QUATRIÈME PLAN D'ATTAQUE
projet. — Une reconnaissance faite le 8 (27 janvier), sur le front de la ville, constata que la terre était tellement saturée d'eau, qu'elle ne souffrirait de longtemps aucun travail. Alors tous les regards se tournèrent vers la butte d'où Andréossy, au début du siège, avait promis de réduire d'emblée la citadelle. Cette butte ne découvrait, du corps de place, qu'une hauteur insuffisante pour qu'on pût, de là, faire une brèche praticable ; mais c'était le seul point du pourtour de l'enceinte où le terrain, de nature schisteuse, conservât quelque consistance. Il n'y avait donc point à balancer. Aussi , un conseil de guerre, présidé par le général en chef et auquel assistaient les représentants du peuple, décida-t-il à l'unanimité que 18 canons, du plus gros calibre possible, seraient
établis sur cet emplacement, et que ces 18 pièces, et 55 autres, canons, mortiers ou obusiers, réparties entre neuf batteries construites ou à construire , que 73 bouches à feu , en un mot, vomiraient sur l'indomptable citadelle la destruction et la mort.
Ce quatrième plan d'attaque, ou plutôt cette canonnade générale n'aboutissait donc encore qu'à une solution incertaine. Néanmoins, on pouvait espérer, cette fois, sans trop de présomption, que les derniers scrupules de l'honorable gouverneur de Roses ne tiendraient pas contre les boulets qui allaient, sinon faire brèche à ses escarpes , du moins les entamer.
exécution. — Comme le point capital du nouveau projet était l'établissement de la grande batterie, le général en chef donna l'ordre aux commandants de l'artillerie et du génie d'en diriger eux-mêmes les travaux.
L'artillerie était toujours commandée par le général de brigade Lamartillière,qui, malgré deux blessures, dont l'une toute récente, n'avait pas pris un jour de repos depuis le commencement de la guerre des Pyrénées (1). Ce brave et infatigable vétéran déploya, dans cette dernière crise du siège, une activité sans exemple. En cinq heures, en effet, du 10 pluviôse à 10 heures du soir au lendemain à 3 heures du matin, il parvint, en employant 800 travailleurs qui furent relevés à minuit par 800 autres, à terminer, malgré la résis-
(1) Lamartillière était né en 1732. Entré au service en 1757, comme souslieutenant, ce fut en cette qualité et en celle de lieutenant qu'il fit la guerre de Sept Ans. Employé ensuite à la Guadeloupe , il y servit d'une manière distinguée. La paix étant survenue, il en profita pour perfectionner ses connaissances dans les principes de son art, sur lequel il a écrit des pages fort estimées, entre autres des Mémoires sur les fonderies. Aussi, longtemps avant la révolution, le colonel Lamartillière passait-il pour un des meilleurs officiers d'un corps que le grand Frédéric reconnaissait pour le plus instruit et le mieux organisé de l'Europe.
Blessé à Peyrestortes et, le 27 brumaire, à la Montagne Noire, il avait été nommé général de brigade le 12 germinal an u (1er avril 179-4).
Un message de Napoléon au Sénat (25 frimaire an x) résume l'éloge de ce glorieux vétéran : « Lamartillière a commandé constamment, pendant « toute la guerre de la liberté, l'artillerie aux différentes armées; il n'a voulu « se donner aucun repostant qu'il y a eu des ennemis à combattre. »
tance d'un sol rocailleux, l'épaulement de la batterie de brèche, avec ses 18 embrasures revêtues en sacs à terre ; il donna même à l'épaulemeut une épaisseur plus qu'ordinaire et un surcroît de hauteur qui allait permettre d'élever le niveau des plates-formes un peu au-dessus du sol, afin de découvrir le plus d'escarpe possible. Il entreprit ensuite les terre-pleins, les plates-formes et les magasins à poudre. Enfin, avant la nuit du 12, tout était terminé, sauf l'armement.
Le Génie était chargé d'établir des communications rapides et sûres entre le parc d'artillerie de Palau et la butte où se dressait la batterie de brèche. On se rappelle qu'au début du siège, ces communications avaient été tracées par Andréossy lui-même et exécutées en partie par Fournier- Verrière. Il s'agissait de relever ce qui avait été fait et d'y ajouter plusieurs boyaux de tranchée. Mille hommes furent employés sans relâche à ce travail, qu'on ne put toutefois, faute d'outils libres, commencer avant le 11 au soir. Avonsnous besoin d'ajouter qu' Andréossy y dépensa tout le zèle et l'intelligence d'un auteur pour son œuvre , pour une œuvre longtemps abandonnée , méconnue , mise en suspicion , et dont les chances de succès, encore contestables, laissaient peser sur sa tête une si lourde responsabilité? Aussi, dès le 12 à l'entrée delà nuit, l'artillerie put-elle passer, si bien qu'avant le jour, ses 18 pièces n'avaient plus qu'à entrer en action.
Mais les travaux par nous exécutés depuis deux jours ne se bornaient point à la mise en batterie de ces 18 bouches à feu, car 55 autres étaient prêtes aussi à foudroyer la place.
Ces 55 pièces étaient partagées en neuf batteries.
Les cinq premières (16 mortiers et 4 canons) avaient été construites ou réorganisées clans le but de coopérer directement au succès de la batterie de brèche, qu'elles avoisinaient. Elles formaient un premier groupe.
Les quatre autres (35 bouches à feu) n'étaient pour ainsi dire qu'accidentelles: c'étaient les batteries qui se trouvaient presque achevées et qui allaient contre-battre le front de la ville, lorsque la neige était venue déjouer notre troisième plan d'attaque. La plupart voyaient à dos le front auquel nous II. 17
étions revenus, et c'est pour cette raison que nous les avions terminées. C'était un second groupe, distinct du premier.
Voici, au reste, l'énumération de ces neuf batteries, dans l'ordre où elles se présentaient sur le pourtour de la citadelle, abstraction faite de leur plus ou moins de rapprochement de celle-ci :
1° La batterie de Castillon. Elle avait reçu au commencement du siège et avait conservé, outre six pièces pour balayer la rade et que nous ne comptons pas pour le moment, 4 mortiers de 12 pouces, qui concentraient leurs feux sur la citadelle.
2° Une batterie de 4 mortiers de 12 pouces aussi, construite en même temps que la batterie de brèche , et placée sur le flanc droit et à un retour du rideau que celle-ci couronnait.
3° L'ancienne batterie du mas Berges, en arrière de la grande. On avait laissé sur ce point 4 mortiers de 10 pouces.
4° Une batterie de création nouvelle comme la seconde et de même composition que la troisième, située à 120 toises en arrière de la première parallèle.
o° Et en avant de celle-ci, une batterie à ricochet, précédemment construite, d'où 4 pièces de 24 devaient désarmer la face et le flanc gauche du bastion droit du front d'attaque, car c'était à la face droite de son collatéral de gauche et à une portion de la courtine adjacente qu'on prétendait faire brèche. C'était la dernière batterie du premier groupe.
6° La batterie dite de Bleuse, de 6 mortiers (4 de 10 pouces et 2 de 8), antérieurement dressée en avant de la redoute qui terminait le retranchement de la ville.
7° Cette redoute elle-même, qui renfermait 2 pièces de 24 et 1 obusier de 8.
8° La batterie du penchant de la montagne, armée, aux dépens des batteries qui avaient écrasé le Bouton, de 10 canons de 24, de 2 obusiers de 8 pouces et de 4 mortiers.
9° Enfin, la batterie du faubourg, au bord de la plage, derrière les maisons les plus éloignées de la citadelle. On
venait de l'improviser en remplacement des deux batteries de brèche projetées plus en avant, et on lui avait donné les pièces destinées à ces batteries : 8 canons de 24 et 1 obusier de 8 pouces, auxquels on avait ajouté 1 mortier.
Total : 27 mortiers, 3 obusiers et 42 canons.
D'autre part, 4 canons de 24 et 2 obusiers de 8 pouces dans la batterie de Castillon, et, dans l'intérieur ou au pied du fortin, 14 pièces de divers calibres, devaient tenir l'escadre à distance. Là, des forges et des grils étaient disposés pour faire rougir les boulets.
Et il avait suffi de 54 heures pour organiser et pourvoir de cinq jours de munitions ce formidabie armement. Du reste, l'ennemi n'avait pas cherché à troubler nos travaux, même par ses boulets. Il s'était imaginé que la grande batterie dressée contre son front nord, que tous nos préparatifs de ce côté n'étaient qu'une feinte pour l'engager à dégarnir le front de la ville en avant duquel il nous voyait aussi travailler activement, et il avait achevé d'accumuler sur ce dernier front tout ce qui lui restait de moyens de défense. Il allait être bientôt et cruellement désabusé.
la citadelle écrasée. — En effet, le 13 pluviôse (1er février), aux premières lueurs du crépuscule, la grande batterie donna le signal aux autres, et soudain la citadelle fut enveloppée dans un tourbillon de feu. Cette malheureuse place ne put répondre que du côté où elle avait concentré ses dernières ressources, c'est-à-dire sur le front qui n'était plus attaqué; et encore, à peine mêla-t-elle à l'effroyable roulement de nos 93 pièces quelques rares coups de canon. Quant à l'escadre, quoique provoquée par nos boulets rouges, elle resta immobile et muette.
capitulation. — Deux jours et deux nuits, sans relâche, la garnison espagnole reçut à ciel ouvert et en silence cette averse de boulets et de bombes. Enfin, le 15 (3 février), à la pointe du jour, la chamade qu'on entendit battre sur les remparts etle drapeau blanc qu'on y vit arborer en signe de capitulation, nous annoncèrent le terme de ce long siège. Sur-lechamp nos batteries cessèrent de tirer. Alors un parlementaire
vint nous prévenir qu'il ne restait plus dans la place que 540 hommes aux ordres d'un colonel qui s'abandonnait entièrement, lui et les siens, à la générosité française. En effet, le général Yzquierdo, qui ne pouvait prolonger sa glorieuse résistance qu'en laissant écraser homme par homme sa brave garnison, avait profité de la nuit du 2 au 3 pour la sauver. L'embarquement s'était fait avec calme, dans le plus grand ordre, et une fausse alerte , provoquée par la vigilance de l'infatigable général Victor, avait seule éloigné les bateaux désignés pour recevoir l'arrière-garde qui se constituait prisonnière.
Nous fîmes, le jour même, notre entrée dans la citadelle de Roses. Elle présentait un spectacle lamentable : tous ses bâtiments incendiés ou démolis par nos 40,000 projectiles (4); ses rues encombrées de ruines, et le sol de ses places effondré par la chute et l'explosion des bombes, ou hérissé de fosses dont la plupart ne recouvraient plus qu'à demi les tristes dépouilles qu'on leur avait confiées.
Combien de cadavres gisaient là, et quelle était, en définitif, la perte des Espagnols? C'est ce qu'il est d'autant plus difficile de préciser, qu'il y avait eu, entre la place et l'escadre, de continuels échanges d'hommes malades ou hors de combat, contre des sujets valides. Delbrel assure que les assiégés eux-mêmes avouèrent 3,000 morts ou blessés. Ce chiffre, qui comprend sans doute les pertes de l'escadre et les malades, un autre rapport, spécial à la citadelle, le fait descendre à 800. Enfin une troisième évaluation, où ne sont pas compris les hommes qui allèrent se faire panser ou mourir à bord, réduit le nombre des morts à 113 , des blessés à 470, et des malades gravement atteints à 1,160. Quant à nous, nous n'avouâmes que 50 soldats tués par le feu de l'ennemi et 150 blessés; mais, des nombreuses victimes du typhus et de nos meurtriers bivouacs, il n'en fut pas officiellement question.
(1) A ces 40,000 projectiles, la citadelle avait répondu par : 13,633 boulets, 1,297 obus et 3,602 bombes, et l'escadre par: 4,773 boulets, 2,493 obus et 2,736 bombes ; total : 28,534 projectiles. Et pour tout le siège, de part et d'autre : 71 ,780.
Nous trouvâmes dans la citadelle de Roses : 90 bouches à feu, 11,814 projectiles (1), 20 milliers de poudre, 14,000 cartouches et 200 fusils hors de service. Il n'y restait qu'un chétif approvisionnement de vivres. Tous les drapeaux avaient disparu.
conclusion. — Tel fut le siège de Roses , un des plus célèbres de nos annales républicaines. Et cependant, à le considérer au point de vue de l'art, que de fautes commises ! La première, nous l'avons dit, fut le siège lui-même; et cette faute entraîna la nécessité d'une troisième campagne, quand, dans celle qu'on était en train de parcourir avec tant de bonheur et de gloire, il était si facile de tout terminer. On recula devant une entreprise qui , loin d'être aventurée , n'avait de l'audace que les avantages, c'est-à-dire les apparences. Si du moins, en revanche, cet élan de victoire qu'on préférait amortir dans les marais de l'Ampurdan plutôt que de lui donner carrière contre une armée en déroute à laquelle nulle flotte, nul autre abri que la place délabrée de Girone ne pouvait donner asile, si cet enthousiasme révolutionnaire , qui venait de faillir au principe de sa puissance, avait du moins,
(1) Voici le détail de l'artillerie et des projectiles abandonnés par les Espagnols dans la citadelle de Roses :
Bouches à feu. Canons de 24 22
Républicaines . . 2
Obusiersde8 2
Pierriers de 16 1
Mortiers de 12 10
Total des bouches à feu 90
Projectiles.
Boulets de divers calibres 10,575
Obus 721
Bombes 518
Total 11,814
une fois aux prises avec des obstacles matériels sérieusement défendus, fait place au calme réfléchi qui compte avec ces obstacles et à l'esprit de suite qui, seul, peut les surmonter ! Mais non, et tardivement téméraires après un excès de prudence, nos chefs, ne sachant point se résigner de primeabord aux sages lenteurs d'un plan méthodique, devaient se laisser entraîner à une bizarre succession d'attaques discordantes, et perdre, par leur impatience , sous des remparts qu'ils pouvaient réduire en une décade, perdre soixante-huit jours! au bout desquels encore ils n'avaient pas même fait à ces remparts, deux fois renversés par leurs ancêtres, une brèche praticable !
Mais toutes ces fautes disparurent devant l'admirable attitude de l'armée de siège. Ainsi, on ne s'inquiéta guère de rechercher si, résistant toujours, comme il l'aurait dû, à l'impatience de son entourage, le général en chef n'avait pas précipité quelques mesures hasardeuses, sur lesquelles il avait été ensuite forcé de revenir : il suffisait qu'on le montrât parcourant, comme le dernier soldat, les meurtrières et fangeuses tranchées de la plaine , ou bien sur un rocher de puig Rom, tranquillement assis devant un obus qui brûlait son manteau, et disparaissant dans l'explosion, pour reparaître après, au milieu de ses officiers couchés ventre à terre, avec un visage aussi calme que si rien ne se fût passé autour de lui. Aux représentants qui voulaient donner l'assaut à un double rempart à peine écrôté par nos boulets, on ne demanda point compte de leurs excitations insensées : on avait vu Delbrel , toujours debout, accourir partout où le danger sévissait, comme si son état eût fiœè là sa place; on l'avait vu, quand il visitait les batteries, dédaigner les communications détournées et sûres, pour traverser à son pas ordinaire, en grand costume, les passages où sifflait la mitraille, où la terre fumait sous les balles. Sans égard pour les leçons des précédents sièges de la place qu'ils attaquaient, les ingénieurs n'avaient pas, en décembre, fait entrer dans leurs calculs les intempéries de l'hiver : mais on oubliait leur imprévoyance pour ne se rappeler que leur
dévouement, lorsque, dans l'eau jusqu'à la ceinture, ils réparaient les désastres de l'inondation, ou qu'en tête des soldats de Victor, ils leur frayaient, dans les neiges perfides de la montagne, des sentiers bordés de précipices que Vœil ne pouvait soupçonner (1). Encore moins songea-t-on à reprocher à nos officiers de ligne leur mollesse dans la surveillance des travaux, et à nos soldats leur inertie, leur mauvais vouloir même , dans l'exécution : ce qui préoccupait la renommée, c'était leur ardeur à hisser du canon de 24 sur des rochers inaccessibles, et leur audace à franchir les parapets d'une redoute; c'était le premier cri des blessés, ce cri instinctif que leur arrachait, avant la douleur, la crainte de ne pas être guéris pour Vassaut. Les volontaires aussi avaient leur part, et l'on citait ce vieillard des environs de Toulouse, nommé Laplane , qui était accouru au siège avec tous ses enfants , cinq fils, au milieu desquels on le rencontrait toujours à la tranchée , donnant l'exemple des dévouements antiques. Enfin l'artillerie était au-dessus de tous les éloges, et à ces éloges il n'y avait point de restriction (2). C'est ainsi que le siège de Roses mérita de fixer les regards
(1) Cet hommage fut rendu à l'artillerie et à son digne chef, le jour même de la prise de Roses, par le général Pérignon, dans une lettre qu'il se hâta d'écrire au Comité de salut public. Cette lettre contenait , en outre, les choses les plus flatteuses sur le compte du général Victor qui, non-seulement avait pris aux travaux du siège la part le plus distinguée, mais avait rendu des services non moins méritoires, en entretenant, malgré d'incroyables obstacles, les "communications entre notre parc de Palau et le petit port de Selva de Mar, par où arrivait une grande partie de nosmunutions. Palau et la Selva sont séparés par d'affreuses montagnes. Enfin Pérignon n'avait pas assez d'éloges pour l'infatigable zèle du représentant Delbrel, qui n'avait cessé de payer de sa personne dans nos tranchées et nos batteries, que pour courir arracher à nos départements méridionaux le pain dont s'étaient nourris nos soldats, pendant les derniers jours du siège; tâche d'autant plus difficile, que ces départements, le Gard, entre autres, d'où partaient les convois, étaient de nouveau en proie à une affreuse anarchie, suite de la réaction de thermidor. Delbrel, de Moissac, était un administrateur de premier ordre, et il l'avait déjà prouvé dans une mission fort bien remplie à l'armée du Xord. C'est lui seul, pour ainsi dire, qui avait fait vivre notre armée de Catalogne, dans la seconde moitié de cette campagne.
(2) Ajoutons que les soldats du 5e bataillon de sapeurs abandonnèrent à l'État (voir le Moniteur du 24 ventôse) les gratifications qui leur étaient dues poulies travaux par eux exécutés devant Roses pendant le mois de nivôse. Les officiers y ajoutèrent le quart de leur solde d'un mois,
de toute la France, dont l'admiration resta, pendant trois mois de ce cruel et glorieux hiver, partagée entre deux manifestations bien différentes de son génie guerrier : la rapide et merveilleuse conquête de l'armée qui sillonnait au pas de charge les glaces de la Hollande ou abordait au galop ses vaisseaux captifs, et l'inébranlable patience de ces phalanges immobiles au pied d'une falaise des Pyrénées, et s'acharnant au milieu des tempêtes , en dépit d'une mer en feu , contre quelques pans de muraille.
Ce siège termina dignement, sur cette frontière, l'immortelle campagne de 1794, qu'un grand orateur proclamait, en face de nos plus cruels ennemis, une campagne sans exemple dans les annales du monde (1).
(1) Fox, au parlement anglais.