisons pour tout aliment, et 400 hommes dévorés parle scorbut! Ne voyant donc plus autour de lui que des images de mort, et, depuis la bataille de Saint-Laurent, n'osant plus rien espérer, le marquis de Vallesentaro pensa qu'il avait accompli sa tâche, et adressa à Dugommier, le 17 septembre (premier jour complémentaire des Sanculottides), la lettre suivante : « J'ai répondu aux deux sommations que tu « m'as faites, conformément à mon devoir. Aujourd'hui que « je crois avoir rempli tout ce qu'il me dictait, je te remettrai « la place, si ta générosité m'accorde une capitulation hono- « rable ainsi qu'à ma garnison. » Dugommier répliqua sur-lechamp : « Je ne puis accepter aucune de tes propositions. La « garnison se rendra à discrétion ; elle attendra son sort de la « générosité française. » Le gouverneur espagnol connaissait la haute humanité du général français; il lui écrivit le I. 11
lendemain : « A la réponse que tu me fais, je réponds être « d'accord avec ce que tu proposes et ce que tu offres. » Dugommier avait simplement offert de plaider, près de son gouvernement, pour la vie de ses prisonniers.
Aussitôt, une compagnie de grenadiers républicains alla prendre possession de l'une des portes de la forteresse, pendant que la garnison sortait par l'autre. Elle nous laissait la fortification et les bâtiments entièrement réparés et dans le meilleur état possible, 68 bouches à feu, 40 milliers de poudre, plusieurs milliers de fusils, mais ni drapeau ni pain (1). Cette garnison se composait, d'abord de 400 scorbutiques qui furent transportés à l'ambulance des Capucins de Céret, où ils reçurent les soins qu'on aurait donnés à nos propres soldats, ensuite de 600 hommes valides qui allèrent attendre, dans la citadelle de Perpignan, que l'on décidât s'ils seraient ou non fusillés. Un imprudent décret de la Convention, en effet, frappait de mort toutes les garnisons des places nationales tombées au pouvoir de la coalition, si elles ne se rendaient dans un délai prescrit, et le délai fatal était expiré pour Bellegarde ; plus récemment, le décret du 23 thermidor défendait de faire aucun prisonnier espagnol, tant que la capitulation de Collioure ne serait pas exécutée, et il n'était pas question de nous rendre nos prisonniers; enfin Dugommier s'était de lui-même personnellement lié par sa seconde sommation. Néanmoins, ce noble adversaire avait sans hésitation et clairement fait entendre aux braves gens qui venaient de s'abandonner à la générosité française, que la république leur pardonnerait facilement de lui avoir causé plus de soucis qu'une armée de 50,000 hommes, et qu'ils n'avaient rien à redouter pour leurs jours. Il fallut toutefois que Dugommier et le représentant Delbrel se justifiassent d'avoir provisoirementlaisséla vie aux prisonniers de Bellegarde. Delbrel, qui arrivait à l'armée pour y remplacer, avec son collègue Vidal, ies deux commissaires sortants, Michaud etSoubrany, dont la
(1) Voici tout ce qui restait dans les magasins de Bellegarde : 63 barils et 400 arrobes de salaison; 138 sacs de riz; 109 sacs de légumes secs; 2,700 fromages; 96 pipes de vin et 60 livres d'huile.
mission venait d'expirer, Delbrel écrivit à la Convention que, s'il n'avait pas appliqué aux prisonniers de Bellegarde la rigueur des décrets, c'était pour les empêcher de s'ensevelir sous les murs de la forteresse, et ne pas attirer sur nos malheureux soldats détenus en Espagne d'affreuses et inévitables représailles ; et de peur d'attirer à son tour sur sa conduite le soupçon de modèr autisme, il rappelait que lui-même, lorsque Barère avait annoncé à l'Assemblée la reddition du Quesnoy, il avait interpellé l'orateur et demandé compte de l'exécution du décret de mort. Dugommier, de son côté, appela ainsi le Comité de salut public au secours de sa parole :
« Le décret de la Convention, qui ordonne de ne plus faire « de prisonniers, convient sans doute à un champ de bataille ; « mais, s'il m'est permis d'émettre mon opinion, je pense « qu'il est susceptible de modification à l'égard des places, « auxquelles il faut pouvoir offrir des conditions pour les « obtenir Notre armée était dans la détresse, 70,000 Este pagnols menaçaient de ravitailler Bellegarde, et nos divi- « sions n'avaient à leur opposer que l'énergie du petit nom- « bre. L'ennemi, réduit au. désespoir, eût pu faire sauter ces « murs que je m'étais tant efforcé de rendre intacts à laRépu- « blique. »
La république fit honneur à la parole du général et grâce à ses prisonniers.
Bellegarde était le dernier point de notre territoire qu'avait occupé la coalition. Cette entière délivrance du sol de la patrie causa un transport universel. Une fête nationale, la fête des Victoires fut ordonnée, et sur la proposition de Delbrel, le fort reconquis changea son nom en celui de Sud-libre, pour faire pendant kNord-libre ou Condé, que nous venions aussi d'arracher aux Autrichiens.
Ce succès, si longtemps attendu, donna essor aux plus belles espérances. On disait que, trop longtemps enchaînée au pied d'une forteresse, la valeur de nos soldats allait reprendre son vol, traverser comme un trait la Catalogne, et faire bientôt trembler dans sa capitale le tyran de Castille. Et cependant, l'armée victorieuse restait adossée aux Pyré-
nées, comme bloquée à son tour par l'immense chaîne de redoutes que les Espagnols avaient tendue devant elle, pendant qu'elle affamait Bellegarde ! Et le lendemain, c'étaient encore les vaincus qui prenaient l'offensive !
combat de la montagne noire. — La Union, à la nouvelle de la chute de Bellegarde, s'était naturellement hâté de ramener dans sa position primitive, c'est à-dire dans la direction de Camany à Espolla, la ligne qu'il avait si témérairement aventurée jusqu'aux abords de La Jonquère. Mais, sans perdre de vue le but qu'il avait manqué, il résolut de tenter sur la Montagne Noire un nouvel effort, une attaque de vive force, que devait puissamment favoriser, selon lui, la ligne demi-circulaire de batteries qu'il avait mis tant de soins à déployer au pied de cette montagne , depuis Bioure jusqu'à Camany. Quoi qu'il en soit, il exécuta son projet avec une précipitation qui honorait, sinon sa prudence, du moins sa courageuse ténacité, deux jours après la capitulation de Bellegarde.
Le 21 septembre, en effet (5e des Sanculottides), à 6 heures du matin, toute l'armée espagnole était sous les armes, et 4,000 hommes d'élite, commandés par le brigadier Tarranco, s'élançaient résolument sur la Montagne Noire, par les revers du nord et de l'est.
Ces revers, les seuls accessibles, sont couverts d'un bois épais, et la crête qui les couronne, large seulement de quelques pas, va en s'inclinant de l'est, où elle a, au-dessus de la grande route, son piton culminant, à l'ouest où elle présente l'échancrure que gardait la vieille tour de Castellroig. Une cinquantaine de nos chasseurs occupaient cette tour, qui, de ce côté, marquait si rigoureusement l'extrémité de nos postes, que la pointe orientale de la crête n'était pas même surveillée.
Aussi Tarranco n'eut-il aucune peine à s'emparer de ce piton délaissé. Mais l'espace manquant là et sur les hauteurs qui font suite, le désordre se mit bientôt, et dans la tête de la colonne qui ne trouvait pas à se développer, et dans les files qui montaient et ne pouvaient plus avancer. Ce trouble
fut cause que des tirailleurs ennemis, enfreignant un ordre bien positif, qui leur défendait de pousser en avant, s'approchèrent de la tour. Ce faux mouvement nous sauva. En effet, nous allions être surpris par une masse de plusieurs milliers d'assaillants, qui déjà traînaient à leur suite quelques pièces de canon, lorsqu'une de nos sentinelles d'avant-poste, prouvant une fois de plus ce que peut souvent, pour le salut d'une armée, un simple factionnaire, le chasseur Roch fit feu et brûla, avant de se retirer, jusqu'à sa dernière cartouche. L'alarme est ainsi donnée à Castellroig; elle se communique aux bataillons de chasseurs campés au pied de la montagne, et le plus rapproché, le bataillon Papin, accourant aussitôt, s'élance résolument dans le bois du revers septentrional, sur la droite et sur les derrières des Espagnols. Ceuxci, ne pouvant compter leurs adversaires, s'imaginent qu'ils sont coupés ; alors, tout à coup saisis d'une panique qu'accélèrent les cris de somoscortados, ils se précipitent pêle-mêle des hauteurs sur la grande route, et courent chercher un refuge sous leurs batteries. Ils laissaient sur place 600 hommes morts, blessés ou prisonniers, un plus grand nombre encore de fusils, et quatre pièces de canon toutes neuves, qu'ils comptaient étrenner.
La Union, au désespoir, flétrit sans distinction tous ceux qui avaient pris part à cette honteuse tentative, les officiers comme les soldats ; et il infligea, en outre, à ceux qui avaient abandonné leurs armes, un châtiment aussi étrange qu'ignominieux : il leur tit arracher leurs uniformes, prendre en guise de fusils des quenouilles, et enfourcher des ânes, cmome les criminels en Espagne, quand iis marchent au supplice ; puis il força cesmalheureux à défiler ainsi devant leurs compagnons d'armes navrés eux-mêmes de tant d'opprobres. Enfin il mit à l'ordre que, quiconque perdrait sa formation, s'éloignerait de son bataillon de plus d'une portée de canon , ou abandonnerait ses armes, serait puni de mort.