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268 l'identité de l'être et du connaître

toute action reçue ou communiquée, posséder en elle pour rechercher, sous l'impulsion de l'instinct, sa propre conservation. — En outre, en supprimant ainsi la réalité propre de la conscience considérée comme distincte de la chose connue et comme opposée à cette chose, il avait engagé toute la théorie de la connaissance, et la physique elle-même, dans une véritable impasse, d'où il était bien malaisé de sortir : le sujet, n'étant rien par lui-même à l'origine du processus, du moins en tant que pensée, s'abîmait totalement dans l'objet, et par suite ce n'était pas seulement l'intuition de soi qui devenait ininteljigible, c'était aussi la perception des réalités extérieures, c'était même la distinction des substances individuelles liées par une action réciproque au sein du devenir physique. Le mérite d'avoir aperçu le premier toutes ces difficultés revient incontestablement, comme l'a montré Francesco Fiorentino \ à Agostino Donio qui, en les déduisant de la théorie du « spiritus animalis », les signala dès 1581 ^, avant même que Télésio, ait exposé sa doctrine du savoir dans l'édition complète de son De rerum natura, parue à Naples en 1586. Rien néanmoins dans les remarques de ce philosophe ne fait prévoir l'ampleur et la fécondité des vues métaphysiques auxquelles Campanella sera conduit par la critique de la conception naturaliste de la connaissance. Si ce dernier en effet emprunte à Agostino Donio l'idée d'un « sensus ahditus », d'une conscience cachée par laquelle l'âme se connaît elle-même, antérieurement à toute perception sensible, il se garde bien en revanche de l'expliquer comme lui par une action physique que l'esprit (spiritus) exercerait sur lui-même' : il soustrait au contraire au devenir cette pensée primitive et essentielle,

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