‹ Campagnes de Virginie et de Maryland en 1862 documents officiels, avec introd. et annotChapitre 6 sur 24 · ARMÉE DU POTOMAC · texte numérisé non relu

ARMÉE DU POTOMAC

Aussitôt après la bataille de Bull-Run, en juillet 1861, le général Mac Dowell fut mis en disponibilité et le général Mac Clellan fut appelé par le président au commandement de l'armée du Potomac. La campagne de la Virginie occidentale et le crédit qu'elle avait donné au général Mac Clellan, la faveur dont il jouissait auprès du général Scott, commandant en chef de l'armée des Etats-Unis, puis sa jeunesse comparative, pronostic d'activés et vigoureuses mesures, toutes ces considérations tendirent à répandre l'espérance dans le public et à dissiper la tristesse qu'avait fait naître la désastreuse campagne de l'été de

Toute l'énergie du gouvernement et toutes les ressources d'un peuple patriotique et généreux furent prodiguées au général Mac Clellan pour le mettre à même de réunir une nouvelle armée, et cela de manière à pouvoir recommencer les opérations au premier moment favorable. L'armée du Potomac devint l'objet d'un soin spécial de chaque département, et tous les autres mouvements et organisations militaires furent subordonnés au seul grand but de réunir et d'organiser

à Washington une armée supérieure aux forces de l'ennemi, et capable de détruire à tout jamais les espérances de succès dont les rebelles se flattaient. Lorsque l'année du Potomac eut atteint des dimensions qui n'avaient jamais été vues dans aucune opération militaire sur ce continent, et qui furent rarement égalées, si jamais elles le furent, dans les temps modernes, aucune portion de son effectif toujours rapidement croissant n'en fut distraite, même pour un temps très-court, en vue d'autres entreprises. Les généraux chargés de temps en temps de diverses expéditions, d'où l'on attendait grand profit, généraux Sherman, Burnside, Butler et autres, furent obligés de tirer de partout ailleurs les troupes de leurs corps respectifs, de recourir continuellement au patriotisme du peuple et au zèle des exécutifs des États pour la levée des régiments nécessaires à l'accomplissement des devoirs qui leur étaient assignés. Aucune considération ne fut admise tendant à diminuer l'effectif de l'armée du Potomac, et un spectacle inusité fut offert aux nations qui suivaient le cours des événements de notre pays, c'est-à-dire celui de la plus vaste armée du présent siècle levée entièrement par des enrôlements volontaires dans la courte période de quelques mois.

Quand le congrès s'assembla dans cette ville, au commencement de décembre 1861, les efforts de l'administration avaient été si fructueux, et le peuple avait répondu avec tant de zèle à l'appel de la patrie, que les rapports de situation fournis à votre comité par l'adjudant général de l'armée montraient que l'armée se montait à environ 185,000 hommes, non compris le commandement du général Dix à Baltimore.

Pendant tout le temps de formation de cette grande armée, rien d'important ne survint en connexion avec elle, sauf l'arrêt de la navigation du Potomac par les rebelles, que votre comité traite plus au long dans une autre partie de ce rapport, et le triste désastre de Ball's Bluff, qui fait le sujet d'un rapport spécial.

La température , pendant l'automne et pendant quelques semaines après la réunion du congrès, continua d'être exceptionnellement favorable à d'activés opérations militaires. Comme, malgré cela, les mois s'écoulaient sans que rien fût fait par l'armée du Potomac, le peuple devint de plus en plus impatient d'apprendre que l'œuvre de préparation était terminée et que la campagne s'ouvrit bientôt.

D'après les témoignages déposés devant votre comité, il apparaît que l'armée du Potomac était

bien armée et équipée, et avait atteint un haut degré de discipline dès la fin de septembre ou le commencement d'octobre. Les hommes étaient impatients d'entrer en campagne et y étaient prêts. Les généraux divisionnaires étaient opposés à ce qu'on prît des quartiers d'hiver, et la plupart d'entre eux déclaraient qu'il n'y avait aucune nécessité à le faire.

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