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LA CLASSIFICATION DES SCIENCES

effet, elles sont, comme la logique, des sciences purement instrumentales, qui portent sur les moyens du savoir et non pas au sens propre sur ses objets. Seulement, alors que la logique est la science instrumentale liée à la Métaphysique, parce qu'elle détermine dans toute leur généralité les règles des opérations de la connaissance, c'est seulement vis-à-vis de la philosophie naturelle ou Physique que les mathématiques jouent un rôle semblable d'auxiliaire et d'instrument. Quelle est la raison de cette subordination ^ .^

Pour Campanella, toute connaissance provenant de l'expérience, c'est l'histoire qui est le principe de toute science ^. La théologie, c'est l'histoire divine ; la physique, c'est l'histoire naturelle. Dieu se révèle à l'homme par les prophéties et les miracles comme par la production des phénomènes. Il a inscrit la vérité sur toutes choses dans deux grands livres : l 'Ecriture-Sainte et le Monde. La théologie interprète le premier, et la physique déchiffre les caractères du second. — Or, de l'histoire, les mathématiques sont précisément aussi éloignées qu'il est possible de l'être. Sans doute l'expérience est leur origine, s'il est vrai, comme l'avait déjà soutenu Télésio, que les principes de toutes les sciences et même les axiomes de la géométrie sont empruntés directement à l'observation sensible et à la constatation de la similitude des objets, et que c'est l'opération concrète de la superposition qui enseigne au mathématicien que le tout est plus grand que la partie, et que deux objets égaux à un même troisième sont égaux entre eux 3. Seulement, la condition de formation des concepts mathématiques, c'est le pouvoir possédé par l'esprit d'extraire indéfiniment des ressemblances déjà perçues d'autres ressemblances encore plus générales, en sorte qu'au terme de ces appauvrissements successifs, il ne reste plus rien du réel concret et vivant, sinon des résidus abstraits, des signes. La démonstration mathématique procède par signes, et ses

1. Met. lib. V, cap. I, art. V, pars I, p. 343 ; — lib. V, cap. II, art. II, pars I, p. 350 ; — lib. V, cap. Il, art. II, pars I, p. 347 : Quapropter sicuti Logica est instrumentum Metaphysici, scienter loqnentis in omni scientia, ita Mathematica est ejusdem iastrumentum mensurantis res physicas et numerantis.

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