Ibidem
182 LA THÉORIE EMPmiSTE DE LA CONNAISSANCE
de perceptions \ et qui lui sert à expliquer l'influence exercée par les impressions des sens sur les mouvements du corps, et par exemple l'excitation imprimée aux combattants par la musique '^.
Mais comment expliquer les opérations de la connaissance autres que la sensation? Toutes, suivant Campanella, s'y réduisent de proche en proche '. Tout d'abord la mémoire n'est pas autre chose qu'une sensation conservée. Puisque la sensation est la réception, non pas de prétendues espèces sensibles, mais seulement des mouvements imprimés, comment, en effet, ne pas admettre que ces derniers se conservent dans l'esprit vital, alors que journellement nous voyons un fait semblable se produire dans l'air et dans l'eau agitée de mouvements ondulatoires ? Ils se conservent donc, et c'est la mémoire ; ils se renouvellent, et c'est le rappel du souvenir ou réminiscence *. La sensation passée revit dans le souvenir rappelé avec tous les mouvements connexes.. Campanella se plaît à citer à ce propos l'exemple de Télésio : la pensée ou la vue d'un voyage en mer produit parfois la nausée ^.
Le souvenir oublié est rappelé en général par la vision actuelle d'un objet semblable^. Mais si, au moment du rappel, l'objet n'est pas de nouveau présent, le souvenir prend le nom d'imagination ^. Il existe pourtant une autre forme de l'imagination par laquelle l'esprit crée des images nouvelles, plus complexes ou au contraire plus simples que les objets réels, mais cette activité créatrice n'implique rien de plus que le pouvoir physique de combiner ou de disjoindre des sensations conservées, c'est-à-dire des mouvements de l'esprit vital ^ avec, en plus, la faculté possédée par cet esprit de passer spontanément du semblable au semblable.
Le pouvoir de faire coïncider des semblables et de les