PHYSIQUE DE GALILÉE ET PHYSIQUE QUAUTATIVE
rentes, Berkeley^ et Leibnitz^, les frontières qui séparent la mécanique et la physique de la spéculation philosophique. Telle ne fut pas tout à fait son attitude. Pourtant, son empirisme d'une part, avec lequel celui de l'évêque de Cloyne présente quelque ressemblance, d'autre part sa théorie des qualités occultes qui justement réapparaît, plus timide, et d'allure plus moderne, chez Berkeley, imposaient à Campanella une conception du rôle scientifique de la mécanique et de l'astronomie mathématique assez rapprochée de celle que l'on trouve dans le De Motu et dans la Siris^. — Pareillement, dans la mesure même où la théorie leibnitzienne de
1. Berkeley, De motu, édition Phraser, p. SOI à 327, et notamment la conclusion du traité, § 71-72. — P. 527 : Cuique scientiae provincia sua tribuatur, limites assignentur. — Berkeley (p. 326-327) distingue la physique, la mécanique et la métaphysique de la manière suivante : « In physicâ sensus et experientia quae ad effectus apparentes solummodo pertingunt, locum habent... in mechanicâ notiones abstractae raathematicorum admittuntur, ...in philosophiâ prima, seu metaphysicâ, agitur de rébus incorporeis, ...de causis, veritate et existentiâ... ».
2. Leibnitz ; voir surtout : Antibarbarus Physicus pro philosophiâ reali, Gerhardt, Philosophische Schriften, t. VII, p. 339.
3. Voici l'indication de quelques textes du De Motu et de la Siris qui présentent quelques analogies avec les développements de Campanella :
De Motu, § 39 (éd. Phraser, p. 315) : Berkeley y montre le caractère fictif, et relatif à la pratique scientifique, des notions de la mécanique et de la géométrie (cf. § 42, p. 515-316). — La Siris, traduction française, Amsterdam, 1745 : — Voir surtout le § 232, p. 214 ovi Berkeley démontre la possibilité de la divination, le § 153, oià il est question du microcosme et du macrocosme, les § 43 et 152. « 11 semble que les Formes, les amas ou principes de la vie végétative soient dans la lumière qui émane du soleil et qui fait dans le grand monde la fonction des esprits animaux dans le petit ; savoir de servir d'enveloppe immédiate, d'organe subtil, de véhicule à l'Agent » (§ 43). — « Si dans la Nature l'air est l'agent immédiat, ou l'instrument, le feu invisible est le premier mobile, le premier ressort naturel qui communique à l'air toute sa vertu. Ce puissant agent est toujours à portée... Etant lui-même dans une agitation continuelle, c'est lui qui anime et vivifie toute la masse visible. Egalement propre à produire et à détruire, il diversifie les scènes de la Nature, il entretient un cycle perpétuel de générations et de corruptions, toujours gros pour ainsi dire de formes qui par une vicissitude constante sortent de son sein et s'y replongent. Si preste dans ses mouvements, si subtil et si pénétrant de sa nature, il paraît n'être autre chose que I'ame végétative ou l'esprit vital de l'itsivers » (§ 152, page 124). —