c, lib. II, cap. XI. p. 81, et cap. XXI, p
8. 0. c, lib. II, cap. XI, p. 51 : Hic nobis vocatur sensus complicatus aut disjuDCtus.
appréhender en une représentation unique constitue tout le raisonnement ou discours (discursus). L'esprit le possède parce qu'il est modifié d'une seule et même manière par ces objets : de là vient qu'il leur donne un nom commun à tous : l'intelligence consiste à sentir plusieurs choses semblables en une seule ^ Toutes les opérations mentales sont donc de même nature que la sensation, et procèdent du mouvement primitif qui la produit. C'est ainsi que s'explique la formation des notions même les plus générales ^.
Cette identité foncière des fonctions intellectuelles a sa source dans l'unité profonde de l'âme humaine que les distinctions de Platon, de Galien et d'Aristote, avaient gravement compromise. Contre ces distinctions, Campanella reprend les arguments de Télésio. L'existence de conflits entre la sensibilité et la raison, l'hésitation entre le bien et le mal, ne prouvent pas la multiplicité des âmes, car dans cette hypothèse l'âme rationnelle ne pourrait jamais imposer son avis sur le bien à une âme sensitive incapable de comprendre ses raisons. Dans le cas où nous choisissons le mal, ce n'est donc pas l'appétit de la sensibilité qui triomphe de la raison, c'est plutôt la raison qui choisit le plus grand bien actuel, parce qu'elle est accoutumée à ne pas tenir compte du mal futur, pour elle à demi certain ^.
La réfutation de la théorie péripatéticienne xie la connaissance se poursuit ainsi par le développement des mêmes thèmes que dans le grand ouvrage de Télésio. Mais il est un point que Campanella précise avec une particulière insistance, parce qu'il est capital pour la détermination de la méthode à suivre dans les sciences. La mémoire, l'imagination, le concept, le discours, sont des prolongements de la sensation ; mais leur valeur est-elle plus grande ou moins grande que celle de la sensation ? Doit-on ou non penser avec Aristote que la connaissance de l'universel est supérieure à la perception du
1.0. c, lib. II, cap. XI, p. 51 : Quando multa similia sentit spiritus, quoniam ab îllis consimili immutatur modo unoque, apprehendit ea multa quasi unum, ac nomen imum imponit commune illis omnibus. — P. 53 : Sentire similia multa ut unum, intelligentia.