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Ouvrage cité, fol

LA MAGIE ET l'idÉE DE MIRACLE 213

pensée créé par la philosophie occulte, et essayaient déjà de réagir contre son orientai iou nettement naturaliste ^

La tentative de Porta est sufTisamment définie par le titre de son principal ouvrage : Magia naturalis. Bien qu'il avoue l'impuissance de l'esprit humain à expliquer les merveilles de la nature, il entend bien laisser en dehors du domaine de la science tous les faits proprement surnaturels et miraculeux. L'objet de ses recherches, c'est uniquement ce qui se produit en vertu de l'action des forces naturelles 2. Il traite de tentatives chimériques la recherche de la pierre philosophale, ou de la panacée universelle, et les vains efforts des alchimistes qui perdent leur fortune à essayer la transmutation des métaux les plus différents ^. Dans la magie telle qu'il la conçoit entrent des sciences parfaitement positives, telles que l'anatomie et 1^ physiologie végétales, la psycho-physiologie, l'optique, la catoptrique. Ainsi, avec un esprit moins porté aux chimères, il est le continuateur des « Naturphilosophen », qui eux aussi avaient prétendu transformer la magie en une science rationnelle des phénomènes ; mais précisément parce qu'il est moins théoricien qu'eux, il détermine avec moins de précision et de force les conditions de cette entreprise.

n. La MAGIE DE CaMPANELLA. — SON OPINION SUR LE MIRACLE

C'est surtout avec Campanella que la magie prend un aspect rationnel. Pour lui, cette discipline embrasse tout le domaine des sciences, même les plus positives, et ne se différencie de celles-ci que par un caractère tout extérieur : en ce que les phénomènes qu'elle étudie ou les opérations qu'elle produit,

1. Le danger était bien plus grave au début du XVII« siècle, lorsque se répandaient en France les opinions de Pomponace, de Giordano Bruno, de Campanella, et surtout de Vanini. Mersenne le signala et le combattit énergiquement. Voir les Quaestiones celeherrimae in Genesim, Lutetiae Parisiorum, MDCXXIII, col. 537, 538, 497, 498, 601, 602, 539.

2. Magia naturalis, éd. de 15C0, cap. I, p. 2 . Unde qui visuri acceditis, nil aliud Magiac naturalis opcra credatis quam naturae opéra. —

3. Op. cit., lib. III, prooemium, p. 92 : Hic montes non pollicemur aureos, etc..

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