‹ CampanellaChapitre 10 sur 300 · Poésie, ediz .Gentile, p · texte numérisé non relu

Poésie, ediz .Gentile, p

« Stavamo tutti al buio. Altri sopiti D'ignoranza nel sonno ; e i sonatori Pagati raddolciro il sonno infâme.

AUri vegghianti rapivan gli onnri, La robba, il sangue, o si tacean mariti D'ogni sesso, e schernian le genti grame. In accesi un lume... »

de sa religion nouvelle. Prudemment, il ne les communique : tout d'abord qu'à un petit groupe d'amis : les moines et les - laïques de son entourage immédiat. Seulement l'émotion causée par ses prophéties attire bientôt à ses sermons des auditeurs de plus en plus nombreux, appartenant à toutes les classes de la société. La vigueur entraînante de son éloquence qui commence par jeter le trouble dans les esprits, et qui finit par captiver l'âme, étend au loin sa réputation de prophète, et voici que de tous les bourgs et de toutes les villes de Calabre les paysans accourent pour l'entendre. Comme à un nouveau thaumaturge, ils s'adressent à lui pour obtenir Aeur propre guérison et celle de leurs animaux, et après l'avoir ^'approché et consulté, ils s'en retournent en louant Dieu ^ ' Ainsi s'assemblaient autour du magicien d'Agrigente 2, dont la mémoire était chère au philosophe de Stilo, les Siciliens du Y^ siècle avant Jésus-Christ : « .\mis, qui habitez sur les sommets de la grande ville au pied de laquelle coule l'Acragas, cœurs épris de bonnes œuvres, hôtes vénérables à qui le mal est inconnu, salut ! Moi qui ne suis plus un homme, mais un dieu, me voici ! Je marche parmi vous orné comme je dois l'être, la tête ceinte de bandelettes et de couronnes solennelles. Quand j'entre dans vos villes prospères, les hommes et les femmes me rendent honneur, et m'accompagnent en foule, me demandant la voie du salut, réclamant les uns des oracles, les autres des paroles qui adoucissent leurs maux et apaisent leurs douleurs... ^ ».

f^ A partir du mois de juin 1599, les projets de Campanella ) se précisent, et le voilà qui parcourt la Calabre avec ses com- (^pagnons pour recruter des partisans ^.

Quelle dut être plus tard l'amertume de ses réflexions,

lorsqu'il put mesurer la gravité des compromissions auxquelles

l'homme d'action doit se prêter dès qu'il tente de réaliser

pratiquement sa chimère ! Pour s'en rendre compte, il suffit

! de jeter un regard sur les singuliers personnages qu'il essaye

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