‹ CampanellaChapitre 159 sur 300 · Op. cit., lib. II, cap. XXI, p · texte numérisé non relu

Op. cit., lib. II, cap. XXI, p

l'identité de l'être et du CONNAITRE 283

aux choses inconnues ». Le discours consiste donc, conformément à la théorie empiriste de Télésio, à sentir une chose non en elle-même, mais dans la chose semblable. « Discourir, c'est passer à la connaissance d'une chose par le moyen de la connaissance d'une autre chose qui lui ressemble, connaissance qui nécessairement a été reçue par le sens ' ». — Mais qu'est-ce que la sensation ? Elle a la passion pour cause accidentelle, mais elle n'est pas la passion ; il ne suffit pas non plus de dire avec Télésio qu'elle est la perception de la passion "^1 car le contenu de cette perception est purement subjectif, et n'est pas relatif à l'être de la chose perçue, mais à l'être que nous sommes pendant que nous pâtissons*. Peutelle échapper à cette subjectivité ?

En l'absence de toute « information », et de toute réception d' « espèce intentionnelle », l'impression reçue dans l'âme à la suite des actions exercées sur elle par un objet externe ne peut consister que dans une très faible modification de sa nature, rendue partiellement semblable à la nature de cet objet. La faculté de percevoir doit par suite, en partant de ce léger changement, mesurer la totalité de la force agissante, par exemple la puissance du feu qui procure l'impression de chaleur. Comme elle n'y réussit évidemment qu'à l'aide d'une inférence fondée sur la similitude, il faut, pour définir la sensation en tant que connaissance objective, ajouter à l'affection passive une « perception notionnelle », un jugement, bref un discours, trop rapide certes pour être perçu par la conscience, mais réel cependant, et qui étend le savoir de l'âme au-delà de son état interne immédiat, en lui permettant de saisir l'objet qui a causé en elle une passion *.

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