Phil. rat., Logica, lib. III, cap. XVI, art. I, p
o. Met., lib. XVI, cap. X, art. II, pars III, p. 228 : Divinationera ex causis et ab effectibus, et a signo quod sit effectus causac, vel conditio, vel pars, vel sui consimilis, esse syllogisticam, et naturalem : aliam certam, aliam conjecturalem. A signo vero, posito a nobis, et non a natura, esse saepe vanam.
6. Astrologica, Francofurti, 1630, Praefatio, p. 7 ; — p. 8 : Qui non ex causis, neque effectibus, neque signis naturalibus procedit, superstitiose tractât Astrologiam.
'J16 LA MAGIE ET l'idÉE DE MIRACLE
lité et de l'intensité de leur force la plus active : la chaleur ^ — L'erreur de Campanella n'a donc pas pour origine les principes logiques placés à la base de l'astrologie ; elle tient à sa connaissance insulTisante des rapports réels de notre monde avec le monde sidéral, à la désinvolture avec laquelle, par imagination ou par fidélité à la tradition, il enfreint luimême les règles qu'il a posées, enfin à l'absence totale de rigueur qui caractérise son raisonnement par analogie : même de son point de vue, le maintien des prédictions fondées sur les signes, et par suite sur les similitudes qualitatives, suffisait dès le début à vicier toute la méthode.
Il est plus heureux quand malgré sa théorie de la communication des pensées par l'air, il fixe des limites à l'action des mots sur les choses ^, et se refuse à admettre, une autre sorte d'incantation magique que celle qui relève du pouvoir de l'imagination sur l'organiispie. Toute action exercée dans l'atmosphère et dans le ciel, décroissant peu à peu, par sa transmission à de longues distances, il est absurde d'attribuer à la force très restreinte du son le pouvoir de mettre en mouvement des pierres ou des plantes ^. — Dans le répertoire étrange de faits merveilleux légué par leâ devins et les magiciens de l'antiquité et du moyen-âge, Campanella essaye donc parfois de faire un choix judicieux. Parmi ceux dont il reconnaît le plus volontiers l'authenticité, parce qu'ils lui révèlent l'action de la pensée sur le corps, se placent précisément ces phénomènes subconscients dont la psychologie moderne a restauré l'étude, et qui étaient familiers aux occultistes du XVP siècle. Il étend notamment à un très grand nombre de faits de divination ou de magie opératoire l'explication par la suggestion d'autrui ou par l'autosuggestion. La foi en la guérison guérit le malade. Les recettes des sorciers, leur cérémonial, agissent sur l'imagination et par là même sur l'organisme. On peut même découvrir des voleurs en faisant jouer convenablement le mécanisme de la suggestion *. Enfin