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LA CLASSIFICATION DES SCIENCES

l'espace, par sa connexion avec la doctrine des vérités éternelles, et par une certaine survivance du dogmatisme ontologique, diffère encore de celle de l'Esthétique transe endantale, sans jamais pourtant se confondre avec celle des New^toniens, on peut dire que Campanella, s 'efforçant de déterminer le genre de réalité qu'il faut attribuer à l'espace pour fonder les mathématiques et garantir au mécanisme une valeur relative, cherche dans la même direction que plus tard Leibnitz l'accord de ces deux sortes de vérité avec la philosophie dynamiste et animiste de la nature. Nous allons tenter de démontrer ces deux points.

Pour l'auteur de la Métaphysique, toutes les sciences ne se ramènent pas à la magie. Celle-ci, qui se subdivise en magie naturelle, diabolique et angélique, est une discipline à part, qui relève moins de la connaissance ou de la volonté que du pouvoir, son but étant de nous conférer une action à exercer sur les êtres. A côté d'elle, il faut placer deux autres groupes de sciences : celles qui relèvent de l'intelligence et qui sont la théologie et la philosophie naturelle, et celles qui relèvent de la volonté ou amour, et qui sont les sciences rattachées à la philosophie morale, c'est-à-dire l'éthique, la politique, et l'économique, avec des disciplines accessoires comme la rhétorique et la poétique ^ Dans leur ensemble, les connaissances se répartissent en deux catégories bien distinctes : la Théologie et la Micrologie. La Micrologie se subdivise en deux grands rameaux : la philosophie naturelle et la philosophie morale. La préface indispensable à ces deux études, c'est la métaphysique. La philosophie naturelle ou physique lui emprunte ses principes aussi bien que la philosophie morale, et à son tour elle se subordonne la médecine, l'astronomie, l'astrologie, la cosmographie, la géographie. Où se trouve maintenant dans cette classification ^ la place des mathématiques ?

Du tableau des sciences proprement dites, les mathématiques suivant Campanella doivent être exclues. Pour lui en

1. Ces trois groupes de sciences correspondent aux trois « Primalités » de l'Etre : Puissance, Intelligence, Volonté ou Amour.

2. Cette classification est exposée dans le livre V de la Métaphysique « qui est de scicntiarum ideatione et distinctione » '(Met., pars I, p. 343 sq.).

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