‹ Campagnes de Virginie et de Maryland en 1862 documents officiels, avec introd. et annotChapitre 15 sur 24 · OPÉRATIONS DE CONCERT AVEC LE GÉNÉRAL POPE · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS DE CONCERT AVEC LE GÉNÉRAL POPE

Le général Burnside, avec son corps, fut le premier à quitter la péninsule. 11 débarqua à Aquia-Creek et marcha sur Fredericksburg pour y relever le général King, qui rejoignit aussitôt son corps (Mac Dowell) alors avec le général Pope. Bientôt après, le général Burnside reçut Tordre de donner toute Y assistance possible au général Pope, et il fit immédiatement remonter le Rappahanock à deux de ses trois divisions (Reno et Stevens). Aussitôt après, l' avant-garde de l'armée du Potomac, le corps de Fitz-John Porter, débarqua à Aquia et fut envoyée au général Pope par le général Burnside. Le reste de l'armée du Potomac, excepté le corps de Keyes laissé en garnison à Yorktown, débarqua à Alexandrie et rejoignit de là le général Pope. Le général Sumner s'arrêta à Aquia et y débarqua une portion de son corps, mais il reçut l'ordre de se réembarquer pour Alexandrie, ce qu'il fit.

Les troupes envoyées à l'appui du général Pope l'étaient par ordre du général Halleck ; pour celles envoyées d' Aquia, les ordres étaient donnés par l'intermédiaire du général Burnside ; pour celles

envoyées d'Alexandrie, les ordres furent donnés directement aux commandants de corps jusqu'à l'arrivée du général Mac Clellan, le 26 août, après quoi les ordres furent donnés par son intermédiaire.

Tout ce qui concerne la campagne de Virginie a été si complètement examiné par les cours militaires pour les cas des généraux Mac Dowell et Fitz-John Porter, dont les débats ont été publics, que votre comité n'a pas cru nécessaire de se livrer à une investigation détaillée de cette campagne ainsi que, sans cela, il l'aurait fait. Il s'en réfère donc principalement aux ordres et correspondances concernant les retards des corps Sumner et Franklin dans leur marche d'Alexandrie à l'appui de Pope.

Le 27 août, à 10 heures du matin, le général Halleck télégraphie au général Mac Clellan que « le corps Franklin doit marcher dans cette direction (Manassas) aussitôt que possible ». A I Oh. 40, le général Mac Clellan réplique : « J'ai donné ordre à Franklin de se préparer à marcher immédiatement avec son corps, et de venir lui-même ici (Alexandrie) pour se renseigner sur ses moyens de transport. Kearney était hier au Rappahanock, Porter à Bealton, Kellys, Burnetts, etc.; Sumner commencera à atteindre Falmouth aujourd'hui. »

A midi, le même jour, le général Halleck télégraphie au général Mac Clellan : « Des télégrammes de Porter à Burnside qui viennent d'arriver disent que Banks est à Fayetteville. Mac Dowell, Sigel et Ricketts, près de Warrenton ; Reno sur sa droite. Porter marche sur Warrenton pour renforcer Pope. On ne dit rien de Heintzelman. Porter annonce une bataille générale comme imminente. Le corps de Franklin doit forcer de marche, porter trois ou quatre jours de provisions et être approvisionné par chemin de fer aussi loin que possible. »

Du général Mac Clellan au général Halleck, même jour, expédié à midi 5; reçu à 1 h. 40:

« Mon aide arrive du camp Franklin. 11 rapporte que les généraux Franklin, Slocum et Smith sont tous à Washington. Il a donné ordre au premier en rang de préparer une marche immédiate des corps. »

Du même au même, expédié à 1 h. 15 après midi, reçu à 1 h. 50 : « L'artillerie de Franklin n'a pas de chevaux, sauf pour 4 canons sans caissons. Je ne puis point réunir de cavalerie. En suite de cela, ne serait-il pas mieux de faire arriver le corps de Sumner ici, par eau, aussi vite que possible, et de prendre immédiatement

des dispositions pour mettre en bon état de défense les ouvrages du front de Washington? Je ne puis savoir la force de 1' ennemi entre Pope et nous-mêmes. Franklin peut-il effectuer quelque chose d'utile sur le front sans artillerie ni cavalerie ? Burnside ne devrait-il pas se mettre promptement en mesure d'évacuer Aquia et Falmouth, couvrant en même temps la retraite des troupes de Pope qui pouraient être rejetées dans cette direction ? Je ne crois pas que nous ayons assez de forces en mains pour nous relier à Pope, dont nous ne connaissons pas exactement la position. Etes-vous en sécurité dans la direction de la vallée ? »

A 1 h. 50, le général Halleck répliqua : « Oui, je pense que le corps de Sumner doit venir à Alexandrie. L'ennemi a paru à Leesburg, et l'officier qui commande à Edwards -Ferry demande de la cavalerie. En avez-vous à lui envoyer? L'ennemi paraît tenter de tourner la droite de Pope. N'avez -vous pas de voie de communication avec lui ? »

Le matin du 28 , le général Halleck télégraphie au général Franklin : « En quittant le général Mac Clellan ce matin, à environ deux heures, il a été entendu que vous mettriez en

marche votre corps aujourd'hui sur Manassa&- Junction, afin de repousser l'ennemi du chemin de fer. Je viens d'apprendre que le général n'est pas de retour à Alexandrie. Si vous n'avez pas reçu cet ordre, agissez sur celui-ci. »

Le même jour, 28 août, à 1 h. 5 après midi, le général Mac Clellan télégraphie au général Halleck : « Reçu votre dépêche à Franklin. J'ai fait tout au monde pour ramasser de l'artillerie

et de la cavalerie. Dès que Franklin pourra partir avec un effectif raisonnable d'artillerie il

partira Veuillez voir Barnard, et vous assurer

que les ouvrages du pont de chaînes sont en parfaite sécurité. Je considère ces ouvrages, spécialement les forts Ethan, Allen et Marcy, comme de la première importance. »

A 3 h. 30 après midi, le général Halleck télé- ' graphie au général Mac Clellan : « Il n'y a pas un moment à perdre pour lancer une force aussi considérable que possible dans la direction de Manassas, et pour communiquer avec Pope avant que l'ennemi ne soit renforcé. »

A 4 h. 45 après midi, le général Mac Clellan réplique : « Reçu votre dépêche. Ni le corps de Franklin ni celui de Sumner ne sont à même de se mobiliser et de livrer bataille. Ce serait un

sacrifice que de les porter en avant maintenant. J'ai envoyé des aides de camp s'informer de la condition des troupes de Cox et de Tyler; je crois encore qu'un mouvement prématuré en faibles détachements n'amènera que la destruction des troupes lancées en avant. Je répète que je ne perdrai pas un moment pour préparer les troupes maintenant ici à marcher au feu, et que, quelque ordre que vous donniez, après avoir entendu ce que j'ai à dire, il sera exécuté. »

A 8 h. 40 après midi, le général Halleck télégraphie au général Mac Clellan : « Il ne doit plus y avoir de délai à mobiliser le corps de Franklin vers Manassas ; il doit partir demain matin, prêt ou non. Si vous lardez encore il n'y aura plus besoin du tout d'y aller, car Pope sera défait ou victorieux sans notre aide. Si les waggons manquent, les hommes porteront leurs provisions jusqu'à ce que les waggons puissent venir à leur aide. »

A 10 h. du soir, le général Mac Clellan télégraphie : « Reçu votre dépêche. Le corps de Franklin a reçu l'ordre de se mettre en marche demain matin à 6 heures. Sumner a environ quatorze mille hommes d'infanterie, sans artillerie ni cavalerie ici. »

Le 29, à 10 h. 30 du matin, le général Mac Clellan télégraphie au général Halleck : « Le corps de Franklin est en marche, parti à peu près à 6 heures du matin. Je n'ai pu lui donner

que deux escadrons environ de cavalerie Si

Sumner doit suivre Franklin, nous restons sans troupes disponibles pour Washington. D'autre part Franklin est trop isolé! que faut-il faire? Je n'ai que trois escadrons appartenant à l'armée du Potomac. Franklin n'a que quarante cartouches par homme, et il n'y a plus de waggons à mettre en route. Je ne pense pas que Franklin soit en état de faire grand'chose s'il rencontre une forte résistance. Je ne l'aurais pas mobilisé sans vos pressants ordres de la nuit dernière. »

A midi, le général Mac Clellan télégraphie :

« Désirez-vous que le mouvement du corps Franklin se continue ? Il est sans munitions de réserve et sans transports. »

Dans une autre dépêche de même date il télégraphie : « Franklin n'a que de 10 à 11,000 hommes présents sous les armes. Jusqu'où désirez-vous que cette force avance ? »

A 3 heures après-midi, le général Halleck télégraphie au général Mac Clellan : « 11 faut

({ne le corps Franklin s'avance jusqu'à ce qu'il apprenne quelque chose de l'ennemi. Peut-être à Amandale pourra-t-il avoir quelques renseignements et n'avoir pas besoin d'aller plus loin. Autrement il poussera jusqu'à Fairfax. Tâchez de savoir quelque chose de la direction de Manassas, soit par télégrammes, soit par les éclaireurs de Franklin. Nos gens doivent marcher plus activement et découvrir où est l'ennemi. Je suis las de conjectures. »

A 2 h. 40 après midi, le président demande au général Mac Clellan : « Quelles nouvelles de la direction de Manassas-Junction ? Quoi, en général? »

A 2 h. 45, reçu à 3 h. 30 après-midi, le général Mac Clellan répond : « Les dernières nouvelles que j'ai reçues de la direction de Manassas étaient de traînards, disant que l'ennemi évacuait Centreville dans la direction de Thoroughfare-Gap. Ce n'est pas authentique. Je pense que l'une de ces deux alternatives doit être suivie : 1° Concentrer toutes nos forces disponibles pour se relier à Pope ; 2° laisser Pope se sortir de sa nasse , et user immédiatement de tous les moyens pour mettre la capitale en parfaite sécurité. Aucun terme moyen n'est main-

tenant de saison. Dites-moi ce que vous désirez que je fasse, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour l'accomplir. Je désire savoir quels sont mes ordres et ma compétence. Je ne demande rien ; j'obéirai à tous les ordres que vous donnerez. Je demande seulement une prompte décision, afin que je puisse donner immédiatement les ordres nécessaires. Je ne tarderai pas longtemps. »

A 4 h. 10 après midi, le président réplique : « Je reçois votre dépèche d'aujourd'hui. Je pense que votre première alternative : concentrer toutes vos forces pour rouvrir les communications avec Pope, est la meilleure. Mais je désire ne pas vous l'ordonner. Je laisse cela maintenant au général Halleck, aidé de vos conseils. »

A 7 h. 50 du soir, le général Halleck télégraphie au général Mac Clellan : «Vous enverrez immédiatement un train de construction et de gardes pour réparer le chemin de fer de Manassas. Ne mettez pas de délai à cela. On vient de me dire que le corps Franklin s'arrête à Amandale, et qu'il était ce soir encore à Alexandrie. Cela est contraire à mes ordres. Examinez le fait de cette désobéissance et faites rapport. Ce corps doit pousser en avant, comme je l'ai ordonné,

pour protéger le chemin de fer et ouvrir nos communications avec Manassas. »

A cela le général Mac Clellan réplique, 8 h.

du soir, reçu à 8 h. 50 : « Il n'était pas sûr pour Franklin de marcher au delà d'Amandale dans ces circonstances jusqu'à ce qu'on sût ce qui se passait à Vienna. Le général Franklin est resté ici jusqu'à environ 1 h. après midi, s' efforçant de réunir des approvisionnements pour sa troupe. Je suis responsable pour ces deux faits, et je ne crois pas qu'ils enfreignent vos ordres. Veuillez donner des ordres distincts en ce qui concerne les mouvements de Franklin pour demain Pour les

mouvements de demain, je désire des instructions précises, car il ne m'est pas agréable d'être accusé de désobéissance , alors que j'ai simplement usé de la latitude que vous m'aviez laissée. »

A 10 h. du soir, le général Mac Clellan télégraphie : « N'ayant rien reçu de vous, j'ai envoyé l'ordre au général Franklin de se placer en communication avec le général Pope, en avançant autant que possible et en même temps en couvrant la ligne d'approvisionnements de Pope. »

A 10 h. du soir, le général Mac Clellan envoie encore au général Halleck une dépêche reçue du général Franklin, datée d'Amandale, 7 h. 15

du soir, dans laquelle le général Franklin mentionne des rumeurs de la bataille de cette journée , et termine comme suit : « On dit Pope fort à court de provisions, et le pays ne peut lui en fournir. »

Le 30 août, à 5 h. du matin, le général Pope expédia une dépêche au général Halleck , reçue à 3 h. 20 après midi, et datée du champ de bataille près Groveton, Virginie, contenant un récit de la bataille de la veille et se terminant comme suit : « Je pense que vous auriez mieux fait d'envoyer les régiments de Franklin, Cox et Sturgis à Centreville, avec des vivres et des fourrages. J'ai reçu ce matin une note du général Franklin, écrite par ordre du général Mac Clellan, disant que les waggons et les chars seraient chargés et dirigés sur Fairfax-Slation aussitôt que j'enverrais une escorte de cavalerie à Alexandrie pour les conduire. Une telle demande, alors qu'Alexandrie regorge de troupes et que, nous, nous combattons l'ennemi, n'a pas besoin de commentaire. Voulez vous bien m' envoyer sans délai ces subsistances à Centreville?»

Le 30 août, à 9 h. 40 du soir, le général Halleck télégraphie au général Mac Clellan : « Je ne suis pas du tout satisfait de la marche d'hier du

général Franklin , vu les circonstances du cas. Il eut grand tort de s'arrêter à Amandale. En outre, j'ai appris la nuit passée que le département de l'intendance aurait pu lui donner beaucoup de transports, si on les avait demandés, en tout temps depuis son arrivée à Alexandrie. Il connaissait l'importance d'ouvrir les communications avec l'armée du général Pope, et devait agir plus promptement. »

A 1 1 h. du soir, le général Mac Clellan télégraphie : « J'ai ordonné à Sumner de laisser une brigade dans le voisinage du Pont-de-Chaînes et de mobiliser le reste par la route de Colombia, sur Amandale et Fairfax-Court-House, si c'est bien là la route que vous désirez qu'il prenne. Lui et Franklin ont des instructions pour.rejoindre Pope aussi promptement que possible. Couch doit-il aussi être mis en route à son arrivée ? »

A midi 20, le général Halleck télégraphie :

« Je pense que Couch doit débarquer à Alexandrie et être mis aussitôt en marche vers Pope. Envoyez les troupes où l'on combat. Faites-moi savoir quand Couch arrive, vu que je peux avoir d'autres renseignements à ce moment Envoyez des transports à Aquia pour amener les troupes de Burnside. Je lui ai télégraphié et attends sa réponse. »

A 2 h. 15 après midi, le général Halleck télégraphie : « Franklin et tout le corps de Sumner doivent être poussés en avant en toute hâte. Ils doivent user de leurs jambes et faire force de marches. Le temps est tout maintenant. »

A 5 h. après midi, le général Mac Clellan télégraphie au général Halleck : « Le major Hammerstein, de mon état-major, rapporte, de deux milles en deçà de Centreville, à 1 h. 30, que le corps de Franklin avançait rapidement. Le corps de Sumner s'est mis en marche à 1 h. 45 après midi. L'ordonnance qui apporte la dépêche de Hammerstein dit qu'il a appris que le combat a commencé cinq milles au delà de Centreville, et que nos gens ont repoussé l'ennemi toute la journée. Hammerstein dit que tout ce qu'il a appris était favorable. »

A 10 h. 10 du soir, le général Halleck télégraphie au général Mac Clellan : « Tout le corps de Sumner sur le côté sud du Potomac, sauf ce qui est nécessaire pour les forts, doit marchera l'appui de Pope. Remplacez-le par de nouveaux régiments. Franklin doit aussi aller renforcer Pope en toute hâte. »

Le même jour, 30 août (sans indication d'heure), le général Mac Clellan envoie le télé—

gramme suivant au général Halleck : « Dès le moment où le général Franklin a reçu avis de partir d'Alexandrie, il a fait tous ses efforts pour réunir des transports pour ses munitions de réserve. Mais il lui a été uniformément répondu par tous les quartiers-maîtres, ici, qu'il n'y en avait point de disponibles, et que ses troupes marcheraient sans waggons. Après le départ de son corps , hier à 6 h. du matin , il se procura vingt waggons pour une partie de ses munitions, en déchargeant un train de vivres du général Banks.

« Le général Sumner fut tout un jour à s'efforcer de se procurer, par l'entremise des quartiersmaîtres et de toute façon , le nombre suffisant de .waggons pour le transport de sa munition de réserve, mais sans succès, et il fut obligé de marcher sans ces transports.

« J'ai envoyé ce matin au parc tout le train du quartier-général qui venait de débarquer, pour être chargé de munitions pour Franklin et Sumner, mais c'est loin d'être suffisant.

« La nuit dernière, le quartier-maître réunit quatre-vingt-cinq waggons, et à 1 h. de la nuit il les fit partir chargés de vivres vers Alexandrie, avec une escorte.

« Tous les efforts ont été faits pour se conformer promptement à vos instructions. La difficulté semble consister en ce que la plus grande partie des transports à Alexandrie et Washington sont nécessaires à l'approvisionnement courant des garnisons. Tel est, en tous cas, l'état des choses qui m'est représenté par le quartier-maître, et qui me paraît fidèle. Je suppose qu'il ne vous a pas encore été convenablement expliqué. »

Le 31 août, à 10 h. 45 du matin, le général Pope envoie de Centreville la dépêche suivante au général Halleck : « Toutes nos troupes sont ici et en position , quoique fort épuisées et harassées. Je pense qu'il aurait été bien meilleur que Franklin et Sumner eussent été ici il y a trois ou quatre jours. Mais vous pouvez compter que nous livrerons à l'ennemi un combat aussi désespéré que les forces de nos hommes le permettront.

J'aimerais à savoir si vous vous sentez en sûreté à Washington pour le cas où cette armée serait détruite. Je combattrai tant qu'un homme restera debout. Vous devez juger de ce qu'il y a à faire en regard de la sûreté de la capitale. L'ennemi pousse déjà une reconnaissance de cavalerie à Cub-Run ; est-ce l'avant-garde de l'attaque d'aujourd'hui? C'est ce que je ne sais pas encore.

Je vous envoie cela afin que vous connaissiez notre situation et mes intentions. »

Le 2 septembre, le général Pope reçut l'ordre de se replier dans le voisinage de Washington, où son armée fut placée sous le commandement du général Mac Clellan.

Ce qui suit est extrait de la déposition du général Halleck :

« Question. — Si l'armée de la péninsule avait été amenée à coopérer avec l'armée de Virginie de toute l'énergie que les circonstances permettaient, ne pensez-vous pas, dans votre jugement comme militaire, que le résultat eût été une victoire pour nos armes au lieu d'une défaite?

« Réponse. — Je le pensais à ce moment, et je le pense encore. »

Observation. — Si, dans la marche lente et difficile des généraux Franklin et Sumner au secours de Pope , le général Mac Clellan avait mis la mauvaise volonté qu'on lui reproche ne l'aurait-on pas appelé, dans l'indignation du premier moment, devant une cour martiale comme on le fit pour d'autres généraux ? Bien loin de là, il fut replacé par le président à la tète de toutes les forces de Washington, y compris celles de Pope. (f. l.)

En ce qui concerne le commandement du général Mac Clellan , le général Mac Clellan témoigne lui-même comme suit :

« Question. — Quelle position occupiez-vous

après votre arrivée à Alexandrie, lorsque vous eûtes porté en avant à l'appui de Pope les troupes qui avaient été sous votre commandement ?

« Réponse. — J'ai été pendant un peu de temps, deux à trois jours, trois à quatre jours peut-être, sans position ; tout simplement à mon camp et sans troupes. Le lundi 1 er septembre, je reçus des instructions verbales du général Halleck pour prendre le commandement des défenses de Washington. Il m'avait été toutefois expressément interdit de prendre aucun contrôle sur les troupes du général Pope. Je crois que ce fut le lendemain que je reçus l'instruction verbale du président et du général Halleck de sortir à la rencontre de l'armée en retraite, d'en prendre le commandement à son approche de la position qu'elle devait, selon moi, occuper en défensive, et de la placer convenablement à cet effet. »

La déposition du général Halleck sur le même point est la suivante :

« Question. — Quelle était la situation du général Mac Clellan en regard des troupes de l'armée du Potomac lorsqu'elles débarquaient à Aquia-Creek et Alexandrie? Étaient-elles sous son commandement, et, dans ce cas, combien de temps restèrent-elles sous son commandement ?

« Réponse. — Le général Mac Clellan garda le commandement de l'armée du Potomac débarquée à ces deux points, à l'exception des portions de cette armée envoyées sur le champ de bataille de Pope. Ces portions étaient considérées comme temporairement détachées du commandement du général Mac Clellan, mais appartenant encore à son armée, et il fut avisé que tous les ordres envoyés par lui à ces troupes, pendant qu'elles seraient détachées sous le commandement immédiat du général Pope, le seraient par l'intermédiaire du quartier général à Washington. Il garda le commandement de toutes les troupes de son armée débarquées à ces deux points jusqu'à ce qu'elles fussent envoyées au champ de bataille et pussent faire rapport au général Pope, et elles continuèrent à rester sous son commandement, à l'exception des détachements, jusqu'à ce que l'armée du général fût repliée sur Washington, où alors tout passa sous les ordres du général Mac Clellan. A son arrivée à Alexandrie, il fut avisé de prendre le commandement de toutes les troupes de Washington et environs, en surplus de celles qui faisaient proprement partie de l'armée du Potomac. Quelques jours après qu'il eut reçu l'ordre verbal de prendre ce commandement, il demanda d'en recevoir l'avis écrit, qui lui fut

remis par le bureau de Y adjudant général. Cet ordre fut émis après que l'armée du général Pope eût commencé sa retraite, et daté du 2 septembre ; mais le général avait eu ce commandement depuis son arrivée à Alexandrie.

« Question. — Quand arriva-t-il à Alexandrie?

« Réponse. — Le 26 août, Tordre formel fut émis qu'il n'ait aucune difficulté avec les forces du général Pope, et que son autorité ne fût pas mise en question. »

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