CHAPITRE PREMIER
La logique et la méthode. Syllogisme et induction
La fin de l'investigation scientifique, et le couronnement de l'œuvre du savant pour Campanella, c'est la définition ^ Terme initial des exposés didactiques, point de départ de l'enseignement, la définition n'est pour les sciences de découverte que le terme final '^. En elle se résume et se concentre tout ce que l'expérience nous a appris sur l'objet. Elle exprime les résultats de la science, elle n'en pose pas les principes. Définir consiste donc à développer la signification d'un mot, que l'observation vient d'enrichir, et l'homme n'aurait pas besoin de définir s'il était capable d'expliquer une seule chose par un seul mot ^.
Ces vues ressemblent par beaucoup de points aux sévères appréciations de Descartes sur la méthode scolastique. Pourtant Campanella ne semble pas au premier abord professer à l'égard du syllogisme le même dédain que l'auteur du Discours de la Méthode. Comme Télésio, il en affirme l'inutilité dans tous les cas où la constatation du fait est possible, mais par contre la nécessité quand il s'agit d'objets qui se dérobent à l'investigation expérimentale directe. Le syllogisme, c'est la flèche qui vise un but éloigné. Il permet de passer du connu à l'inconnu*. Comment s'explique ce passage ? En serrant de près la question,