‹ Campagnes de Virginie et de Maryland en 1862 documents officiels, avec introd. et annotChapitre 20 sur 24 · OPÉRATIONS DU GÉNÉRAL BURNSIDE · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS DU GÉNÉRAL BURNSIDE

En prenant le commandement de l'armée du Potomac, le général Burnside se décida aussitôt à suivre la ligne d'opérations précédemment suggérée par le président au général Mac Clellan , c'est-à-dire de faire de Fredericksburg sa base d'opérations. Le 12 novembre, le général Halleck se rendit à Warrenton avec le général Meigs, et il y eut conférence avec le général Burnside sur les futurs mouvements de l'armée.

Le général Burnside indiqua que son plan était « de concentrer l'armée dans le voisinage de Warrenton, de faire de là un petit mouvement

à travers le Rappahanock comme feinte, pour détourner l'attention de l'ennemi et lui laisser croire que nous marchions sur Gordonsville, puis de faire un rapide mouvement de toute l'armée sur Fredericksburg, » par la raison que « nous serions tout le temps aussi près de Washington qu'en serait l'ennemi, et arrivés à Fredericksburg, nous serions plus près de Richmond que nous n'en serions même en prenant Gordonsville ».

Le général Burnside désirait d'avoir des vivres et fourrages, ainsi que des pontons, pour être en mesure de passer le Rappahanock. Le général Meigs déclare que, pendant qu'il était à Warrenton, il écrivit un ordre au général Woodbury, à Washington, pour demander au quartiermaître, à Washington, le transport des pontons à Aquia-Creek, lequel ordre fut signé par le général Halleck, et envoyé au télégraphe.

Le général Woodbury rapporte qu'il reçut cet ordre le 13 novembre au matin. Il déclare :

« L'ordre du général Halleck du 13, à moi adressé, rendait évident que l'armée se préparait à marcher sur Fredericksburg. Quant au temps où le mouvement serait fait, je ne reçus jamais aucune information. Craignant cependant que l'opération ne fût précipitée, j'allai au bureau du

général Halleck, et le sollicitai d'ajourner le mouvement de quelques jours, afin que les préparatifs nécessaires pussent être faits. A cela il répliqua qu'il ne retarderait pas d'un instant la marche en avant de l'armée sur Richmond. J'objectai que je n'entendais pas non plus causer des retards, mais au contraire les prévenir. En cela je pensais nonseulement au train de pontons, mais encore aux embarquements à organiser par les départements du quartier-maitre et du commissariat. »

Le général Halleck a déposé comme suit :

« Je dirai que toutes les troupes de Washington et environs étaient sous le commandement du général Mac Clellan lorsqu'il fut révoqué, et il donnait tous les ordres aux officiers à Washington, à une seule restriction, c'est qu'aucune troupe ne quitterait Washington sans que j'en fusse prévenu par le général Mac Clellan ou par le commandant de la place. Pour le reste, tout était sous sa direction. Lorsque le général Burnside le remplaça, il fut avisé que tout restait comme précédemment. Lors de ma visite au général Burnside, le 12 novembre, àWarrenton, nous parlâmes des bateaux et d'autres choses qu'il demandait, et je lui dis que tout cela était sous ses ordres, avec la seule restriction mentionnée

plus haut. Pour abréger, l'ordre fut immédiatement écrit directement au général Woodbury, et signé par moi, le 12 au soir, je crois. A mon retour, je vis le général Woodbury qui me dit qu'il avait reçu Tordre ; je lui dis qu'en tout cela il était sous la direction du général Burnside, que je n'avais rien d'autre à lui dire sinon de lui communiquer cet ordre. Dans une conversation avec lui et le général Meigs, il fut proposé que le train de pontons fût envoyé par terre, que de cette façon il pourrait arriver plus vite, sans être encombré par les approvisionnements envoyés à Aquia-Creek. Je ne donnai aucun autre ordre ou direction sur cet objet ; tout le reste fut sous la direction du général Burnside. 11 m'informa aussi, à Warrenton , que le capitaine Duane , chef des ingénieurs, avait envoyé un ordre à Harpers- Ferry pour en faire venir le train de pontons. L'ordre avait été envoyé. Cela étant sous le commandement immédiat et direct du général Burnside, je ne m'en inquiétai pas du tout.

« Question. — Savez-vous s'il y a eu quelque retard à faire partir le train de pontons ou dans sa marche ?

« Réponse. — J'ai entendu dire qu'il y avait eu des retards de la part des bateaux qui devaient

prendre les pontons, puis aussi des trains par terre, par suite de la difficulté des routes et de l'inexpérience peut-être des officiers qui les commandaient. D'après les rapports reçus, j'ai considéré ces retards comme résultant des éléments et d'accidents qu'il était difficile de prévoir. Le général Burnside me télégraphia que le général Woodbury n'avait pas mis de la diligence à la chose; mais plus tard il me dit qu'il était parfaitement satisfait du général Woodbury, et qu'il ne pouvait que reconnaître aussi que le commandant des trains avait fait son devoir, qu'il n'était pas dans son intention d'examiner la chose plus en détail, et qu'il était passablement content.

« Question, — Y eut-il une demande de votre part pour retarder la marche des hommes jusqu'à l'arrivée des bateaux, ou quelque chose de ce genre ?

« Réponse. — Non, monsieur. Je me rappelle que le général Woodbury, en causant avec moi, me dit que le général Burnside ne pouvait descendre que quelques jours après que je le lui eus dit, et qu'il ne pouvait avoir les bateaux avant l'arrivée du général Burnside. Je crois lui avoir fait observer que je ne savais pas exactement le jour où le général Burnside se mettrait en mouve-

ment, que je ne pouvais le lui dire, et que le général ne le savait pas lui-même. Pendant que j'étais à Warrenton, il proposa son mouvement, et il fut autorisé à faire tous les préparatifs dans ce but, mais pas à le commencer avant que le président n'eût été consulté. Je revins l'après-midi du 13, et le 14 au matin, je crois, j'eus une entrevue avec le président, dans laquelle il approuva le plan du général Burnside. Je lui donnai immédiatement avis par le télégraphe d'aller de l'avant comme il l'entendait. J'ai su qu'il y avait eu des retards considérables en faisant passer les bateaux d'Aquia-Creek au Rappahanock en raison des mauvaises routes, des difficultés du transport, etc., mais il n'y en eut pas d'autres. Il y eut des retards, et même considérables, en plaçant les ponts supérieurs par suite de l'inexpérience des pontonniers. Nous ne pûmes commencer la réparation du chemin de fer que quand le général Burnside en eut pris possession; auparavant il était tout en la possession de l'ennemi. Cela fut entendu, en ma présence, entre le général Haupt et lui. Le général Haupt s'en vint avec moi pour prendre les mesures nécessaires à la réparation des routes aussi promptement que possible. Je me rappelle la conversation ; il ne pourrait rien débarquer, mais tiendrait tout prêt

de manière à commencer aussitôt que le général Burnside serait en possession. »

Le général Burnside, quant à la marche en avant des pontons, a déclaré :

« Je compris que le général Halleck aurait à donner les ordres nécessaires, et que les officiers qui recevraient ces ordres seraient les seuls responsables pour l'arrivée des pontons ici (Falmouth). J'aurais bien pu exécuter cette portion de mon plan par l'intermédiaire de mes propres officiers. Mais, venant de prendre le commandement d'une armée que je ne connaissais que très-peu, il y avait déjà une forte tâche pour mes officiers de procéder au changement de position de Warrenton à Fredericksburg. J'avais entendu que toutes les parties du plan qui seraient exécutées à Washington le seraient par les officiers de cette place, sous la direction des divers départements de qui ces portions du plan relevaient.

« Question. — Ne comprîtes -vous pas que vous étiez vous-même responsable pour l'exécution de ces ordres?

« Réponse. — Non. Je ne pensai pas un moment que je dusse veiller à l'exécution de ce qui, d'après les demandes, devait être fait à Washington. »

Le 16 novembre, le général Burnside fil partir ses colonnes de Warrenton pour Fredericksburg, n'ayant rien entendu des retards des pontons de Washington. Le télégramme annonçant le retard n'atteignit le général Burnside que le 19 novembre. Le corps du général Sumner était en avant ; il devait passer la rivière au-dessus de Fredericksburg, et prendre possession de la place. Mais la non-arrivée des pontons en temps opportun déjoua ce projet et nécessita l'adoption d'autres mesures.

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