‹ CampanellaChapitre 124 sur 300 · Op. cit., lib. cit., cap. XVII, p. 196 et · texte numérisé non relu

Op. cit., lib. cit., cap. XVII, p. 196 et

LA MAGIE ET l'idÉE DE MIRACLE 217

Campanella connaît les procédés de l'hypnotisme ^ l'anesthésie contem]>oraine de l'extase -, la rigidité musculaire qui caractérise l'état de catalepsie^, etc.

Dans le tissu serré de causes et d'effets que la magie naturelle tente de constituer, comment l'action du surnaturel vat-elle maintenant s'introduire ? La tendance à la négation du miracle est manifeste dans cette philosophie soucieuse d'éliminer la transcendance et de placer l'influence de l'esprit au sein même de la nature matérielle. Pourtant l'auteur du De sensu rerum déclare admettre, au-dessus de la prophétie naturelle, une prophétie surnaturelle, au-dessus des miracles des hommes ou des démons, simples applications des forces physiques, les miracles de Dieu, et par delà la magie humaine, angélique et diabolique, une magie divine *. Cette déclaration est-elle sincère ?

Nous avons vu que nombre des témoins appelés à déposer au procès d'hérésie accusèrent Campanella d'avoir identifié Dieu et la nature et nié la possibilité du miracle. Mais le témoignage de fra Pietro di Stilo est le plus digne de foi, parce qu'il est le seul témoignage défavorable que les juges aient réussi à arracher au plus fidèle et au plus tendre ami du philosophe. Il est aussi le plus caractéristique, parce qu'il fournit un renseignement précis sur l'explication que Campanella donnait des opérations en apparence miraculeuses : celles-ci étaient, selon lui, des effets purement naturels d'une très forte tension de la volonté du thaumaturge appliquée au sujet sur lequel il exerce son action ^. Or cette explication, qui fait

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