I. — L'opposition de la physique qualitative
A LA physique DE GaLH^ÉE.
La classification des sciences de Campanella
Sa conception de l'espace et de la valeur des théories
physico-mathématiques
A l'époque où Campanella écrit ses grands ouvrages de philosophie, les sciences de la nature, et notamment l'astronomie et la mécanique, n'en sont plus à chercher à tâtons leurs méthodes. Sous l'impulsion vigoureuse de Galilée et de Kepler, elles s'engagent avec décision dans les voies déjà frayées au XIV^ siècle par la « scolastique parisienne » de Jean Buridan et de Nicole Oresme\ et à la fin du XV^ siècle par Léonard de Vinci dont les manuscrits, écrits à dessein d'une manière sibylline, n'avaient enrichi au siècle suivant de leur précieux contenu que la pensée trop souvent fumeuse et inconsistante de Cardan. — L'observation, l'hypothèse et l'expérimentation, l'union des mathématiques et de l'induction, tels étaient les procédés dont l'application à l'étude des phénomènes naturels donnait déjà les plus féconds résultats. Pour employer l'expression très juste de M. Séailles dans son beau livre sur Léonard de Vinci, « la tradition archimédienne » était renouée. Elle n'avait du reste jamais été totalement interrompue, mais maintenant elle prenait une pleine conscience d'elle-même et de sa valeur, et il ne lui restait plus qu'à
i. Sur ce point, voir P. Duhem, La tradition de Buridan et la science italienne au AT/e siècle, Bulletin italien, t. IX, 1909, p. 338-360 ; — t. X. 1910, p. 24-47, 95-133 et 202-231 ; — t. XI, 1911, p. 1-32.