‹ CampanellaChapitre 153 sur 300 · Met., pars I, p. 5, prooemium · texte numérisé non relu

Met., pars I, p. 5, prooemium

2. Prod., Comp., p. 83 : Nulla enim gens Deum non coluit, etc.

l'identité de l'être et du CONNAITRE 267

de rappeler par quelle interprétation foncièrement animiste des principes de Télésio il avait greffé sur la physique de son maître un panpsychisme systématique, et d'examiner ensuite si de ce point de vue le problème du savoir ne se présentait pas à lui sous un aspect tout à fait nouveau.

La source véritable de l'activité des êtres naturels pour Campanella, c'est, antérieurement au conflit physique des deux natures agissantes : la chaleur et le froid, la cause même qui explique ce conflit, c'est-à-dire l'instinct de conservation qui pousse chacune d'elles à détruire son contraire qualitatif en se l'assimilant. C'est donc en dernière analyse, — puisque l'instinct implique la connaissance obscure d'une fin, — la conscience de soi possédée par chacune de ces deux natures, et en général par tout être. Dès lors, comme l'avait déjà bien vu Agostino Donio, la logique même du système de Télésio doit conduire à attribuer à toute créature agissante la faculté de sentir ^ et on ne s'étonne guère de voir Campanella en conclure que la conscience impliquée dans cette fapulté mérite mieux que le chaud et le froid d'être considérée comme la réalité primordiale, cause de toute action : elle n'est pas en effet un mode particulier d'existence, mais bien une chose essentielle et une force active 2. L'adoption du système de Copernic vient renforcer d'ailleurs cette conclusion en contraignant la physique à recourir à une âme originelle pour expliquer sans l'intervention de la chaleur le mouvement de la terre, corps froid par essence ^.

Or, à la primauté ainsi reconnue à la pensée de soi dans le monde des réalités naturelles, devait nécessairement correspondre une théorie de la connaissance bien différente de l'empirisme sensualiste de Télésio. Ce philosophe en effet, en plaçant la perception, c'est-à-dire dans son système toute espèce de savoir, sous la dépendance étroite des mouvements imprimés à l'esprit vital par l'influence physico-mécanique des objets extérieurs, avait précisément rendu inintelligible cette intuition première de son propre être que l'âme, suivant les principes mêmes de sa physique, devait, antérieurement à

!. Sur .Vgostino Donio, voir Fiorcntino, Telesio, t. I, p. 321 sq. —

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