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Ibidem

3. Op. cit., lib. I, cap. LXIV, p. 102 et 103. — Cf. Bacon, De augmentis scientiarum, lib. IV, cap. III, p. 235 et 236 du t. I de l'édition Bouillet. — Bacon y étudie la « fascinatio ». —

4. Paracelse, op. cit., p. 23, Paramirum, tract. III : Nam sibi ipsi qui bene non vult, ac odio est, ficri potest ut id, sibi quod imperatur, omnino seatiat. — Op. cit., p. 425, De peste, lib. II, tract. II, cap. I : Imaginatio est principium omnis actionis mapicae [en marge]. — L'exemple donné est celui des contractures.

212 LA MAGIE ET l'iDÉE DE MmACLE

Cette tendance de la philosophie occulte à éliminer le miracle s'affirme plus énergiquement encore dans les œuvres des disciples d'Agrippa et notamment dans celles du médecin Jean Wier (ou Weyer) ^ — On s'étonne que Jean Bodin, esprit vigoureux et précis, qui a rejeté comme un fardeau encombrant les dogmes enseignés par les théologies des confessions particulières pour défendre contre elles l'idée d'une religion naturelle et universelle, ait été un des premiers à discerner le tort fait à l'idée religieuse par la tentative des occultistes, et à protester avec énergie contre leurs négations de l'intervention transcendante des esprits dans le cours des phénomènes. C'est un fait pourtant que dans la Démonomanie des sorciers il attaque vivement les opinions soutenues par Jean Wier. Dans un livre intitulé De Lamiis, celui-ci déclarait qu'il ne fallait pas ajouter foi aux aveux des sorcières, qui s'abusaient en pensant réaliser ou avoir réalisé les merveilles qu'elles promettaient, ou qu'elles se vantaient d'avoir accomplies. Selon lui leur illusion s'expliquait et s'excusait par la maladie mélancolique. Il demandait que les juges ne prissent leurs déclarations au sérieux que dans les cas où les faits avoués étaient rendus vraisemblables par leur conformité au cours ordinaire des événements naturels. C'est contre cette règle, proposée par Jean Wier, que Bodin s'insurge avec le plus d'indignation. Elle lui paraît liée à une théorie qui a pour effet de supprimer « toutes les merveilles de Dieu et ses œuvres faites contre le cours de nature 2». Tous les arguments de Wier, dit-il, « sont appuyés sur un fondement ruineux en ce qu'il dispute des esprits et démons et de leurs actions comme il ferait des choses naturelles, qui est confondre le ciel et la terre' ». — Ces critiques de Jean Bodin sont instructives au plus haut point. Elles nous montrent que les contemporains avaient parfaitement compris la direction du mouvement de

i. De praestigiis daemonum ac incantationibus ac veneficiis libri sex, Basileae, 1564 ; — Liber apologeticus de Pseudomonarchia daernonum, Basileae, 1577 et 1582. —

2. De la démonomanie des sorciers, par J. Bodin Angevin, à Paris, chez Jacques du Puys, MDLXXXII, fol. 240 et 218 à 248.

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